Il s’agit d’un site officiel (Travail Québec) très pertinent au sujet de la conciliation travail-famille.
J’avais oublié ce sujet dans les enjeux possibles pour la campagne électorale actuelle !!! Ben oui, un enjeu de plus !!!
C’est pas parce que je ne suis pas papa que c’est un enjeu à oublier… 😉
Pour un souverainiste pur et dur le scénario idéal est que Harper obtienne une très forte majorité dans le reste du Canada et que le Bloc emporte la totalité du Québec.
Dans le climat d’insécurité mondiale ce n’est pas un scénario impossible. La prime à l’urne comme on dit. Devant le danger on serre les coudes. Puisque les québécois le font avec le Bloc, les autres canadiens pourraient tout aussi bien le faire avec le PCC. Pourquoi pas ?
Notre pur et dur anticipera ainsi que Harper sera aussi vilain qu’on veut bien le dire, qu’il se vengera du Québec de toutes les façons imaginables et que la situation deviendra impossible.
Ce qui permettra de démontrer que –on vous l’avait bien dit, ça ne marche pas- avec l’espoir que les Québécois se jetteront massivement dans les bras de la souveraineté.
À moins que Monsieur Duceppe ait en tête quelque chose qui ressemblerait au gouvernement à l’époque du Haut et du Bas Canada. Ce qui nous amènerait dans une toute autre direction…
On verra bien le 14 …
Monsieur St-Onge, votre commentaire est intéressant, mais vous fabulez.
Que Stephen Harper obtienne une majorité et votre bel espoir de voir votre cause y gagner ne se réalisera pas.
Puis-je très respectueusement vous enjoindre à aller visiter un précédent billet de Mme Legault intitulé « Jour 31: Flanagan parle! », notamment mon commentaire en 6e position? Vous trouverez là de quoi repenser très sérieusement votre idée qu’une victoire majoritaire de Stephen Harper pourrait servir indirectement vos intérêts.
Madame Marie-Andrée Gauthier, avec laquelle je mène un « combat » pour la survie de la démocratie à la veille d’une élection dont l’enjeu dépasse de loin toutes celles ayant précédé, y fournit des liens (remontez à ses commentaires) vers des textes qui vous feront très bien comprendre le danger d’un gouvernement conservateur majoritaire.
Mme Gauthier et moi, bien que d’idéologie politique divergente, sommes résolument ensemble devant l’urgence de sauvegarder l’essentiel, notre trésor commun, notre démocratie et notre liberté de penser.
Allez voir et revenez nous faire part de vos impressions.
@Claude Perrier
J’expose simplement un scénario possible. Ce qui ne veut pas dire que j’y adhère…. mais je crois que plusieurs québécois votent avec cette idée en arrière-plan. Sinon les libéraux auraient une beaucoup plus grande audience au Québec. Ce qui ne semble pas le cas pour l’instant. À moins d’un retournement d’ici mardi… ce qui est toujours possible à mon avis.
Par ailleurs, vous me semblez un peu inquiet sur le sort de la démocratie. Je ne crois pas qu’un descendant d’Hitler soit débarqué dans la région.
Néanmoins j’ajoute que le résultat des élections américaines aura un effet très structurant sur le premier ministre du Canada, quel qu’il soit. Si nous avons Harper et que les républicains l’emportent vous avez (peut-être) raison. Ils devraient s’entendre comme larrons en foire. Dans le cas contraire c’est à voir.
La seule chose qui me semble certaine c’est que le contexte mondial est extrêmement volatil à tous les niveaux. Tout peut virer dans une direction ou une autre et ce pour des motifs très superficiels. Ce qui laisse croire que les résultats pourraient être très surprenants mardi et tout aussi surprenants aux USA un peu plus tard en novembre.
Qu’on le veuille ou non nous sommes tous ensemble dans une drôle de galère, et nous l’avons tous voulu ainsi… n’est-ce pas…
Effectivement, je suis extrêmement inquiet quant à l’avenir de notre démocratie advenant un gouvernement conservateur majoritaire.
Et quiconque a lu l’article de fond du Walrus (dont Mme Gauthier fournit le lien dans le billet de Mme Legault intitulé « Jour 31: Flanagan parle! ») ne peut qu’être tout aussi inquiet.
À moins que cela ne vous plaise que des fondamentalistes religieux d’extrême-droite ne dictent, depuis les coulisses du pouvoir, sa ligne de conduite au gouvernement.
@ Claude Perrier et Robert St-Onge
Je suis une indépendantiste. Rien ne fera changer d’idée à ce sujet.
Voilà pourquoi, même si Monsieur Perrier est fédéraliste (ce qui n’est pas une tare à mes yeux lorsque la personne sait exprimer les raisons de son choix), je suis en total accord avec lui lorsqu’il dit que Harper est un homme dangereux comme vous ne pouvez l’imaginer.
Lisez l’article que j’ai proposé et que Monsieur Perrier vous propose à nouveau.
Bien sûr, on peut toujours rêver… Votre idée d’un Québec entièrement Bloc Québécois et le reste du Canada tout conservateur relève de la pensée magique et, j’ose le dire, d’un « manichéisme délirant ». Tout n’est pas que Bien ou Mal, Noir ou Blanc…
Cependant, Harper pourrait bien être classé dans ce qu’il y a de plus sombre… Informez-vous en lisant cet article pour le moins terrifiant de Walrus, très bien documenté d’ailleurs.
Bon samedi !
@ Marie-Andrée Gauthier
Très bien envoyé!
Et lorsque deux personnes aux opinions politiques si diamétralement opposées unissent leur voix, comme vous et moi le faisons depuis quelques jours déjà, c’est qu’il doit certainement y avoir péril en la demeure…
Espérons que nos efforts porteront fruit.
(Note: Et, quand toute cette menace aura enfin été conjurée – ce que j’espère vivement! – j’aurai le plus grand plaisir à discuter avec vous de ces opinions qui, très regrettablement, nous opposent. Je n’apprécierais rien davantage qu’un échange d’idées avec une personne aussi agréable et sensée que vous. Si cela vous agrée, bien entendu…)
Chère Madame Legault,
Merci bien de nous lire « avec grand plaisir », comme vous l’écrivez.
Parce que j’ai souvent été quelque peu mal à l’aise relativement à un certain envahissement de votre espace pour échanger avec d’autres membres des opinions n’ayant parfois pas grand-chose à voir avec votre billet…
Mais si, malgré tout, vous lisez tout cela « avec grand plaisir », cela me rassure…
@ Claude Perrier
Cela me convient, bien sûr !
On remet cela à plus tard… Nous aurons à nous reposer après ces élections… à digérer surtout les résultats… à analyser…
Espérons que nous serons heureux des résultats mardi soir en fin de soirée !
À bientôt !
@ Marie-Andrée Gauthier
Peut-être cela vous intéressera-t-il de savoir que j’ai aussi fait part de nos préoccupations dans Hour.ca, dans la rubrique « Babylon, P.Q. ».
Ça ne sert plus à rien Mme Teasdale de Calgary. Le Québec donnera son 4% à votre ami Harper ce mardi 14 octobre. Gardez vos forces pour fêter chez-vous !
Enfin, Madame Teasdale, vous apportez une contribution valable à nos débats!
Merci, et si cela dénote d’une nouvelle attitude de votre part, vous êtes la bienvenue ici. Les opinions divergentes sont tout autant appéciées que celles généralement convenues.
(P.S.: You do remember me, don’t you? Thought so…)
@ Marie-Andrée Gauthier
Donnons tout de même une petite chance à Madame Teasdale de s’amender… D’ailleurs, plus elle s’exprime de façon compréhensible, plus on peut se rendre compte du fossé qui nous sépare de sa perception des choses.
Ce qui ne peut que servir nos véritables intérêts, il me semble.
