Dans la foulée du rapport Bouchard-Taylor – vachement interculturaliste, laïc et ouvert comme ça se peut pas -, pas un mot du gouvernement sur la plupart de ses présumées «recommandations», dont celle de ne pas interdire le port de signes religieux dans les classes, que ce soit chez les étudiants, les profs ou les administrateurs.
Sous la catégorie «le monde à l'envers», France-Presse nous apprend que la Cour constitutionnelle de la Turquie vient de rendre un verdict contre le port du foulard islamique (hijab) sur les campus universitaires.
Évidemment, vous me direz que la Turquie, contrairement au Québec, n'a pas fait que «jaser» de laïcité ou d'acheter des pubs dans les journaux pour s'en draper. Sa constitution en a fait un de ses principes fondamentaux. C'est ce qui a rendu ce jugement possible.
Ici, par contre, on nous dit – incluant maintenant chez Québec solidaire – que de permettre le port du voile dans les institutions publiques, dont les écoles, malgré ce qu'il représente et quant aux droits des femmes et quant à la montée des intégrismes, serait poser une geste d'«intégration»…
Où iraient toutes ces femmes, nous dit-on, si on les empêchait de porter le voile lorsqu'elles travaillent dans une institution publique? L'interdire serait donc, ajoute-t-on, les isoler d'autant plus et les précipiter dans un monde parallèle.
Il me semble pourtant que ces femmes, comme ailleurs dans le monde où le port de signes religieux dans les institutions publiques est interdit, iraient quand même travailler et étudier.
Plus encore, pendant au moins 40 heures par semaine, elles goûteraient à une certaine liberté de leur corps, de leur apparence, voir, sait-on jamais, de leur propre sexualité.
Mais j'ai l'impression que c'est précisément ce que certains des nouveaux chantres de la «laïcité ouverte» – expression codée pour «ouverture aux religions dans l'espace public» – craignent le plus. Que ces femmes vivent autre chose.
Et que peut-être, certaines y prennent goût.
Québec solidaire veut de permettre le port du voile dans les institutions publiques, dont les écoles, à condition qu’il soit porté à gauche.
Sans que mon opinion soit arrêtée sur la question du voile ici, je me permets de rapporter les propos d’un journaliste turc, tels que lus sur le site de Courrier International pour nuancer la perception qu’on peut avoir de la situation là-bas :
« Taha Akyol, plume libérale de Milliyet, estime en tout cas que cette décision va à l’encontre du droit dès lors que la Cour constitutionnelle a outrepassé son rôle en s’exprimant sur le fonds alors qu’elle ne peut en principe se prononcer que sur la forme : « En agissant de la sorte, la Haute Cour a supprimé la frontière entre le monde judiciaire et politique. Dorénavant, en Turquie, plus aucun parti politique n’osera adopter un programme privilégiant une approche de la laïcité à l’occidentale [dans le respect des libertés religieuses]. Cette décision n’est d’ailleurs pas une surprise dans la mesure où en Turquie, tant au niveau de l’idéologie officielle que de celui du monde judiciaire, l’interprétation du concept de laïcité se fait sur un mode antilibéral. » »
Ne serait-ce pas là le signe d’une autre sorte d’intégrisme… laïc cette fois-ci ?
…..elles goûteraient à une certaine liberté de leur corps, de leur apparence, voir, sait-on jamais, de leur propre sexualité…..
Votre « sait-on jamais » vous sauve ! Je ne pense pas que le foulard empêche la jouissance quand même !
Quand à François David, un foulard lui irait à merveille.
Du temps ou je prenais l’autobus pour aller au travail, il m’est arrivé de voir de jeunes musulmanes quitter la maison avec un hijab et, dès qu’elles avaient tourné le coin de la rue, hors des yeux des parents, elles plaçaient le hijab dans leur sac à dos.
Il y aurait donc de l’espoir.
