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Mario Beaulieu, le Bloc, la peur, les pensions de vieillesse et le niqab

Si ce n’est déjà fait, vous devriez aller écouter le reportage de Frank Desoer, journaliste à Radio-Canada qui proposait ce soir, à l’émission le 15-18, un portrait des candidats de La Pointe-de-l’Île, à Montréal.

On le sait, c’est dans cette circonscription que Mario Beaulieu, ex-chef du Bloc québécois qui a cédé sa place à Gilles Duceppe et ancien président de la Société Sain-Jean Baptiste, fait campagne pour être élu comme député.

Comme on peut l’entendre dans ce reportage, au hasard de son porte-à-porte, Mario Beaulieu, rencontre une dame, sans doute un peu âgée. Il se présente comme indépendantiste. La dame n’est pas convaincue. Ça ne lui plaît pas trop qu’on lui parle d’indépendance. Elle a peur de perdre sa pension du fédéral si le Québec se sépare.

C’est une vieille crainte traditionnelle, celle de la perte des pensions de vieillesse. C’est un classique connu chez les indépendantistes: la peur de perdre un chèque au fédéral. Les fédéralistes ne sont d’ailleurs jamais gênés de sortir ce vieil épouvantail et ça fonctionne le plus souvent assez bien. Ils sont assez nombreux chez les indépendantistes — et ils ont raison — à dénoncer ces campagnes de peur de la part de leurs adversaires.

Mais Mario Beaulieu a une carte dans son sac. À cette crainte, il répond par les intérêts du Québec et l’intégration des immigrants. La dame comprend ce qu’il veut dire, elle va donc lui parler tout bonnement du Niqab. « C’est après virer en islamique ces élections-là. »

Elle a peur de ça aussi, la dame. De « l’islamique ». Peut-être plus encore que de perdre sa pension de vieillesse.

L’occasion fait le larron. C’est le gros bon sens, répondra Mario. Le niqab vous fait peur? Donc vous pouvez voter pour le Bloc. Quelques mots suffisent, et hop, on emballe tout.

— Fais que, vous allez voter pour le Bloc Québécois!

— Ben là, j’ai ben peur qu’il va me rester juste ça.

– – –

On peut écouter ici l’extrait audio de cette perle du discours électoraliste.

Et voilà. Une peur contre une autre. Reste à placer tout ça dans la balance.

De quoi avez-vous le plus peur, madame? De perdre un chèque ou de voir des machins islamiques un peu partout? Ah! À tout prendre, allons-y pour le niqab!

Comprenons la leçon de politique qui nous est ici servie par Mario Beaulieu: face à la peur, il est peut-être plus payant et plus commode de trouver quelque chose qui fait encore plus peur que de tenter de rassurer.

On appelle ça de la politique de terrain.

Vous savez de quoi j’ai peur moi?

J’ai peur de ça.