Nous n’avons pas les mêmes intérêts, sauf la démocratie, Monsieur Perrier, ne l’oubliez jamais…
Cette dame sévit sous divers pseudos dans beaucoup de forum pour faire passer son Harper et mépriser les Québécois… Je ne vais tout de même pas me rouler dans la fange avec cette Dame…
Vous avez oublié note cause commune: pas de Harper…
Reprenez-vous et faites le tri parmi vos priorités, je vous en prie !
Une pause pour moi aussi… mais ce sera pour mercredi
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Il y en a qui comprennent et admettent d’emblée des évidences et d’autres qui ne les comprennent jamais ou ne les comprennent pas au bon moment. Il y a au Québec un bloc quasi inébranlable de souverainistes convaincus. Ils représentent probablement la majorité des québécois francophones. De plus, ce sont généralement des gens très ou au moins moyennement politisés. Si on ne tient pas compte des gens qui ne se considèrent pas québécois, des gens dont la seule conscience politique consiste à voter une fois par 4 ans et de tous ceux que la politique laissent parfaitement indifférents, on comprend que la masse des souverainistes, dans l’ensemble des gens politisés et politiquement un tant soit peu actifs, dépasse très largement la majorité dans notre échantillon significatif retenu.
Les souverainistes ne sont généralement pas des électeurs qu’on peut appâter facilement avec quelques bonbons fiscaux, quelques douceurs législatives ou quelques hochets sémantiques insignifiants. C’est loin d’être une particularité des souverainistes québécois. Tous les souverainistes du monde sont des gens fortement attachés à leurs convictions. La rage d’une nation (ou d’un grand groupe d’éléments d’une nation) éveillée qui revendique le droit d’exister comme entité entièrement autonome n’a probablement d’égal que l’attachement viscéral d’un groupe à ses croyances religieuses profondes.
Oui les indécis et les fédéralistes inconditionnels peuvent se laisser séduire indifféremment et sans retenue par n’importe quel parti fédéraliste ou presque, les différences entre les uns et les autres étant relativement secondaires. Mais comment les fédéralistes peuvent-ils croire que les souverainistes vont quitter en masse leur navire pour s’aventurer sur de nouvelles embarcations où personne ne les comprend et où ils doivent, à tout moment, surveiller leurs arrières pour éviter d’être poignardés dans le dos ? Comment des analystes sérieux en sont-ils arrivés à penser que les souverainistes allaient déserter en masse le seul navire qui n’est authentiquement que le leur.
Après avoir gouverné le Canada pendant près de 3 ans, après avoir probablement fait des efforts notables réels pour comprendre les québécois (autant fédéralistes, nationalistes que souverainistes), Stephen Harper disait il y a quelques jours qu’il ne comprenait toujours pas la très grande majorité des québécois. Ce n’est pourtant pas étonnant. Il n’arrivera probablement jamais à comprendre vraiment les québécois parce qu’il n’est tout simplement pas québécois. Je ne crois pas qu’il y ait non plus de nombreux québécois qui comprennent les albertains, les terre-neuviens, les prince-édouardiens, les saskatchewanais ou les yukonais. C’est toujours très difficile de comprendre ce qui ne nous ressemble pas. Stephen Harper a vraiment pensé qu’il pouvait nous amadouer en nous reconnaissant comme une nation dans un Canada uni, en nous accordant un siège purement virtuel à l’UNESCO et en soulageant temporairement le déséquilibre fiscal entre Ottawa et Québec.
Je ne veux pas faire partie d’une nation conditionnelle, subordonnée aux conditions imposées par une autre nation. Je ne veux pas d’un siège à l’UNESCO que je dois partager avec une très forte majorité issue d’une autre nation. Je ne veux pas qu’une autre nation soulage temporairement mon déséquilibre fiscal. Je veux des points d’impôts et un accès à tout ce qui pourra solutionner définitivement mon déséquilibre fiscal. Et même si on nous donnait une reconnaissance inconditionnelle de notre statut de nation, qu’on nous donnait un siège propre et entier à l’UNESCO, qu’on nous transférait des points d’impôts, je ne serais pas plus satisfait.
Comme la plupart des souverainistes je veux rien de moins que la souveraineté. Alors, le Parti Conservateur ne pourra jamais me donner ce que je désire. Pourquoi de mon côté je lui donnerais mon vote ? Du côté du Parti Libéral ce n’est pas mieux. Stéphane Dion comprend probablement plutôt bien les souverainistes québécois. Malgré qu’il affirme depuis peu qu’il est un nationaliste québécois, il a choisi son camp depuis longtemps et a choisi également sa stratégie d’approche face aux souverainistes. Ce choix c’est la confrontation, la menace partitionniste, le chantage nébuleux à la clarté. À quelques jours du vote notre nouveau nationaliste québécois révèle à nouveau son attachement envers la confrontation en ramenant sur les tribunes, avec lui, Jean Chrétien et son aréopage de matamores casseurs de souverainistes et disciplines de la commandite. Il ne manque que les apparitions d’Alphonso Gagliano, de Pierre Pettigrew et autres chantres anti-souverainistes pour compléter le tableau. À mon sens Stéphane Dion a fait une grave erreur en ramenant des grands disparus sur scène avec lui, dans les derniers milles de la présente course. Stéphane Dion avait presque réussi à nous faire oublier l’ancienne équipe libérale qu’on avait tant de plaisir à oublier. Stéphane Dion n’aura pas le vote du souverainiste que je suis et je ne vois pas le jour où les libéraux pourront me le soutirer.
Les néo-démocrates sont trop centralisateurs et ne s’attardent pas réellement au problème québécois. Ils n’auront pas mon vote de sitôt. Les verts ? Étant fort soucieux des questions environnementales, je me dis qu’on s’en sortirait mieux dans un Québec souverain qui a déjà une bonne longueur d’avance sur le Canada en matière d’environnement. Et je n’ai pas envie d’attendre après l’autre nation. En définitive, il n’y a aucun parti politique à l’échelle canadienne qui puisse satisfaire les aspirations des souverainistes québécois ou même tout simplement des nationalistes québécois. Il n’y en a ni ici, ni maintenant, ni à l’horizon. Et Gilles Duceppe a parfaitement raison.
Ce n’est pas la faute des souverainistes si les partis fédéralistes canadiens n’arrivent pas à nous vendre leur salade. Les uns choisissent depuis toujours la confrontation. Ce ne peut mener nulle part car ça ne fait qu’accentuer l’acrimonie entre les deux camps et aucun des deux camps ne va s’évaporer, comme par magie, du jour au lendemain, même si c’est ce qu’on semble bêtement espérer des deux côtés. Il y a ceux qui choisissent de ne jamais aborder le problème de façon sérieuse (le NPD), comme si un problème ignoré était un problème résolu. Il y a ceux qui donnent un peu, plus souvent qu’autrement des « objets » purement symboliques, mais qui, parce qu’ils ne pourront jamais se permettre de déplaire à la vaste majorité de leurs électeurs canadiens, ne pourront jamais satisfaire une majorité de québécois.
