Cinéma

Rétrospective David Uloth au Festival Regard : L’imagination au pouvoir

Après 13 courts métrages, dont plusieurs autoproduits, le réalisateur montréalais David Uloth arrive aujourd’hui au Festival Regard pour présenter une petite sélection de son travail dans une soirée rétrospective. À quelques heures du départ, et en pleine tempête, nous lui avons parlé.

L’an dernier, à Chicoutimi, il a été le grand gagnant de la 20e édition de Regard en repartant avec trois prix: Prix du public, Grand prix national et une mention remise par le jury de l’Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC). La Voce, son film le plus ambitieux à ce jour, raconte l’histoire d’un boucher mélomane d’opéra qui tente de se sortir d’une douloureuse peine d’amour. La mise en scène est unique, cela nous rappelle Jean-Pierre Jeunet alors qu’Uloth filme le rêve et l’onirisme. Nous sommes constamment dans la tête du protagoniste et cela se sent par les détails et la direction photo. «Mon genre de cinéma privilégie le regard intérieur du personnage, nous explique le réalisateur. Je n’aime pas l’utilisation à outrance du plan-séquence, qui se contente de regarder le personnage de l’extérieur. Je tente de filmer ce qui se déroule quand on rêve éveillé. Je veux aller chercher le ton et la sensation la plus réaliste possible.» 

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Depuis son premier court métrage, The Shine, un pastiche sorti en 2002 inspiré par The Shining de Kubrick, sa filmographie est teintée par l’humour noir. Ses personnages font face à des moments de transition et il y a une forte présence d’enfants à l’écran. «J’ai amorcé ma carrière de cinéaste en mettant en scène un enfant. Je crois que beaucoup de jeunes cinéastes mettent en scène les enfants, car ils représentent des souvenirs et sont une incarnation d’eux-mêmes. J’aime beaucoup travailler avec les comédiens de cet âge-là, car ils s’insèrent très bien dans mon univers, dans mon imaginaire.» First Day of My Life, qui sera projeté dans cette rétrospective, est une belle pièce de cinéma. Sur un scénario de Louise Pelletier, l’histoire raconte la vie perturbée d’une jeune fille inquiète de voir son aînée quitter le nid familial. Tout en retenue, en pudeur et en naïveté, le film réussit à rendre une émotion pure sur le lien qui unit ces deux soeurs, et ce, sans les codes utilisés habituellement pour représenter l’adolescence: la violence, le sexe ou l’intimidation.

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En plus de sa rétrospective, il est l’un des membres du jury de cette 21e édition du Festival Regard. En ce moment, sa vie consiste à regarder des films de 9h à 23h sans arrêt et il adore ça. Regard est un membre de sa famille élargie puisqu’il a beaucoup été connu et reconnu dans ce festival. «Le charme de ce festival ce sont les gens. Ils sont profondément investis dans cet événement parce qu’ils ne sont pas inondés par des dizaines d’autres festivals. Cela me fait penser aussi à un festival comme le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda où les gens nous arrêtent dans la rue pour nous parler de nos films et ont un réel intérêt pour la chose. C’est vraiment un festival superbe, et il y a bien sûr les soirées qui sont aussi uniques…»

David Uloth vient de terminer son premier long métrage, écrit pas sa compagne Chloé Cinq-Mars et intitulé Dérive. Il planche déjà sur l’écriture d’un deuxième. Entre-temps, il sera au Saguenay pour le cinéma et pour la fête.

Dans l’univers de David Uloth, vendredi le 17 mars Petit théâtre de l’UQAC, 21h

festivalregard.com