Fréquenter l’école et s’instruire est plus important que porter un symbole de soumission au mâle prétentieux de l’espèce. Lorsqu’elles seront plus vieilles, à l’âge adultes, elles diront sans doute adieu! à ce symbole navrant.
Quand aux symboles religieux chez les fonctionnaires qui font face à un public, c’est-à-dire, les instituteurs, médecins, infirmières, etc, ils ne doivent pas porter de symboles ostensibles, par respect de la laïcité.
Quand aux obscures fonctionaires qui ne fréquentent que leur collègues, ils peuvent s’habiller comme ils le désirent, personne du public ne les voient. Cette position me semble raisonnable.
Personnellement, je n’aime pas les symboles religieux, point final.
Tout le monde connaît l’histoire de la danse des sept voiles.
En Galilée par un beau soir de canicule, Hérode Antipas est las de toujours attendre. Alors il se compromet en promettant à Salomé (sa nièce par alliance) qu’elle obtiendrait tout ce qu’elle lui demanderait si elle voulait bien danser pour lui (origine de la danse à 10$).
Pas folle du tout, Salomé va voir sa mère Hérodiade qui lui suggère aussitôt de demander la tête de Jean le Baptiste. On sait à présent que c’est par pure vengeance car ce dernier la traîtait de tous les noms au vu et au su de tout le monde sous prétexte qu’elle couchait avec le frère de son « ex » Hérode Philippe, le père biologique de Salomé.
A mon avis c’est la logique même d’éliminer le port du voile surtout par une journée caniculaire comme aujourd’hui. Idem pour demain.
Elles portent le voile, pourquoi donc? Voyons voir, la coutume, la tradition, la pression familiale, par mission, par orgueuil, par snobisme, la peur de déplaire à Dieu jaloux, pour mettre un mur entre elles et la convoitise du regard des hommes, mais surtout je crois à cause d’un personnage à l’autre bout du temps qui a opéré un coktail éclectiquo- polico-religieux puisé en partie dans le judaïsme, la chrétiennetée et le polythéisme des alentours pour fondre son Coran.
Ce Coran caractérisé essentiellement par la soumission aveugle avec menaces de représailles sévères pour les fautifs. Tout ça avec la complicité de l’Archange Gabriel caché en retrait derrière un rocher qui surveillait la recette bouillir de loin et que de temps en temps Mahomet venait consulter discrètement pour s’informer des ingrédients à rajouter à la recette, ou à en modifier la tournure selon que l’Ange ait subitement changé d’idée à propos d’un ingrédient qui ne favoriserait pas assez la crédibilité du prophète ou encore et surtout qui restreindrait trop le confort dépravé du messager sur ses fidèles.
Après tout il travaillait pour Dieu, il fallait bien lui consentir quelques avantages sociaux à la mesure de ses besoins personnels névrotiques. Il en a ratissé large dans le temps ce Mahomet en proclamant lui-même qu’il était le sceau final des prophètes qu’il n’y en aurait plus d’autres après lui.
D’autres comme lui, c’est plutôt une très bonne nouvelle pour toute l’humanité par ailleurs. Il a enfermé ainsi des millions de personnes dans son coktail religieux névrosant remplis de stupidités et de croyances superticieuses pour des siècles et des siècles, privant ces gens de leur souveraineté individuelle en mettant un voile entre eux et le droit universel à la connaissance rationnelle des choses créés dans cet univers. Assasinant du même coup (c`était sa spécialité) leur capacité de juger rationnellement par eux-même ce qui est bon ou mauvais.
Nous n’avons rien à leur prouver, ils n’ont rien à nous prouver, qu’ils pensent donc par eux-mêmes au lieu de s’en remettre continuellement à ce boulet fantôme contrôlant de Mahomet dont l’ambition égocentrique de domination se cachait même dans son nom: »Ma home » Sa ‘home’ était bien entendu son ambition de soumettre toute la planète, comme d’autres fous ont essayés par d’autres voies.