Il est impossible d’envisager des changements constitutionnels profonds pouvant satisfaire un tant soit peu les québécois parce que le fruit n’est pas mûr, que le terreau n’est pas fertile, que la majorité canadienne n’est pas prête, que le vent ne souffle pas du bon côté, que le café n’est pas prêt, que le bateau coule, que le vernis de la table n’est pas sec, que la voiture du premier ministre manitobain ne démarre pas, que le premier ministre néo-écossais est embourbé dans la neige, parce que le conseiller principal du premier ministre est parti à la chasse et qu’il est impossible de la rejoindre sur son cellulaire défectueux, parce que l’activité solaire provoque une tempête magnétique empêchant les communications de fonctionner, parce que l’épouse du premier ministre canadien vient de se faire enlever par les extraterrestres, parce que la plomberie vient de lâcher au 24 Sussex, parce que le premier ministre du Yukon vient de découvrir qu’il est cocufié par sa femme avec le premier ministre de Terre-Neuve, parce que le principal conseiller du premier ministre de l’Ontario vient d’apprendre que Brad Pitt et Angelina Jolie viennent lui rendre une visite non annoncée, parce que… Parce que… Parce que Mars attaque…
Le Canada est tellement vaste et tant de choses peuvent survenir à tous moments que des pourparlers constitutionnels sérieux pouvant aboutir à quelque chose de concret et de substantiel pour le Québec sont, dans les faits, pratiquement impossibles. Ceux qui nous disent que le fruit n’est pas mûr savent très bien qu’il ne le sera probablement plus jamais. En réalité ils attendent plutôt que le fruit souverainiste se détache de l’arbre, qu’il tombe directement par terre ou en bifurquant sur la tête de Newton, qu’il roule un peu sur l’herbe puis dans la boue d’un chemin de terre, qu’il soit écrasé par un gros camion, qu’il pourrisse rapidement sur place ou qu’il soit entièrement dévoré par les insectes et les bactéries afin qu’il disparaisse complètement.
Malheureusement pour les fédéralistes ce scénario ne se réalisera pas. D’un autre côté les fédéralistes ne parviendront jamais à mettre assez de substance sur la table constitutionnelle pour satisfaire les aspirations légitimes de la nation québécoise. Alors, elle est où la solution ? Je n’en vois aucune autre satisfaisante que la souveraineté du Québec. Elle se fera le jour où la majorité des québécois et des québécoises se rendront à l’évidence qu’il n’y a pas d’autre ou de meilleure solution. L’attente peut être encore longue. Elle peut également être très courte. En politique tout peut changer très rapidement. Au début de cette campagne électorale ils étaient nombreux à croire que les conservateurs allaient gagner du terrain au Québec, au détriment du Bloc Québécois. En fin de course la situation n’est plus du tout la même. C’est peut-être parce qu’encore une fois les québécois ont déchanté en constatant que les différentes versions possibles du Canada qu’on nous propose, encore et encore, ne cadrent absolument pas avec les désirs et les aspirations de la nation que nous sommes.
Cette campagne électorale n’aura peut-être servi qu’à faire la preuve, une fois de plus, que la Canada c’est bon pour les canadiens mais pas pour les québécois. À force de nous démontrer leur impuissance à nous satisfaire, les partis fédéralistes vont peut-être finir par engendrer plus de souverainistes que n’arrivent à le faire, eux-mêmes, les partis souverainistes.
@Paolo Mitriou..Tout a fait d’accord avec vous.
C est probablement l écrit le plus compréhensible que j ai vu ici depuis longtemps.
J ai tout compris.
Mais le probléme n est pas nous , mais vous québécois.
Nous sommes prets a vous laisser partir et de plus en plus, avec des regrets, mais 1995 c était le siècle dernier et 2008 c est maintenant.
Il y a une fatigue séparatiste incroyable dans le ROC, maintenant que Mme Marois avait mis la séparation hors sujet, on s est dit Peace for a while mais avec la résurgence du Boc
HERE WE GO AGAIN mais ils sont a Ottawa, ils ne peuvent rien faire
@ Marie-Andrée Gauthier
Who elected you GOD ???
@ Louise Teasdale
Merci pour vos bons commentaires!
Vous n’avez pas tort en affirmant que c’est nous, les québécois, qui n’arrivons pas à nous décider enfin à opter pour la souveraineté. Quand je dis « nous » vous devinez que je réfère à l’ensemble de la nation québécoise. Presque la moitié de « nous » avons opté pour la souveraineté en 1995. Par contre, nous, les souverainistes québécois, avons choisi à 100% cette option, sans aucune hésitation. Je veux juste faire remarquer que lorsque j’utilise le « nous » je réfère parfois à la nation québécoise dans son ensemble et parfois uniquement à « nous », la portion souverainiste de la nation québécoise. Ce n’est pas toujours très clair dans mes écrits.
Je comprends très bien la « fatigue séparatiste incroyable du ROC » face aux velléités souverainistes d’un large pan de la nation québécoise. Je me dis souvent que si nous n’arrêtons pas de parler de souveraineté sans jamais passer aux actes, le ROC va finir par nous sortir de force du Canada. Lors du premier référendum sur la souveraineté du Québec, en 1980, la nation québécoise était probablement encore trop adolescente pour oser quitter le nid canadien. En 1995 la nation québécoise était peut-être rendue au stade adulescent, une nation mi- adolescente et mi-adulte, une nation de « Tanguy » assez âgée pour quitter le nid familial mais encore trop hésitante à le faire, par immaturité, par paresse ou par insécurité. Sincèrement je crois que la prochaine fois sera la bonne. Dans le cas contraire il y aura toujours une autre fois, puis une autre et encore une autre jusqu’à l’objectif final parce que c’est dans la nature des choses, tout simplement, et parce qu’il y aura toujours une nouvelle génération qui voudra se prononcer à son tour sur le sujet. Alors, ou bien la prochaine fois nous disons majoritairement oui ou bien c’est le Canada qui nous montrera la porte. Si je dis que c’est dans la nature des choses c’est simplement parce que je crois qu’une nation ne peut pas éternellement accepter d’être sous la tutelle d’une autre nation, surtout quand il s’agit de deux nations si différentes. Parce que c’est une évidence, la majorité des québécois vont finir par l’accepter comme telle et finir par agir en conséquence. Je suis convaincu, plus que jamais, que le 15 octobre prochain, les québécois vont se rendre compte que les différences énormes entre les deux nations, entre les deux solitudes, n’auront jamais été aussi évidemment perçues comme étant aussi peu conciliables. Les souverainistes mais aussi les nationalistes québécois (les deux ensemble forment une très vaste majorité des québécois) vont se rendre compte que le Canada ne pourra jamais offrir au Québec ce qu’il désire et ce qui lui revient de droit, en toute logique. La présente élection fédérale est, à mon sens, peut-être la dernière opportunité offerte aux partis politiques fédéraux (autres que le Bloc Québécois évidemment) de proposer quelque chose de substantiel et de parfaitement acceptable pour le Québec. Aucun de ces partis ne l’a fait ni même pensé sérieusement à le faire. Et vous savez quoi? Je trouve tout à fait normal qu’il en soit ainsi. Une nation ne peut pas se dépouiller d’une partie d’elle-même ou d’un partie de ses pouvoirs au détriment d’une autre nation. Chacune des deux nations doit être en mesure de jouir de tous les pouvoirs nécessaires pour assurer sa pérennité. C’est pour cette raison que je crois qu’il n’y a pas de place pour le Québec dans le nid canadien. Ce n’est ni bon pour le Québec ni bon pour le Canada. Ce n’est pas plus compliqué que cela tout en n’étant pas plus simple. De deux choses l’une; ou bien les québécois forment une nation et finissent par agir en conséquence ou bien nous ne sommes plus une nation, nous faisons marche arrière, nous devenons des canadiens comme les autres et nous agissons en conséquence. Cette dernière option est improbable parce que nous formons bel et bien une nation et qu’il ne peut en être autrement, que nous le voulions ou non.
Je suis content que vous me fassiez remarquer que vous êtes prêts à nous laisser partir, même avec regrets. Nous partirons peut-être également avec un certain regret, celui de ne jamais avoir pu être entièrement ce que nous sommes dans un pays qu’on aurait pu partager même s’il n’y a pas vraiment d’exemple de réussite d’un pays partagé entre deux nations. Je trouve que les québécois et les canadiens perdent un temps fou à essayer d’inventer des modèles qui n’existent nulle part ailleurs et qui n’ont d’ailleurs aucune raison pertinente d’exister. Pourquoi inventer un modèle complexe quand il serait infiniment plus simple de vivre en très bons amis dans deux pays souverains, toujours voisins l’un de l’autre?
