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Cinéma

Festival de films francophones Cinemania : De rouille et d’os en ouverture

Du 1er au 11 novembre, Cinemania célèbre la crème du cinéma francophone, et pour ouvrir le bal, quoi de mieux que le bouleversant De rouille et d’os de Jacques Audiard avec l’imposant Matthias Schoenaerts.

L’acteur flamand Matthias Schoenaerts a beau avoir joué dans une quarantaine de films en huit ans de carrière, ce n’est que cette année, grâce à Bullhead de Michael R. Roskam, représentant la Belgique dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, et De rouille et d’os de Jacques Audiard, chaleureusement accueilli à Cannes, que la planète cinéma s’est entichée de lui.

Ainsi, l’an prochain, on le verra dans Blood Ties de Guillaume Canet, écrit avec James Gray, en compagnie de Marion Cotillard, Mila Kunis et Zoe Saldana. Pour l’instant, Schoenaerts, qui s’exprime très bien en français et en anglais, en plus de posséder une gueule et un physique de rêve, a mis de côté les nombreux scénarios qu’on lui a envoyés afin de promouvoir De rouille et d’os d’un festival à l’autre.

Rencontré au Festival international du film de Toronto, Schoenaerts confiait ne pas avoir hésité à accepter de tourner sous la direction d’Audiard: "C’est un voyage en permanence; on ne sait jamais à quoi s’attendre, ça bouge, ça se bouscule tout le temps. Ses plateaux sont hyper vivants: il y a un échange, c’est très généreux. En fait, c’était la première fois que je vivais une telle relation avec un réalisateur. C’est tellement proche, intense qu’il faut être prêt à ça. Comme il est à la recherche lui-même et que forcément on ne trouve pas toujours, on devient très vulnérables. Au fond, ce qu’il recherche, c’est l’abandon, le saut dans le vide, et pour cela, il faut être bien préparé, sinon on se casse la gueule et on perd les pédales."

Au premier abord, il est facile d’établir des parallèles entre Jacky dans Bullhead, trafiquant d’hormones au passé tragique, et Ali dans De rouille et d’os, l’un marqué dans son corps, l’autre se servant de son corps pour arriver à ses fins. À les observer de plus près, on remarque qu’ils ne sont pas aussi proches parents qu’on le croyait.

"Je ne les ai pas du tout approchés de la même façon parce que ce sont des personnages totalement différents. Bien sûr, il y a des similarités, mais pour moi, dans leur esprit, dans leur façon d’appréhender la vie, ils sont totalement différents. Là où Jacky est très conscient de son drame, Ali ne l’est pas du tout. Là où Jacky est un être un peu dépressif, Ali ne l’est pas du tout; c’est quelqu’un qui attaque la vie telle qu’elle vient et qui même y prend du plaisir."

Au contact d’une femme, Lucia (Jeanne Dandoy) pour Jacky, Stéphanie (Marion Cotillard) pour Ali, chaque homme réussira à sortir un peu de sa coquille: "Les deux personnages ne s’expriment pas verbalement, ils s’expriment plus à travers le corps qu’à travers les mots; comme Jacky, Ali n’a pas les mots, il a un vocabulaire très réduit, mais très efficace. Ali est très simple, très sincère; il dit ce qu’il pense, même si ce n’est pas toujours très nuancé. On pourrait même dire que de temps en temps, il est con et c’est ce qui le rend attachant; avec lui, what you see is what you get."

De rouille et d’os
Les 1er et 3 novembre
Au Cinéma Impérial

Festival Cinemania
Du 1er au 11 novembre
festivalcinemania.com

Trouvez des suggestions de films et des entrevues à www.voir.ca/manon-dumais

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De la grande visite

Outre Mathieu Kassovitz pour L’ordre et la morale (4 et 11 novembre) et Christa Theret, interprète de la lumineuse muse des Renoir père et fils dans Renoir de Gilles Bourdos (8 et 10 nov.) et partenaire de Marc-André Grondin dans L’homme qui rit de Jean-Pierre Améris (film de clôture), Cinemania accueillera des invités de marque. De fait, la productrice Annie Miller participera à la présentation-hommage de quatre films marquants du regretté Claude Miller, de même qu’à la projection de son film posthume, Thérèse Desqueyroux, avec l’excellente Audrey Tautou (2 et 3 nov.). Pour sa part, la grande actrice Sandrine Bonnaire, à qui l’on rendra hommage lors d’une rétrospective à la Cinémathèque québécoise (1er au 4 nov.), viendra présenter sa nouvelle réalisation, J’enrage de son absence, avec William Hurt et Alexandre Lamy (6 et 7 nov.).