BloguesDesjardins

Le sauveur

Quelle journée. Par quoi commencer?..

Par un peu d'histoire, tiens.

Bien avant l'ouragan Katrina, le Jazz & Heritage Festival de New Orleans était en sérieuse difficulté.

En 2004, l'événement accusait un déficit de 900 000$US!

Il faut dire que, jusqu'à ce jour, le festival était parvenu à vivre sans l'appui d'un commanditaire majeur.

Les organisateurs commençaient donc à reluquer les partenaires…

Puis, le 29 août 2005, vint Katrina, puis les digues qui allaient ensuite céder, inondant le champ de course où se tient cet événement, et réduisant l'économie de la ville au néant.

Les organisateurs croyaient bien que ce serait la fin.

Mais alors que les nouvelles se faisaient plus rassurantes quand à la rapidité avec laquelle les dégâts pourraient être réparés, d'éventuels commanditaires majeurs montraient un intérêt grandissant pour le festival, souhaitant participer à la reconstruction de la ville à leur manière. En l'aidant à retrouver ce qui contribue à la définir, culturellement.

Et le artistes firent de même, participant à des spectacles-bénéfice, promettant d'être présents au festival, peu importe l'ampleur qu'il prendrait.

Le Jazz & Heritage ouvrait donc ses portes aujourd'hui, sous un soleil de plomb, accueillant des dizaines de milliers de visiteurs, pouvait-on jauger, à vue d'oeil.

Sur le chemin, des marques jaunes sur les devantures des maisons, dont plusieurs sont dans un état avancé de décrépitude, indiquent le niveau atteint par l'eau dans ce secteur plus bas sous le niveau de la mer que le Quartier Français ou le Garden District, et donc plus gravement touché.

Arrivé sur les lieux, on prend quelques minutes pour absorber l'ampleur de la chose. Dix scènes sur lesquelles se produisent quantité d'artistes d'obédiances folk, cajun, jazz, rock, etc.

On ne compte pas les kiosques de bebelles artisanales, de bouffe locale (mmmmm, softshell crab!!!), de rafraîchissements en tous genres.

On ne compte pas les tentes corporatives, les services. L'événement fonctionne comme une machine parfaitement huilée.

Quelques minutes avant le spectacles de Dylan, quelqu'un sur scène a prononcé le mot qui explique toute l'importance de tenir cet événement, malgré ce que nous, gens du nord, pouvons croire. Ce mot, c'est résilience.

Malgré que la moitié de la population de la Nouvelle-Orléans n'ait pas regagné son domicile, même si certains quartiers sont encore des zones sinistrées, le Festival devait avoir lieu afin d'exorciser ce qui s'est produit ici il y a huit mois.

Mais tout n'est pas parfait. Et l'appui à ce festival ne signifie pas que la population pardonne à l'administration Bush, à l'état, et à la ville d'avoir choisi de reconstruire des digues qui ne sont d'aucune manière plus résistantes que les précédentes. Katrina était un ouragan de catégorie 5. Les nouvelles digues peuvent tenir jusqu'à la catégorie 3, comme auparavant. On attend toujours le financement de Washington pour améliorer la situation, mais le dossier piétine. Pourquoi?

Quelqu'un dans la foule croyait détenir une explication è ce sujet.

Sur l'immense drapeau fleurdelisé qu'il tenait, on pouvait lire: make levees, not war (faites des digues, pas la guerre).

Et le show de Dylan? Bof. Un peu mou. Et en plus, j'ai du rescaper non pas une, mais deux filles qui sont tombées dans les pommes tout juste derrière moi, à quelques minutes d'intervalle.