Ils sont du reste tous caractérisés par la même chose ces pauvres fous de l’histoire: La possession, des âmes, des cerveaux, du pétrole, des richesses naturelles, des marchés de ceci ou de celà, la domination sous toutes ces formes. Ici on appele ça se servir comme un maudit cochon irrespectueux des autres.
Ce voile est le symbole de la soumission et de la domination. Deux attributs que nous connaissons bien nous les québécois et qu’on aimeraient bien voir enfin disparaître du décor.
Irrecevable ce voile dans les circonstances . C’est ici que s’arrêtera la stupidité des fous.
Et si ça vous empêche de vivre mesdames à voile, eh bien, comme mon père et mon grand-père le disaient si bien avec leurs pipes dans yeule: Sacrez donc votre camp chez-vous si vous n’êtes pas contentes. On est pas obligés nous, d’endurer les nouvelles manoeuvres de transgénèse culturelles du fédéral pour nous noyer dans les imbécilitées de Mahomet .
Le Québec c’est français et, c’est comme nous. C’est à prendre ou à laisser. La charte des droits et libertés c’est pour nous et pour vous, pas pour Mahomet!
Les religions monothéistes judaïques, chrétiennes et musulmanes se sont développées à travers la création d’une série de traditions propres contre l’accumulation de violence humaine et en quelque sorte contre l’existence de dynasties pharaoniques inégalitaires voire esclavagistes comme celles des empires romains et de l’Égypte antique. Rien ne vient de nulle part, tout vient de quelque part et il en est de même des religions.
Les monothéismes religieux -en réaction- ont créés toutefois une nouvelle tyrannie celle qui consiste à contrôler les comportements humains par une série d’interdits définis en tant que table des lois de Dieu. Par ce changement, le pouvoir dans son sens large qui s’attaquait antérieurement uniquement à l’extérieur des corps par captivité ou blessures physiques s’est transformé et s’est dirigé à l’intérieur des esprits humains pour les contrôler et les déterminer à faire en toute obéissance tout ce que la « nouvelle société morale » a demandé de faire. Le capitalisme qui est un système de domination par l’application d’un calcul financier et administratif a pu prendre son essor en Occident en profitant d’une docilité d’une main d’oeuvre déjà soumise par mille ans de christianisme. La morale rigoureuse du travail bien fait et vertueux catholique ou protestant a trouvé un moteur dans le sacrifice d’efforts exigé par la nouvelle économie industrielle.
En d’autres mots, l’étouffement des pulsions humaines exigé par les monothéismes créé ou suscite des systèmes ou des carcans qui ne procure pas davantage de liberté que dans les siècles passé si ce n’est que tout au moins en Occident, la « morale » a engendré au bout du compte les « droits de l’homme » appuyé par le monopole de la violence physique par l’État qui élimine relativement dans les rues et lieux publics des cités les atteintes et agressions physiques entre ou contre les individus.
Ce qui est dit là se retrouve bien sûr en plus détaillé dans de bons livres sur l’histoire des civilisations mais ce que ça dit c’est que tout n’est pas à sens unique dans l’histoire humaine. Vulgairement on peut dire que les mauvaises intentions créent des mauvaises situations comme dirait Jésus ou Mahomet. Ce qui ne veut pas dire en même temps que les bonnes intentions ne crée pas aussi de mauvaises situations rappelant ce proverbe que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».
L’inter culturalisme ou le multiculturalisme en quelque sorte prend en compte le caractère paradoxal des religions monothéistes mais ça devient trop facile lorsqu’on sait qu’aujourd’hui les droits humains de base peuvent être protégés par une série de contre pouvoirs organisés autour d’États laïques séparés des religions. Trop facile lorsqu’on sait qu’au nom du droit, les religions d’un seul Dieu vont priver de droits des catégories complètes d’individus en pensant (sic) bien faire.