Je suis content que vous me fassiez remarquer que vous êtes prêts à nous laisser partir. Malheureusement j’ai bien l’impression que vous ne parlez que pour vous-même. L’expérience que nous avons ici au Québec nous indique depuis toujours le contraire. Les gouvernements canadiens successifs ont toujours tout mis en oeuvre pour nous dissuader fortement de choisir la voie souverainiste. Tout y est passé, depuis le chantage économique jusqu’au chantage émotif, en passant par des menaces visant à isoler le Québec sur la scène internationale, des menaces visant à promouvoir la partition du Québec, l’annonce de fuites massives des capitaux investis au Québec, des annonces répétées d’écroulement de l’économie québécoise en raison de l’incertitude politique, des menaces de perdre nos acquis sociaux dont nos pensions de vieillesse, des menaces de fermer les marchés entre le Canada et le Québec, des menaces de demander notre exclusion des grandes ententes de marchés économiques communs dans les deux Amériques, des menaces de recours judiciaires et constitutionnels pour invalider les décisions de la majorité, des menaces de contester la légitimité du processus référendaire, des menaces de contester les résultats sur des bases nébuleuses de la clarté de la question, des menaces de ne pas reconnaître une victoire par une majorité simple, des menaces d’arrêter de nous aimer et bien d’autres que j’oublie.
Si l’ensemble du ROC manifestait la même franchise et la même ouverture d’esprit que vous semblez manifester à l’endroit du Québec, je crois que nous serions de bons pays voisins depuis belle lurette. C’est en bonne partie la peur qui a poussé à deux reprises de très nombreux québécois à se refuser un nouveau pays propre à eux.
Quand on est vraiment souverainiste on l’est jusqu’à la souveraineté, peu importe qu’on soit en 1980, en 1995 ou en 2008. Le problème étant toujours fondamentalement le même, la solution demeure également la même. Je ne sais pas ce qu’on raconte dans le ROC mais Pauline Marois n’a jamais mis la séparation « hors sujet ». La question de la souveraineté du Québec n’appartient à personne en particulier, pas plus à Madame Marois qu’à Gilles Duceppe. Cette question appartient à la nation québécoise, à elle seule et à personne d’autre. Tout ce qu’a fait Madame Marois c’est de soustraire du programme du Parti Québécois l’obligation de tenir un autre référendum sur la souveraineté du Québec lors d’un éventuel prochain mandat d’un gouvernement du Parti Québécois. Le gouvernement formé par le Parti Québécois ne serait pas obligé de tenir un autre référendum mais cela ne veut pas dire qu’il ne pourra pas en tenir un s’il juge, disons, « que le fruit est mûr ».
Il n’y a pas non plus à proprement parler de résurgence du Bloc Québécois en ce moment. En fait le Bloc Québécois est présent à Ottawa depuis 1993 et a toujours fait élire une majorité de députés québécois à Ottawa. Bien que les adversaires du Bloc Québécois remettent continuellement en question la pertinence de ce parti, celui-ci a toujours maintenu ses appuis auprès des québécois à-peu-près au même niveau, à peu de différence près. Il n’est pas exact non plus de dire que le Bloc Québécois ne peut rien faire à Ottawa. Le seul mandat que s’est toujours donné ce parti est de promouvoir et de défendre les intérêts du Québec à l’intérieur du Canada. Il s’est toujours très bien acquitté de cette tâche. S’il en était autrement ce parti serait disparu depuis longtemps.
Stephen Harper est venu nous dire à quelques jours du scrutin qu’il nous aimait, nous les québécois. C’est bien possible. Ils sont très nombreux à nous dire qu’ils nous aiment dans ce pays. De notre côté nous demandons simplement des preuves de cet amour, des gestes concrets et positifs à l’endroit du Québec. Le Bloc Québécois ainsi que tous les partis politiques du Québec, y compris les plus fédéralistes, répètent inlassablement depuis bien avant ma naissance, en 1956, quelles sont les attentes du Québec mais Stephen Harper, Stéphane Dion et Jack Layton font la sourde oreille. L’actuel premier ministre du Québec, un ancien chef du Parti Conservateur du Canada, vient à peine de reformuler clairement une partie des demandes les plus urgentes du Québec à Ottawa et Monsieur Harper s’est contenté de répondre qu’il avait autre chose à faire que d’écouter les demandes du Québec. Monsieur Harper nous aime mais n’est pas intéressé à nous écouter. En plus il vient nous dire qu’il ne nous écoutera pas davantage et que nous n’aurons pas notre juste lot de ministres si nous ne lui donnons pas assez de députés à son goût. C’est ce genre d’attitude qui accélère le mûrissement des fruits souverainistes. Et c’est bien tant mieux en ce qui me concerne. Je veux que le Québec devienne souverain le plus tôt possible, peu importe ce qui nous y mènera.
Si vous me le permettez je vais maintenant faire une autre petite pause jusqu’à mon prochain « commentaire-fleuve », ici ou ailleurs dans la blogosphère.
@ Marie-Andrée Gauthier
Oups… Faux pas? Non, petit malentendu plutôt.
Effectivement, notre intérêt commun est la démocratie et la menace à celle-ci s’appelle Stephen Harper. Et quand Mme T. vitupère quelque chose de façon un peu plus compréhensible qu’à son ordinaire, on constate encore davantage à quel point ses affinités sont aux antipodes des nôtres – celles qui nous rapprochent actuellement, à tout le moins.
Quant à ce qui malheureusement nous oppose, ce pourrait fort bien n’être qu’une question de route, d’itinéraire. Question épineuse, certes, mais rien de trop fondamental, tout de même. On verra bien un peu plus tard, lorsque la démocratie sera tirée d’affaire.
P.S.: Et vous avez absolument raison de ne pas vouloir vous « rouler dans la fange »… Ce serait trop salissant.
@ Monsieur Mitriou.. vous dites que je suis la seule a penser vous laisser partir quand au contraire une grande partie du peuple canadien après 1995 a complètement décidé que la question était baclée. Maintenant après 40 ans on n y pense meme plus.
Et ceux qui y pensent de temps en temps se disent, c est pas sérieux.ou simplement, what else is new???
Trop de séparatistes attendent et espèrent que nous les canadiens vous disent Allez en paix chers québécois, parce que vous n etes pas prets a le faire.Ce serait la solution rèvée pour les séparatistes mous.
Plus vous attendez moins ce sera facile, et ce seront les allophones qui auront la balance du pouvoir dans votre province, eux qui ont délaissés des pays en crise, ne veulent pas revivre ce scénario dans leur nouveau pays..
N oubliez pas que ces nouveaux jeunes meme nés ici sont élevés par des parents qui leur racontent ce qui se passait avant de venir.Nous avons de plus en plus d immigrants ici aussi et oui les jeunes portent le jeans et vont a l ecole publique mais ‘a la maison les parents demandent de respecter les coutumes ancestrales, on n a qu a voir le nombre de femmes voilées dans nos supermarchés et cela a 13 ans déj’a.
Le francais n est pas ma premiere lamgue j espere que vous comprendrez .
Duceppe dit que la Réforme du Senat est nuisible au Québec..
Expliquez moi.
@ Louise Teasdale
Je comprends très bien madame ce que vous écrivez. Je ne répondrai pas, point par point, à tout ce que vous affirmez dans votre dernier commentaire. Je me contenterai de vous donner raison sur certains de ces points dont je n’ai cependant pas le temps de préciser et de nuancer.
@ Paolo Mitriou
Bravo pour vos deux longs articles de fond ! Clairs, nets et précis !
