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Cinéma

Jeannette, L’enfance de Jeanne d’Arc au FNC : Spectacle de fin d’année

Le plus récent film du Français Bruno Dumont était présenté cette semaine dans le cadre du 46e Festival du nouveau cinéma. 

Bruno Dumont, chouchou du Festival de Cannes, est un réalisateur fascinant qui jongle entre des œuvres plus sérieuses et d’autres complètement déjantées. La plupart du temps, il se plaît à mettre en scène des acteurs méconnus du grand public, ce qu’il fait d’ailleurs avec son dernier film. Comédie musicale sur l’enfance de Jeanne d’Arc, inspirée des textes de Charles Péguy et ponctuée d’une musique électro-pop-rock-métal de Gautier Serre (Igorrr), le combo paraît alléchant et complètement incongru tout à la fois. Le résultat ne peut qu’être un chef-d’œuvre ou un flop grandiose. Force est d’admettre que Jeannette tombe, dès les premières minutes, dans la seconde catégorie, malgré l’audace dont fait preuve Dumont. On espère, on attend, on se languit de l’arrivée d’un élément qui nous fera apprécier le film, mais cela ne se produit pas. Ou si peu.

Jeannette, s’il est un objet un peu à part, se revendique tout de même comme une comédie musicale. Or, le film n’a pas l’esthétisme de 8 Femmes, ni l’humour d’On connaît la chanson de Resnais ou le côté fabuleux des films «en-chanté» de Jacques Demy. Plutôt, il s’insère dans ce qui semble être une branche encore incertaine du cinéma français. À l’instar d’un autre film présenté au FNC, Belle dormant, le film de Dumont reprend un sujet classique, illustré par des textes récités sans la moindre émotion, mais avec une touche rock-métal dans la trame sonore pour provoquer un contraste de premier degré. Et le résultat n’est pas particulièrement heureux. Jeannette fait penser à un spectacle scolaire amateur de fin d’année: c’est charmant, certes, si ce sont nos enfants qui sont sur scène. Autrement, c’est passablement insupportable.

Les pauvres enfants doivent réciter des vers interminables et exécuter des chorégraphies en même temps. On ne compte plus le nombre de fois où ils basculent violemment leur tête d’avant en arrière, produisant une hairography de base et, sans doute, un puissant mal de cou le lendemain. Même s’ils s’en tirent bien avec ce qui leur est donné, l’alternance chansons/dialogues semble aléatoire et l’effet de texte récité devient lassant. Il s’agit d’une variation sur la pastorale classique – avec Jeannette en bergère à la plage – mais la sobriété de la mise en scène, avec son lieu unique, n’aide pas le propos. Cela dit, le personnage de l’oncle, qui arrive vers la fin, s’avère plutôt divertissant, avec ses efforts pénibles pour faire partie de l’univers musical de sa nièce. Ses tentatives de slam et ses mouvements saccadés offrent une pointe de relâchement qui est plus que la bienvenue.

Mais où diable sont donc Luc Plamondon et Michel Berger quand on en a besoin?! Monopolis, adieu!

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