« L’adaptation multiculturelle » est suspecte à partir du moment où une trop grande immigration est susceptible d’entretenir des communautés autonomes sur plus d’une génération en rupture avec les majorités nationales. Cela se dit même si ce n’est pas politiquement correct. Et cela se dit également que nous ne voulons plus de ces religions de la faute et de la culpabilité à outrance qu’on retrouve même dans une religion polythéiste comme l’indouisme avec sa morale du karma, n’en déplaise aux Hara Krisna. Le compromis classique: la pratique privée des religions n’est pas totalitaire et n’est pas incompatible avec la préservation mondiale du fabuleux patrimoine artistique religieux. De même qu’une rénovation mondiale des religions s’ouvrant à l’esprit critique et à la raison leur serait idéalement bénéfique et qui sait possible au moins théoriquement quoique difficile puisque l’essence des religions c’est de s’inscrire dans des totalités, dans des lieux organiques.
Rien de ce qui est dit par Taylor et Bouchard n’est parole d’évangile, j’espère que ce texte parmi des centaines sur le net réussit à transcrire cette dissidence des Québécois envers cette apparente célébration du voile, des religions.
Très intéressant rappel de M. Yvon Turcotte qui souligne bien que l’histoire recommence tout le temps.
Les récits des chroniqueurs romains. Flavius Josèphe, l’historien du peuple juif qui sera le premier à nommer Salomé, évoquera l’exécution de Jean le Baptiste en la présentant comme un crime politique parce que ce dernier avait critiqué un peu trop Hérode Antipas sur sa vie privée.
Nos Salomé québécoises ne vont quand même pas aussi loin, même si leurs Hérode Antipas québécois, après avoir cédé à leur charmes plus ou moins voilés, prennent des chances de perdre leurs ministères et/ou autres avantages pécuniers.
J’adore le féminisme de Mme Legault. Afin de protéger le droit des femmes, il faut leur interdire le choix de porter le voile ou pas. Brillant.
Pourquoi pas se servir de cette même logique ailleurs. Par exemple, afin de protéger le français à Montréal, on pourrait défendre aux francophones de parler anglais avec les allophones.
Diffiicile, évidemment, d’apporter mille et une nuances dans un court billet. Mais merci par vos commentaires de m’amener à ‘en apporter tout de même quelques unes.
J’espère ne pas pratiquer un intégrisme «laïc» en préférant que le port de signes religieux, dont le voile, ne soit plus permis pour ceux et celle travaillant dans les institutions publiques. C’est pour moi une question de cohérence du moment où l’État se dit et se veut neutre au niveau de la religion. Le problème est qu’ici, nous sommes encore très loin de l’ombre du début d’une certaine cohérence sur ces questions. Un exemple parmi d’autres: le Québec est le seul État sur ce continent à subventionner – et à hauteur de 60%! – des écoles confessionnelles dites privées. Comment prétendre alors que l’État est «neutre», religieusement parlant?
Quant à l’«espace» public, c’est -à-dire la vie de tous les jours en société, nous ne pouvons, ni ne devons interdire ce que porte un individu.
Si nous revenons au voile, je persiste et signe – à l’instar d’ailleurs de nombreuses musulmanes modérées à travers le monde – de le considérer essentiellement comme tenant et d’une vision anachronique de la femme (elle doit être «protégée» du désir des hommes comme si elle était un objet naturel de «péché») et d’un symptôme parmi d’autres de la montée des intégrismes religieux en Occident. Que le port du voile – et sans parler du niqab – devienne de plus en plus «populaire» en Occident, n’est pas une simple question d’identité. Il participe surtout d’un contexte politique international bien spécifique que nous connaissons tous.