@ Dame Tisdeale de Calgary
Non je ne suis pas une élue de Dieu, je laisse cela à votre groupe d’illuminés de l’extrême-droite religieuse.
@ Claude Perrier
Nous nous comprenons, enfin, je crois… Une chose est certaine, vous êtes un homme sincère à mes yeux.
@ M. Mitriou
Bel échange sur la pertinence ou non de la souveraineté. Bravo à tous ci-haut.
Tiens un petit pavé dans la mare…
Dans ce débat, il reste à préciser qui veut se séparer de qui ? Depuis les accomodements raisonnables qui peut dire avec précision ce que c’est qu’être Québécois ? C’est qui la nation au juste ?
Est-ce seulement ceux qui habitent à l’intérieur des frontières ?
Si c’est cela et qu’en même temps on nous dit que le Québec intra-muros est ouvert à toutes les nationalités et invite cordialement tout le monde et sa mère à venir y habiter … alors le Québec devient représentatif du monde entier.
… et ça devient un peu absurde de se séparer … du monde entier… puisque c’est comme si on se séparait de soi-même.
Alors faut répondre à cette question autrement.
Bon disons que ceux qui veulent se séparer des autres sont ceux qui… parlent français…. Et qui chantent en choeur Mon pays… et cette belle chanson de Pauline Julien … et cette autre de Claude Gauthier… snif, snif..
Sur cette base, pourquoi se limiter à ceux qui parlent français à l’intérieur des frontières. Pourquoi pas inviter les franco canadiens à se séparer avec nous. Les acadiens et les autres au Manitoba, etc.
Non c’est pas ça non plus. Bon, voyons ce que disent les purs et durs.
Les purs et durs diront que ceux qui sont concernés par la souveraineté sont exclusivement ceux qui habitent à l’intérieur des frontières du Québec et qui sont les descendants directs des français du début de la colonie et personne d’autre…. à la rigueur ceux qui se sont assimilés (pas intégrés, ASSIMILÉS) entièrement à ce groupe… ce qui implique les amérindiens et les Inuits qui devront passer dans la moulinette comme les autres.
Sur cette base ils nous diront que tous les autres qui habitent à l’intérieur des frontières et ne font pas partie de ce groupe, et bien… ils en feront automatiquement partie et devront suivre. Voilà !
Nos purs et durs nous expliqueront que c’est la seule façon d’être clair … en oubliant de préciser que c’est cette attitude qu’ils dénoncent des autres canadiens…
Quel est votre point de vue Monsieur Mitriou ?
@ Robert St-Onge
J’ai vu tout au long de la présente campagne électorale, un peu partout en maints endroits de la blogosphère, ce type de question revenir très fréquemment. Chacun y allait de sa fantaisie non pas pour clarifier avec précision ce qu’est la nation québécoise mais plutôt pour suggérer que si la nation québécoise existe il y avait probablement, tout aussi bien, une nation acadienne, une nation canadienne française, une nation albertaine, une nation Britanno-Colombienne, une nation Prince-Édouardienne, une nation Ténoise, une nation Néo-Brunswickoise, des dizaines de nations autochtones, une nation francophone hors Québec, une nation Franco-Manitobaine et même une nation Beaucerone ou autre élucubration du genre. Il ne manque pour compléter le tableau que des propositions de nations du genre de la nation Est-Yukonaise parlant un brin la langue des Vikings et adorant les biscuits aux pépites de chocolat blanc.
Comment pourrais-je savoir avec exactitude ce qu’est une nation puisque, plus que jamais d’ailleurs, cette notion fait l’objet d’une multitude de définitions qui changent ou qui évoluent tellement qu’aucun dictionnaire ou encyclopédie n’arrive à en fixer des contours précis et immuables. Lorsque j’ai complété mes études en science politique vers le début du milieu des années ‘80, on travaillait alors avec une définition relativement claire et relativement stable. Le concept de nation rassemblait quelques éléments assez précis tels un groupe important d’individus partageant un territoire commun bien défini, une histoire commune, une culture commune, une langue commune et surtout un sentiment d’appartenance à la nation concernée. Évidemment, le mélange important des cultures occasionné par les forts mouvements de populations nécessaires observés à notre époque fait en sorte que les contours de la nation deviennent en partie flous même s’ils demeurent toujours la base servant à définir la nation. En fait il devient presque plus facile de considérer toutes les suggestions de nations et de les éliminer une par une en fonction d’un critère majeur absent. Aussi, si je part du principe que la notion de territoire commun précis est essentielle pour identifier une nation, je peux conclure que les québécois, parce qu’ils occupent effectivement un territoire commun précis, possèdent au moins un premier élément le qualifiant pour être une nation. Les adorateurs de biscuits aux pépites de chocolat blanc ne forment pas une nation parce qu’au départ il ne possèdent pas un territoire juridique qui leur soit propre. C’est exactement le même problème avec les Beaucerons, avec les francophones hors Québec ou avec les acadiens. Maintenant, pour toutes les provinces à majorités anglophones on peut parler d’une nation canadienne si on considère l’ensemble de ces provinces mais chacune de ces provinces n’est pas le territoire d’une nation spécifique, foncièrement distincte, d’une province à l’autre. Il n’y a pas une nation par province, sauf pour le Québec où la majorité partage une histoire, une culture, une langue et un sentiment d’appartenance communs. Aux États-Unis il n’y a qu’une seule nation même s’il y a 50 états. En France il n’y a qu’une seule nation même s’il y a 26 régions et 100 départements.
Je vous invite à faire vos propres recherches sur le sujet pour savoir ce qu’est une nation aux yeux, par exemple, de l’Organisation des Nations Unies.
Pour ce qui est de la nation québécoise, puisque vous me demandez mon avis, je dirais tout simplement que les plus limpides réponses se trouvent dans la reconnaissance, par l’Assemblée nationale du Québec d’abord puis par la Chambre des Communes, le 27 novembre 2006, du fait que les Québécois forment une nation (au sein d’un Canada uni, dans le cas de la reconnaissance par la Chambre des Communes).
Alors tous s’entendent pour dire que les Québécois forment une nation. Maintenant quand vous me demandez qui est québécois la réponse est plutôt simple. Je dirais qu’est québécois tout individu qui est considéré comme citoyen québécois et qui a le droit de vote lors des élections québécoises. D’ailleurs tous les québécois ont le droit de vote lors des référendums. Cet exercice n’est pas réservé qu’à un type particulier de québécois.
Au Canada les territoires provinciaux sont considérés comme des entités appartenant aux provinces parce que l’existence des provinces précède la création du Canada. Les provinces se sont rassemblées pour créer le Canada, en bonne partie pour pouvoir résister à l’attraction des États-Unis. Les provinces se sont donc rassemblées pour former une entité nouvelle sans pour autant renoncer aux droits de possession de leurs territoires respectifs. Ce n’est pas le Canada qu’on connaît actuellement qui s’est subdivisé en provinces qui n’auraient alors été que des divisions administratives réparties sur un territoire appartenant au Canada. Pour cette raison la nation québécoise peut obtenir sa pleine souveraineté par la voie démocratique et ce, quelles que soient ses motivations.
D’un autre côté ce qui est valable pour le Québec l’est tout autant pour les autres provinces. Même s’il n’y a pas de nation albertaine, manitobaine, ontarienne, néo-écossaise ou terre-neuvienne, rien n’empêche les populations de ces provinces, et des autres provinces, de devenir souveraines si elles le désirent, quelles qu’en soient les raisons. D’ailleurs il y a des mouvements souverainistes plus ou moins puissants et plus ou moins connus dans de nombreuses autres provinces ou régions du Canada. Il pourrait également y avoir un mouvement souverainiste québécois parfaitement légitime même s’il n’y avait pas de nation spécifique au Québec ou si le Québec en entier ne parlait qu’anglais. Par contre les beaucerons ne peuvent pas se séparer du Québec parce qu’ils habitent un territoire qui appartient au Québec. C’est le même problème pour les francophones des autres provinces et pour les acadiens. C’est également ce qui rendrait impossible la partition de n’importe quel territoire provincial.
