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PULP : A Film About Life, Death & Supermarkets : L'ordinaire merveilleux
Rencontres internationales du documentaire 2014

PULP : A Film About Life, Death & Supermarkets : L’ordinaire merveilleux

Le désormais légendaire groupe rock britannique PULP a repris la route en 2012, le temps de quelques concerts qui ont motivé un documentaire de Florian Habicht, PULP : A Film About Life, Death & Supermarketsretraçant l’influence de la formation sur l’ordinaire et le quotidien des résidents de sa ville natale, Sheffield.

Avec PULP : A Film About Life, Death & Supermarkets, le réalisateur Florian Habicht s’est penché sur l’aura du mythique groupe rock britannique PULP, alors que celui-ci donnait un dernier concert le 8 décembre 2012, au Motorpoint Arena de sa ville natale, Sheffield.

En remettant en contexte l’ascension du groupe vers le succès, les origines modestes des membres de la formation rock alternative, et en cherchant à comprendre l’effet du groupe sur ses fans de tous âges, le documentaire musical invite à saisir l’ampleur de l’influence du groupe, des années 1980 à aujourd’hui.

Et pourquoi ce nouvel engouement pour PULP? Le documentaire de Habicht répond en grande partie à la question par une déambulation dans les rues de Sheffield, à la rencontre de ceux qui l’ont cotoyé, dès ses débuts, jusqu’aux grands fans d’aujourd’hui qui fredonnent et dansent sur This is Hardcore ou Disco 2000 tous les jours, et rêvassent sur Underwear ou Babies.

Le groupe, au travers d’énergiques chansons, le charisme certain de son leader et chanteur Jarvis Cocker – aussi idéateur du documentaire -, et des textes rappelant et glorifiant le quotidien, a su attirer dans ses filets autant les vedettes de l’ordinaire que les anti-légendes des banlieues. PULP parlait aux Common People – et, par extension, d’eux-mêmes -, rappelant que de simples résidents de Sheffield pouvaient séduire les plus grandes foules et monter sur scène, partout dans le monde.

Des jeunes fans amouraché(e)s de Jarvis Cocker, à peine né(e)s lors de la parution de Different Class, aux connaisseurs de la première heure, tous s’entendent pour dire que PULP eut une certaine influence dans leur vie, du déclencheur d’un grand amour musical, à un moment d’acceptation de soi, ou plus modestement, une compréhension nouvelle de la musique alternative du moment. De bons moments en compagnie de femmes âgées, rencontrées dans la rue – et adeptes de PULP! -, ou encore entouré de chorales improvisées de personnes âgées dans un restaurant du coin ou d’une chorale de femmes ou d’un groupe de danse répétant des chorégraphies ou chansons de PULP, le documentaire de Habicht évoque un éventail de répercussions que la formation a eues sur Sheffield et ses résidents.

Simple dans sa facture visuelle et dans sa posture documentaire, PULP : A Film About Life, Death & Supermarkets invite tout bonnement à découvrir l’influence du groupe sur sa ville tranquille, Sheffield, au centre de l’Angleterre, mais aussi à révéler l’importance que ce groupe a eu sur ses propres membres, à commencer par Jarvis Cocker, mais aussi Candida Doyle – qui, avec candeur, admettra dans une scène touchante que PULP fut salutaire pour elle, alors qu’elle avait reçu très jeune un diagnostic d’arthrite grave -, Nick Banks, Steve Mackey, et Mark Webber. Enfin, les membres qui étaient là lors de la parution de Different Class, quoi.

Les fans de la première heure adoreront se replonger dans l’esprit de PULP, tandis que ceux pour qui le groupe est toujours un mystère, découvriront une formation étrange et tranquille au quotidien, explosive et créative sur scène. Sans grandes fioritures, PULP : A Film About Life, Death & Supermarkets plaît avec son honneteté, ses extraits de concert et la préparation à l’ultime concert à Sheffield, un côté naïf et une certaine candeur dans ses entrevues, et nous fait regretter de n’avoir jamais assisté à un spectacle de PULP.

PULP : A Film About Life, Death & Supermarkets sera présenté aux RIDM 2014, le samedi 15 novembre, au Théâtre Hall H-110 de l’Université Concordia, à 21h, puis le samedi 22 novembre, à la Salle Cassavetes du Cinéma Ex-Centris, à 21h30

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