Quant à donner la possibilité à des femmes voilées de se «dévoiler» pendant leur travail dans les institutions publiques, je persiste aussi à croire que ce serait leur offrir l’«ouverture» – tenez, un mot très à la mode! – à une plus grande liberté de disposer d’elle-même. En y incluant leur «sexualité», j’espère qu’on aura compris que j’utilise ce mot dans son sens le plus large – pas seulement de sa «jouissance»!
Car s’il y a quelque chose que les intégristes de toutes religions et de tous les temps cherchent invariablement à contrôler, c’est la liberté sexuelle des femmes. Avec le voile vient d’ailleurs souvent une série de comportements «appropriés» imposés aux femmes dans leur relation avec les hommes.
Mais surtout, l’opposition au port des signes religieux dans les institutions publiques ne revient PAS à un appel à certains de nos compatriotes de «sacrer» leur camp chez-eux, pour reprendre un commentaire.
Car «chez-eux», c’est ici. Heureusement.
Ce qui me dépasse, Mme Legault, à lire votre billet et certains commentaires qui suivent, c’est cette incapacité d’envisager la possibilité que certaines croyantes puissent porter le voile par conviction personnelle. Je me souviens du discours d’une féministe tunisienne recueilli par une participante à la course Amérique-Afrique à Radio-Canada (vers 1990) qui affirmait le pouvoir libérateur du voile face à l’aliénation de la femme occidentale face à la tyrannie des canons de beauté et du martelage publicitaire qui y est associé.
Il est toujours si difficile de regarder du point de vue de l’autre. Ajoutez la charge de préjugés des allergiques au phénomène religieux et vous avez les ingrédients pour des siècles d’incompréhensions et d’affrontements…
J’appuie le commentaire de monsieur Côté:
Je suis un homme. Non musulman. Mais j’ai, dans mon entourage, plusieurs croyants musulmans. La question du voile m’a souvent intrigué et j’en ai souvent parlé avec eux. Des hommes. Des femmes. Voilées. D’autres non. Certains hommes pour. Les autres contre. Toutefois, tous -parmi ceux que je connais- respectent le choix de la femme voilée comme celle qui ne l’est pas. Pourquoi donc, nous qui ne sommes même pas musulmans, qui ne savons pratiquement rien de leurs croyances, devons-nous nous permettre de dire que ÇA, oui ÇA, c’est TRÈS mauvais?
On parle de « libération », mais une libération de quoi exactement? Pourquoi voir la femme musulmane comme une femme exploitée et au service de son « méchant » mari? Attention, je ne soutiens pas qu’il n’existe pas une certaine injustice mais l’injustice est, selon moi, dans toutes les sociétés. Et ne venez surtout pas me dire que l’Église s’est beaucoup préoccupée de la condition féminine ! On va encore me dire, mais l’Église? Ça fait longtemps qu’on n’y croit plus à leurs balivernes! (Ce qui fait automatiquement de nous, des êtres ô combien éclairés, ô combien sages!) C’est ça oui. Le fondement même de l’égalité, cette façon d’aller à l’aide du « démunis »(ou de la, dans le cas qui nous intéresse), cette « justice » dont on se fait les protecteurs; n’est-ce pas là, ce qui fait de nous de vrais chrétiens. Ne jouerions-nous pas aux pauvres petits Jésus, venus se sacrifier pour la cause des femmes? Moi, je me demande pourquoi, qui, quoi? Qu’est-ce qui nous donne ce droit?
Je ne sais pas pour vous mais je ne vois pas souvent des groupes de femmes musulmanes qui se font le devoir de convertir le plus de femmes possibles, non-musulmanes, afin qu’elles portent le voile. Par contre, on voit des troupeaux de non-musulmans qui essaient, tant bien que mal, de « prouver » qu’eux, ils savent ce qui est bon et bien pour l’espèce humaine, qu’eux, et bien, ils sont libres. Toutes ces conneries, on les balance dans tous les journaux, sur toutes les chaînes de radio, à chaque coin de rue.