Ne venez pas me dire que la nation québécoise n’est pas une véritable nation parce qu’elle est fortement métissée. Toutes les nations ou presque sont fortement métissées et ce n’est pas ce qui les amène à douter de leurs statuts de nations. Ne venez pas non plus me dire comme Justin Trudeau que le nationalisme est un concept dépassé. Regardez plutôt ce qui se passe dans le monde actuel. Malgré la mondialisation du commerce, des communications, de la culture et de l’économie, il apparaît ici et là, régulièrement, de nouveaux états-nations. Il n’en disparaît jamais et ne s’en fusionnent jamais, sauf dans les rares cas de nations séparées par des guerres et qui reviennent ensemble lorsque ça redevient possible. Il n’y a jamais eu autant d’états-nations et il n’y a jamais eu autant de nations qui aspirent à le devenir. Ça veut dire quelque chose. Ça signifie sans doute que chaque nation, que chaque culture a le goût de s’exprimer au grand jour, de prendre sa destinée en main et de participer à la diversité qui fait la richesse de l’humanité. (Snif… Snif… Comme vous dites).
Alors ce ne sont pas ceux qui parlent français qui veulent se séparer de ceux qui parlent anglais. Ce que vous suggérez là n’a pas de sens. Ça reviendrait à dire qu’on prend un kilo de sel et un kilo de poivre, qu’on mélange bien le tout, qu’on étend le mélange sur une table et qu’on dit que ce qui est blanc c’est le Québec alors que ce qui est noir c’est le Canada. Joli problème n’est-ce pas?
Il est infiniment plus simple de prendre un territoire précis, juridiquement bien défini comme le Québec, de dire que tous ceux qui y sont citoyens juridiquement reconnus sont des québécois, que tous les québécois sans exception ont le droit de voter lors d’un référendum et que tous se plieront à la volonté exprimée par la majorité. Bien sûr il y aura toujours des insatisfaits mais ils devront se soumettre à la volonté de la majorité, comme les souverainistes l’ont fait, même si ce n’était pas facile, en 1980 et en 1995. C’est ça la démocratie. C’est la loi de la majorité. Ce n’est pas toujours agréable d’accepter de suivre une majorité dont on ne partage pas les intérêts et les convictions. Quelles seraient les alternatives? L’anarchie où tous font ce qu’ils veulent? La dictature où personne ne fait ce qu’il veut? Je préfère encore une démocratie imparfaite et parfois frustrante, en autant que ce ne soient pas toujours les mêmes qui règnent et les mêmes qui écopent ou qui subissent.
Voilà Monsieur St-Onge quel est mon point de vue. Mais ce n’est qu’un point de vue parmi tant d’autres. Je ne possède pas la science infuse. Et vous?
@ M Mitriou
Merci de votre point de vue.
Je conclus ma participation à cette rubrique en soulignant que je souhaite que ceux qui voteront Bloc le fasse avec l’intime conviction qu’il le font comme un vote en faveur de la souveraineté et rien d’autre. Le résultat sera dès lors un sondage clair sur l’avancement de cette option.
Ce qui n’est pas le cas actuellement. Je sais que beaucoup voteront pour le Bloc et ne voteront pas pour le PQ. C’est contradictoire mais c’est comme ça.
Je déplore que les partis fédéralistes n’ont pas poussé M. Duceppe à préciser cette option plus loin…
Une petite sugestion intéressante pour vous chers amis internautes…
http://www.travail.gouv.qc.ca/actualite/conciliation_travail_famille/index.html
Il s’agit d’un site officiel (Travail Québec) très pertinent au sujet de la conciliation travail-famille.
J’avais oublié ce sujet dans les enjeux possibles pour la campagne électorale actuelle !!! Ben oui, un enjeu de plus !!!
C’est pas parce que je ne suis pas papa que c’est un enjeu à oublier… 😉
Pour un souverainiste pur et dur le scénario idéal est que Harper obtienne une très forte majorité dans le reste du Canada et que le Bloc emporte la totalité du Québec.
Dans le climat d’insécurité mondiale ce n’est pas un scénario impossible. La prime à l’urne comme on dit. Devant le danger on serre les coudes. Puisque les québécois le font avec le Bloc, les autres canadiens pourraient tout aussi bien le faire avec le PCC. Pourquoi pas ?
Notre pur et dur anticipera ainsi que Harper sera aussi vilain qu’on veut bien le dire, qu’il se vengera du Québec de toutes les façons imaginables et que la situation deviendra impossible.
Ce qui permettra de démontrer que –on vous l’avait bien dit, ça ne marche pas- avec l’espoir que les Québécois se jetteront massivement dans les bras de la souveraineté.
À moins que Monsieur Duceppe ait en tête quelque chose qui ressemblerait au gouvernement à l’époque du Haut et du Bas Canada. Ce qui nous amènerait dans une toute autre direction…
On verra bien le 14 …
Monsieur St-Onge, votre commentaire est intéressant, mais vous fabulez.
Que Stephen Harper obtienne une majorité et votre bel espoir de voir votre cause y gagner ne se réalisera pas.
Puis-je très respectueusement vous enjoindre à aller visiter un précédent billet de Mme Legault intitulé « Jour 31: Flanagan parle! », notamment mon commentaire en 6e position? Vous trouverez là de quoi repenser très sérieusement votre idée qu’une victoire majoritaire de Stephen Harper pourrait servir indirectement vos intérêts.
Madame Marie-Andrée Gauthier, avec laquelle je mène un « combat » pour la survie de la démocratie à la veille d’une élection dont l’enjeu dépasse de loin toutes celles ayant précédé, y fournit des liens (remontez à ses commentaires) vers des textes qui vous feront très bien comprendre le danger d’un gouvernement conservateur majoritaire.
Mme Gauthier et moi, bien que d’idéologie politique divergente, sommes résolument ensemble devant l’urgence de sauvegarder l’essentiel, notre trésor commun, notre démocratie et notre liberté de penser.
Allez voir et revenez nous faire part de vos impressions.
@Claude Perrier
J’expose simplement un scénario possible. Ce qui ne veut pas dire que j’y adhère…. mais je crois que plusieurs québécois votent avec cette idée en arrière-plan. Sinon les libéraux auraient une beaucoup plus grande audience au Québec. Ce qui ne semble pas le cas pour l’instant. À moins d’un retournement d’ici mardi… ce qui est toujours possible à mon avis.
Par ailleurs, vous me semblez un peu inquiet sur le sort de la démocratie. Je ne crois pas qu’un descendant d’Hitler soit débarqué dans la région.
Néanmoins j’ajoute que le résultat des élections américaines aura un effet très structurant sur le premier ministre du Canada, quel qu’il soit. Si nous avons Harper et que les républicains l’emportent vous avez (peut-être) raison. Ils devraient s’entendre comme larrons en foire. Dans le cas contraire c’est à voir.
La seule chose qui me semble certaine c’est que le contexte mondial est extrêmement volatil à tous les niveaux. Tout peut virer dans une direction ou une autre et ce pour des motifs très superficiels. Ce qui laisse croire que les résultats pourraient être très surprenants mardi et tout aussi surprenants aux USA un peu plus tard en novembre.
Qu’on le veuille ou non nous sommes tous ensemble dans une drôle de galère, et nous l’avons tous voulu ainsi… n’est-ce pas…
Effectivement, je suis extrêmement inquiet quant à l’avenir de notre démocratie advenant un gouvernement conservateur majoritaire.
