Zoothérapeutes : Docteurs à quatre pattes
Emploi et formation

Zoothérapeutes : Docteurs à quatre pattes

L’Europe et les États-Unis emploient depuis longtemps les zoothérapeutes pour soigner les humains. Moins courante au Québec, la profession tend à se développer.

Reste quand même qu’au Québec, la zoothérapie est une profession nouvelle: « Les gens commencent à réaliser ce que la zoothérapie peut apporter, mais ce n’est pas toujours évident de faire entrer un animal dans un centre », mentionne Isabelle Berthonneau. La zoothérapeute, également éthologue, pratique son métier depuis cinq ans, majoritairement dans les centres pour personnes âgées. Un environnement de travail fort différent de celui de ses homologues thérapeutes qui travaillent dans le privé, précise la dame qui insiste sur la distinction à faire entre zoothérapie et zoo-animation.

Ce type d’animation consiste en la visite dans un centre d’un animal que tout le monde peut flatter. Sa présence suscite des sourires et fait plaisir, mais l’intervention s’arrête là. « En zoothérapie, on utilise l’animal pour aider une personne en difficulté », explique l’aidante.

Une équipe de charme

Dans le métier d’Isabelle Berthonneau, l’animal (chien, chat, lapin, chinchilla, etc.) sert de facilitateur, il permet d’établir un lien plus rapidement avec le patient: « Souvent, quand je travaille avec une nouvelle personne, je n’ai qu’à frapper à sa porte et à laisser pointer le bout du nez de mon chien pour susciter une réaction positive. En quelques secondes, une relation s’établit entre elle et moi à travers l’animal », résume celle qui compte huit partenaires de travail, des chiens de tailles, de races et de caractères différents, prêtés par des voisins, et qu’elle a au préalable évalués puis entraînés.

« Il faut aussi respecter les capacités physiques de l’animal », souligne-t-elle. Si l’éthologie (l’observation du comportement humain ou animal) est un outil précieux dans son travail, Mme Berthonneau estime qu’il faut aussi avoir le désir d’aider l’humain, aimer les animaux, être empathique, créatif, et posséder une attitude sécurisante.

Le jour de notre visite dans un centre pour personnes âgées de Montréal, la zoothérapeute-éthologue travaillait avec Zsa Zsa, une adorable épagneule noire. Au cours de la matinée, la spécialiste a visité deux dames âgées qui se sont illuminées à son contact. Elles ont caressé l’épagneul, discuté avec Isabelle qui leur a fait faire, mine de rien, des exercices sollicitant la mémoire, la coordination, la motricité et renforçant l’estime de soi.

Pour chaque patient, la professionnelle a établi un plan d’intervention et mis en place des objectifs personnalisés, échelonnés sur plusieurs rencontres, pour répondre à leurs besoins spécifiques. Selon l’individu, ses interventions visent la réduction de l’agressivité, de l’agitation, de l’isolement et de l’anxiété, ou encore l’amélioration de la posture, de l’habileté à se déplacer, du langage, de l’autonomie, etc.

La formation

Il existe plusieurs formations en zoothérapie et leur contenu varie. Fondée en 2006 pour notamment transmettre l’information pertinente quant à la pratique du métier, la Corporation des zoothérapeutes du Québec peut orienter l’étudiant en fonction de son expérience et de ses objectifs professionnels. Généralement travailleur autonome, le zoothérapeute doit solliciter ses clients, faire ses preuves et se bâtir une réputation qui lui permettra de cumuler les contrats.

Information /

Corporation des zoothérapeutes du Québec (CZQ): www.corpozootherapeute.com

Cinq écoles reconnues par la CZQ/

Cégep de La Pocatière: 140, 4e Avenue, La Pocatière, 418 856-1525, www.cegeplapocatiere.qc.ca

Centre L’Authentique: www.authenticite.qc.ca

École internationale de zoothérapie: www.zootherapie.ca

Institut de zoothérapie: 1250, chemin Sainte-Foy, Québec, 418 683-4471, poste 1357, www.institutdezootherapie.qc.ca

Zoothérapie Québec: 514 279-4747, www.zootherapiequebec.ca