Dans ce dossier, on a le droit de se poser qui est le plus fanatique. Je me demande même si on n’envie pas les musulmans d’avoir encore la foi alors que nous, et bien, on ne croit plus en rien. Encore moins à la femme (libre).
« On parle du droit des femmes quand leurs maris les frappent,
Avec des clichés religieux sortis tout droit des fables
Comme ci ici elles étaient bien depuis le Moyen-Âge
Mais c’est en 46 que c’est ouverte une nouvelle page
Maintenant elles nous valent, on dit dans les ouvrages
Pourquoi elles touchent moins de pognon à compétences égales?
Pourquoi elles seraient moins faites pour êtres responsables ?
Alors qu’elles nous ont tous torché le cul nu dans le sable » (La fin de leur monde, IAM)
(…) M. Bouchard est furieux à l’égard de «représentants de la famille de pensée politique» à laquelle il dit appartenir «depuis plus de quarante ans», les souverainistes, qu’il vise ici explicitement. Il soutient que, par leur interprétation du rapport, ces «représentants», qu’il ne nomme pas, compromettent «le pluralisme en matière de rapports ethniques, cette grande tradition instaurée par le Parti québécois lui-même». Il s’inquiète du fait que quelques «ténors nationalistes» soient en train de «prendre l’initiative du débat pour lui imprimer une orientation néfaste, susceptible de creuser des clivages ethniques et d’instituer des tensions déplorables entre Québécois». C’est là une «rupture radicale avec l’héritage de René Lévesque», tonne le sociologue et frère de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard. (…)
Le Devoir
Gérard Bouchard en pratiquant l’alarmisme et en agitant le spectre de l’intolérance semble exprimer un mépris contre la nation d’où il est issu. Ce comportement d’inquisiteur ne lui fait pas honneur.
La plupart de ses critiques qui ne sont pas des pyromanes mais des gens qui font débat insistent sur deux points principaux:
1- la considération d’une nation minoritaire dans le Canada dont la langue parlée le français se réduit de plus en plus au territoire québécois. En Ontario : tous ces James Desrosier, ces Peter Marchand, ces Jane Bérubé. Cela signifie assimilation des dits « Canadiens Français » au niveau générationnel, c’est concret ça.
2- Ne pas étendre de façon importante le port des signes religieux dans les lieux publics comme les écoles et les hôpitaux au nom de la neutralité de l’État . Pourquoi entres autres cette neutralité parce qu’elle limite à la sphère privée des pratiques religieuses qui ne sont pas dépourvues de manifestation de ségrégation contre des groupes d’individus selon leur orientation sexuelle ou leur sexe. Selon les traditions catholiques ou musulmanes, être femme ou différemment gai n’est certes pas du même poids que d’être homme ou hétérosexuel.
Une simple recherche sur internet permet d’en savoir plus sur le sujet.
Dire cela et bien d’autres choses, c’est loin de faire usage de xénophobie. De plus en plus de Québécois qui s’informent se demande dans quel pays vit notre intellectuel inter culturaliste qui semble s’amuser à percevoir les Québécois comme des agitateurs, des violents virtuels. Cette hystérie sur le « nous » ou cette simple allergie sur l’appellation de « Québécois » sans trait d’union en dit long sur le personnage. Or tout comme pour les Français ou les Britanniques, la dénomination nationale simple de Québécois identifie tous ceux qui partagent la même langue, la même culture, des valeurs élémentaires qui font consensus dans la durée et que cela concerne sans problème les citoyens de souche autant que ceux qui proviennent de l’immigration.
De dire en toutes nuances que dans le contexte canadien, plusieurs milliers d’immigrants au Québec ne se perçoivent pas comme des Québécois mais comme des Canadiens ne fait que traduire « notre » réalité politique de minoritaire au Canada.
Bref, de défendre des règles civiques sur l’usage de la langue nationale, les limites publiques de l’exposition religieuse cela se fait en Australie, maintenant en Angleterre.