Et quiconque a lu l’article de fond du Walrus (dont Mme Gauthier fournit le lien dans le billet de Mme Legault intitulé « Jour 31: Flanagan parle! ») ne peut qu’être tout aussi inquiet.
À moins que cela ne vous plaise que des fondamentalistes religieux d’extrême-droite ne dictent, depuis les coulisses du pouvoir, sa ligne de conduite au gouvernement.
@ Claude Perrier et Robert St-Onge
Je suis une indépendantiste. Rien ne fera changer d’idée à ce sujet.
Voilà pourquoi, même si Monsieur Perrier est fédéraliste (ce qui n’est pas une tare à mes yeux lorsque la personne sait exprimer les raisons de son choix), je suis en total accord avec lui lorsqu’il dit que Harper est un homme dangereux comme vous ne pouvez l’imaginer.
Lisez l’article que j’ai proposé et que Monsieur Perrier vous propose à nouveau.
Bien sûr, on peut toujours rêver… Votre idée d’un Québec entièrement Bloc Québécois et le reste du Canada tout conservateur relève de la pensée magique et, j’ose le dire, d’un « manichéisme délirant ». Tout n’est pas que Bien ou Mal, Noir ou Blanc…
Cependant, Harper pourrait bien être classé dans ce qu’il y a de plus sombre… Informez-vous en lisant cet article pour le moins terrifiant de Walrus, très bien documenté d’ailleurs.
Bon samedi !
@ Marie-Andrée Gauthier
Très bien envoyé!
Et lorsque deux personnes aux opinions politiques si diamétralement opposées unissent leur voix, comme vous et moi le faisons depuis quelques jours déjà, c’est qu’il doit certainement y avoir péril en la demeure…
Espérons que nos efforts porteront fruit.
(Note: Et, quand toute cette menace aura enfin été conjurée – ce que j’espère vivement! – j’aurai le plus grand plaisir à discuter avec vous de ces opinions qui, très regrettablement, nous opposent. Je n’apprécierais rien davantage qu’un échange d’idées avec une personne aussi agréable et sensée que vous. Si cela vous agrée, bien entendu…)
Chère Madame Legault,
Merci bien de nous lire « avec grand plaisir », comme vous l’écrivez.
Parce que j’ai souvent été quelque peu mal à l’aise relativement à un certain envahissement de votre espace pour échanger avec d’autres membres des opinions n’ayant parfois pas grand-chose à voir avec votre billet…
Mais si, malgré tout, vous lisez tout cela « avec grand plaisir », cela me rassure…
@ Claude Perrier
Cela me convient, bien sûr !
On remet cela à plus tard… Nous aurons à nous reposer après ces élections… à digérer surtout les résultats… à analyser…
Espérons que nous serons heureux des résultats mardi soir en fin de soirée !
À bientôt !
@ Marie-Andrée Gauthier
Peut-être cela vous intéressera-t-il de savoir que j’ai aussi fait part de nos préoccupations dans Hour.ca, dans la rubrique « Babylon, P.Q. ».
Question de mettre en garde nos amis anglophones.
Bonne (très belle!) journée.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/lysiane-gagnon/200810/11/01-28683-le-bloc-ou-la-vie-revee.php
Un billet tres interessant.
Ça ne sert plus à rien Mme Teasdale de Calgary. Le Québec donnera son 4% à votre ami Harper ce mardi 14 octobre. Gardez vos forces pour fêter chez-vous !
Enfin, Madame Teasdale, vous apportez une contribution valable à nos débats!
Merci, et si cela dénote d’une nouvelle attitude de votre part, vous êtes la bienvenue ici. Les opinions divergentes sont tout autant appéciées que celles généralement convenues.
(P.S.: You do remember me, don’t you? Thought so…)
@ Marie-Andrée Gauthier
Donnons tout de même une petite chance à Madame Teasdale de s’amender… D’ailleurs, plus elle s’exprime de façon compréhensible, plus on peut se rendre compte du fossé qui nous sépare de sa perception des choses.
Ce qui ne peut que servir nos véritables intérêts, il me semble.
Nous n’avons pas les mêmes intérêts, sauf la démocratie, Monsieur Perrier, ne l’oubliez jamais…
Cette dame sévit sous divers pseudos dans beaucoup de forum pour faire passer son Harper et mépriser les Québécois… Je ne vais tout de même pas me rouler dans la fange avec cette Dame…
Vous avez oublié note cause commune: pas de Harper…
Reprenez-vous et faites le tri parmi vos priorités, je vous en prie !
Une pause pour moi aussi… mais ce sera pour mercredi
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Il y en a qui comprennent et admettent d’emblée des évidences et d’autres qui ne les comprennent jamais ou ne les comprennent pas au bon moment. Il y a au Québec un bloc quasi inébranlable de souverainistes convaincus. Ils représentent probablement la majorité des québécois francophones. De plus, ce sont généralement des gens très ou au moins moyennement politisés. Si on ne tient pas compte des gens qui ne se considèrent pas québécois, des gens dont la seule conscience politique consiste à voter une fois par 4 ans et de tous ceux que la politique laissent parfaitement indifférents, on comprend que la masse des souverainistes, dans l’ensemble des gens politisés et politiquement un tant soit peu actifs, dépasse très largement la majorité dans notre échantillon significatif retenu.
Les souverainistes ne sont généralement pas des électeurs qu’on peut appâter facilement avec quelques bonbons fiscaux, quelques douceurs législatives ou quelques hochets sémantiques insignifiants. C’est loin d’être une particularité des souverainistes québécois. Tous les souverainistes du monde sont des gens fortement attachés à leurs convictions. La rage d’une nation (ou d’un grand groupe d’éléments d’une nation) éveillée qui revendique le droit d’exister comme entité entièrement autonome n’a probablement d’égal que l’attachement viscéral d’un groupe à ses croyances religieuses profondes.
Oui les indécis et les fédéralistes inconditionnels peuvent se laisser séduire indifféremment et sans retenue par n’importe quel parti fédéraliste ou presque, les différences entre les uns et les autres étant relativement secondaires. Mais comment les fédéralistes peuvent-ils croire que les souverainistes vont quitter en masse leur navire pour s’aventurer sur de nouvelles embarcations où personne ne les comprend et où ils doivent, à tout moment, surveiller leurs arrières pour éviter d’être poignardés dans le dos ? Comment des analystes sérieux en sont-ils arrivés à penser que les souverainistes allaient déserter en masse le seul navire qui n’est authentiquement que le leur.
Après avoir gouverné le Canada pendant près de 3 ans, après avoir probablement fait des efforts notables réels pour comprendre les québécois (autant fédéralistes, nationalistes que souverainistes), Stephen Harper disait il y a quelques jours qu’il ne comprenait toujours pas la très grande majorité des québécois. Ce n’est pourtant pas étonnant. Il n’arrivera probablement jamais à comprendre vraiment les québécois parce qu’il n’est tout simplement pas québécois. Je ne crois pas qu’il y ait non plus de nombreux québécois qui comprennent les albertains, les terre-neuviens, les prince-édouardiens, les saskatchewanais ou les yukonais. C’est toujours très difficile de comprendre ce qui ne nous ressemble pas. Stephen Harper a vraiment pensé qu’il pouvait nous amadouer en nous reconnaissant comme une nation dans un Canada uni, en nous accordant un siège purement virtuel à l’UNESCO et en soulageant temporairement le déséquilibre fiscal entre Ottawa et Québec.
Je ne veux pas faire partie d’une nation conditionnelle, subordonnée aux conditions imposées par une autre nation. Je ne veux pas d’un siège à l’UNESCO que je dois partager avec une très forte majorité issue d’une autre nation. Je ne veux pas qu’une autre nation soulage temporairement mon déséquilibre fiscal. Je veux des points d’impôts et un accès à tout ce qui pourra solutionner définitivement mon déséquilibre fiscal. Et même si on nous donnait une reconnaissance inconditionnelle de notre statut de nation, qu’on nous donnait un siège propre et entier à l’UNESCO, qu’on nous transférait des points d’impôts, je ne serais pas plus satisfait.