Monsieur Gérard Bouchard, voudrait donc limiter notre droit d’expression ?
Claude Ryan, Pierre-Marc Johnson, Peter MacLeod, Blackburn, Harvey, Munger, Wilson, Scott, etc etc etc sont aussi des assimilés qui se perçoivent comme des Québécois. Nous on peut assimiler nos minorités, mais pas les autres . Eux font preuve de racisme, nous d’angélisme et de courage. Trouver que les autres sont toujoues mal intentionnés et que nous sommes toujours bien intentionnés est faire preuve d’obscurantisme que M.Gérard Bouchard dénonce avec raison.
Désolé si j’ai pu blesser des gens par mes prises de positions par moments abusives et injustes j’ai été très polisson à certains endroits et je le reconnais. Je vous demande de m’excuser.
Serge Jean
Voici une vidéo de Wafa Sultan qui attaque l’Islam…en arabe avec sous-titre anglais.
http://www.youtube.com/watch?v=2zxbjNv4GYo
J’ai deux observations à faire:
Un aspect très pénible du problème de l’intégration des immigrants, ou des enfants d’immigrants nés ici qui sont facilement stigmatisés à cause de leur « type ethnique » malgré le fait que ce sont des petits québécois bien intégrés parlant un français québécois sans accent, est l’image déformée souvent rapportée par les médias et trop peu contredite par des leaders d’opinion. Étant moi-même politicien depuis quatre ans, j’ai appris que les médias écrits, électroniques et surtout Internet sont des moyens plus ou moins fiables de s’informer. Un très grave problème est la course au « scoop » et à la nouvelle spectaculaire qui font que nous sommes bombardés d’informations fragmentaires et trop peu vérifiées, souvent simplistes et accompagnées d’images chocs qui ne présentent que les aspects les plus extrêmes de la réalité. À la limite, la réalité est même niée par l’utilisation d’une image frappante qui n’a plus vraiment de rapport avec la nouvelle rapportée (par exemple, la fameuse image des musulmans en prière à la cabane à sucre qui pourrait être associée à une nouvelle qui traitait de la commission Bouchard-Taylor même si ce n’était pas à l’ordre du jour des travaux de la commission). Tout ce martelage médiatique se compare aux grandes opérations de battage publicitaire qui arrivent à imprimer dans notre mémoire des images persistantes et pernicieuses qui affectent notre jugement. Étant moi-même un assez grand consommateur de médias, je constate qu’il est difficile de garder une distance critique vis-à-vis de ce phénomène.
Mon autre observation est plus légère heureusement mais aussi importante: où sont les femmes!!! En dehors de notre chère Josée et de Jolana dont je souligne la participation, nous ne sommes que des hommes à intervenir sur le sujet. Je suis toujours renversé de la faible présence des femmes dans la sphère publique en dehors de quelques ténors qui gardent le fort heureusement. Au Nouveau parti démocratique que je représenterai à la prochaine campagne électorale, malgré notre objectif clair de parité femme-homme et nos mesures concrètes (entre autres $$$) pour favoriser la participation, elles sont largement minoritaires en nombre et disent trop souvent non pour occuper les tribunes en avant-plan. L’absence de femmes à ce débat sur le port du voile me semble symptômatique de leur attitude trop réservée et de la facilité qu’elles ont à rester dans l’ombre au profit d’hommes qui disent, au contraire, oui trop facilement. J’en ressens une frustration d’autant plus grande que ce n’est pas une question d’intelligence ou de compétence qui est en cause, bien au contraire! À quand un programme national d’affirmation de la femme avec formations, stages et mentorats à la clé?
Excusez la dernière phrase, je ne peux m’empêcher de chercher à secouer le pommier dans l’espoir que quelques fruits mûrs tombent enfin…
Je suis arrivé à Istanbul le dimanche 1er juin. À 22h30, (18h30 heure de Montréal) j’avais mon premier choc culturel. La lecture des versets du Coran à plein volume du haut des minarets des mosquées de la ville, dans un pays officiellement laïque. L’occupation de l’espace publique venait de prendre un sens tout différent. Et le même phénomène s’est répété ainsi cinq fois par jour en commençant à 5 heure du matin.
Coïncidence, le lendemain, je lis la lettre de Françoise David sur le site internet du Devoir qui prenait position sur le port du voile. Je me suis alors demandé si elle serait d’accord à ce que les immams de la communauté islamique fasse de même à Montréal pour qu’on leur permettre de mieux s’intégrer ?
Bravo Josée Legault de relever ce qui se passait au même moment en Turquie. Les Turcs savent à qui ils ont à faire…
Il existe encore aujourd’hui des controverses sur des mariages forcés, des annulations de mariage civil pour cause de non virginité ou de mensonge sur la virginité… Ces considérations d’un autre âge portent atteinte à la laïcité, à la dignité de la personne et doivent être combattues avec la plus grande fermeté. La montée de ces phénomènes réactionnaires devrait aussi nous inciter à dépasser le lynchage du premier suspect pour réfléchir sur leurs véritables causes.
La féminisation anarchique de la société entraine des perturbations certaines. Après l’attrait de la nouveauté et de la facilité, les doutes qui surviennent et la perte des repères peuvent inciter des personnes déstabilisées à chercher refuge dans les valeurs rassurantes d’un passé idéalisé. C’est ainsi que de vieilles idées sexistes réapparaissent.
Le macho traditionnel n’est pas mort, mais il est de plus en plus honteux et se fait discret. Cet individu, à qui des « pères » trop sérieux avaient inculqué le respect de la discipline sans lui apprendre à grandir, sévissait à l’intérieur d’un cadre très strict et sous une surveillance perpétuelle. Ce n’est plus vrai aujourd’hui. En effet, le nouveau machisme qui se développe dans tous les milieux sociaux n’est pas dû, comme certains voudraient le penser, à la subsistance d’une idéologie patriarcale qui s’entretiendrait par imitation. Dans notre société de plus en plus féminisée, le « futur nouveau macho », maintenu dans la fusion maternelle, ne souffre pas d’une « overdose » d’ordre masculin mais d’absence de « père » et de repères. Tout autant incapable de sortir de l’enfance, il n’a pas acquis une identité d’homme suffisamment solide pour pouvoir accepter la différence. Arrivé à l’âge où il devrait commencer à assumer la castration, il est encore en plein refoulement et a toujours besoin d’inférioriser les femmes pour pouvoir exister. Alors qu’il devrait être en mesure de « tuer le père », il doit s’en inventer un et il se « bricole » ce qui devient une caricature. Comme de nombreux Allemands au père humilié par la Révolution Industrielle, par la défaite, par le Diktat de Versailles, par le chômage… des garçons ont besoin, aujourd’hui, pour se sentir des hommes, de se comporter en nazi et d’humilier les femmes. Lorsque la fragilité de l’identité sexuelle rencontre la perte d’une identité nationale, il ne faut donc pas s’étonner si certains essaient de justifier leur machisme par une dose de religion ou de nationalisme !
Par souci louable d’éviter d’inférioriser une différence, l’égalitarisme ambiant a tendance à la dénier et peut favoriser ainsi un machisme encore plus dangereux que celui qu’il voulait éviter. Il devient donc plus que nécessaire de corriger les faux pas de la pensée dominante en évitant d’en faire une idéologie qui ne supporterait aucune remise en cause. S’il est possible de dénoncer l’intégrisme musulman sans faire preuve de racisme, pourquoi ne serait-il pas possible de pointer les dérives de la démocratie et du féminisme, sans être réactionnaire et misogyne ? …
Jean GABARD
http://www.jeangabard.com