Comme la plupart des souverainistes je veux rien de moins que la souveraineté. Alors, le Parti Conservateur ne pourra jamais me donner ce que je désire. Pourquoi de mon côté je lui donnerais mon vote ? Du côté du Parti Libéral ce n’est pas mieux. Stéphane Dion comprend probablement plutôt bien les souverainistes québécois. Malgré qu’il affirme depuis peu qu’il est un nationaliste québécois, il a choisi son camp depuis longtemps et a choisi également sa stratégie d’approche face aux souverainistes. Ce choix c’est la confrontation, la menace partitionniste, le chantage nébuleux à la clarté. À quelques jours du vote notre nouveau nationaliste québécois révèle à nouveau son attachement envers la confrontation en ramenant sur les tribunes, avec lui, Jean Chrétien et son aréopage de matamores casseurs de souverainistes et disciplines de la commandite. Il ne manque que les apparitions d’Alphonso Gagliano, de Pierre Pettigrew et autres chantres anti-souverainistes pour compléter le tableau. À mon sens Stéphane Dion a fait une grave erreur en ramenant des grands disparus sur scène avec lui, dans les derniers milles de la présente course. Stéphane Dion avait presque réussi à nous faire oublier l’ancienne équipe libérale qu’on avait tant de plaisir à oublier. Stéphane Dion n’aura pas le vote du souverainiste que je suis et je ne vois pas le jour où les libéraux pourront me le soutirer.
Les néo-démocrates sont trop centralisateurs et ne s’attardent pas réellement au problème québécois. Ils n’auront pas mon vote de sitôt. Les verts ? Étant fort soucieux des questions environnementales, je me dis qu’on s’en sortirait mieux dans un Québec souverain qui a déjà une bonne longueur d’avance sur le Canada en matière d’environnement. Et je n’ai pas envie d’attendre après l’autre nation. En définitive, il n’y a aucun parti politique à l’échelle canadienne qui puisse satisfaire les aspirations des souverainistes québécois ou même tout simplement des nationalistes québécois. Il n’y en a ni ici, ni maintenant, ni à l’horizon. Et Gilles Duceppe a parfaitement raison.
Ce n’est pas la faute des souverainistes si les partis fédéralistes canadiens n’arrivent pas à nous vendre leur salade. Les uns choisissent depuis toujours la confrontation. Ce ne peut mener nulle part car ça ne fait qu’accentuer l’acrimonie entre les deux camps et aucun des deux camps ne va s’évaporer, comme par magie, du jour au lendemain, même si c’est ce qu’on semble bêtement espérer des deux côtés. Il y a ceux qui choisissent de ne jamais aborder le problème de façon sérieuse (le NPD), comme si un problème ignoré était un problème résolu. Il y a ceux qui donnent un peu, plus souvent qu’autrement des « objets » purement symboliques, mais qui, parce qu’ils ne pourront jamais se permettre de déplaire à la vaste majorité de leurs électeurs canadiens, ne pourront jamais satisfaire une majorité de québécois.
Il est impossible d’envisager des changements constitutionnels profonds pouvant satisfaire un tant soit peu les québécois parce que le fruit n’est pas mûr, que le terreau n’est pas fertile, que la majorité canadienne n’est pas prête, que le vent ne souffle pas du bon côté, que le café n’est pas prêt, que le bateau coule, que le vernis de la table n’est pas sec, que la voiture du premier ministre manitobain ne démarre pas, que le premier ministre néo-écossais est embourbé dans la neige, parce que le conseiller principal du premier ministre est parti à la chasse et qu’il est impossible de la rejoindre sur son cellulaire défectueux, parce que l’activité solaire provoque une tempête magnétique empêchant les communications de fonctionner, parce que l’épouse du premier ministre canadien vient de se faire enlever par les extraterrestres, parce que la plomberie vient de lâcher au 24 Sussex, parce que le premier ministre du Yukon vient de découvrir qu’il est cocufié par sa femme avec le premier ministre de Terre-Neuve, parce que le principal conseiller du premier ministre de l’Ontario vient d’apprendre que Brad Pitt et Angelina Jolie viennent lui rendre une visite non annoncée, parce que… Parce que… Parce que Mars attaque…
Le Canada est tellement vaste et tant de choses peuvent survenir à tous moments que des pourparlers constitutionnels sérieux pouvant aboutir à quelque chose de concret et de substantiel pour le Québec sont, dans les faits, pratiquement impossibles. Ceux qui nous disent que le fruit n’est pas mûr savent très bien qu’il ne le sera probablement plus jamais. En réalité ils attendent plutôt que le fruit souverainiste se détache de l’arbre, qu’il tombe directement par terre ou en bifurquant sur la tête de Newton, qu’il roule un peu sur l’herbe puis dans la boue d’un chemin de terre, qu’il soit écrasé par un gros camion, qu’il pourrisse rapidement sur place ou qu’il soit entièrement dévoré par les insectes et les bactéries afin qu’il disparaisse complètement.
Malheureusement pour les fédéralistes ce scénario ne se réalisera pas. D’un autre côté les fédéralistes ne parviendront jamais à mettre assez de substance sur la table constitutionnelle pour satisfaire les aspirations légitimes de la nation québécoise. Alors, elle est où la solution ? Je n’en vois aucune autre satisfaisante que la souveraineté du Québec. Elle se fera le jour où la majorité des québécois et des québécoises se rendront à l’évidence qu’il n’y a pas d’autre ou de meilleure solution. L’attente peut être encore longue. Elle peut également être très courte. En politique tout peut changer très rapidement. Au début de cette campagne électorale ils étaient nombreux à croire que les conservateurs allaient gagner du terrain au Québec, au détriment du Bloc Québécois. En fin de course la situation n’est plus du tout la même. C’est peut-être parce qu’encore une fois les québécois ont déchanté en constatant que les différentes versions possibles du Canada qu’on nous propose, encore et encore, ne cadrent absolument pas avec les désirs et les aspirations de la nation que nous sommes.
Cette campagne électorale n’aura peut-être servi qu’à faire la preuve, une fois de plus, que la Canada c’est bon pour les canadiens mais pas pour les québécois. À force de nous démontrer leur impuissance à nous satisfaire, les partis fédéralistes vont peut-être finir par engendrer plus de souverainistes que n’arrivent à le faire, eux-mêmes, les partis souverainistes.
@Paolo Mitriou..Tout a fait d’accord avec vous.
C est probablement l écrit le plus compréhensible que j ai vu ici depuis longtemps.
J ai tout compris.
Mais le probléme n est pas nous , mais vous québécois.
Nous sommes prets a vous laisser partir et de plus en plus, avec des regrets, mais 1995 c était le siècle dernier et 2008 c est maintenant.
Il y a une fatigue séparatiste incroyable dans le ROC, maintenant que Mme Marois avait mis la séparation hors sujet, on s est dit Peace for a while mais avec la résurgence du Boc
HERE WE GO AGAIN mais ils sont a Ottawa, ils ne peuvent rien faire
@ Marie-Andrée Gauthier
Who elected you GOD ???
@ Louise Teasdale
Merci pour vos bons commentaires!
Vous n’avez pas tort en affirmant que c’est nous, les québécois, qui n’arrivons pas à nous décider enfin à opter pour la souveraineté. Quand je dis « nous » vous devinez que je réfère à l’ensemble de la nation québécoise. Presque la moitié de « nous » avons opté pour la souveraineté en 1995. Par contre, nous, les souverainistes québécois, avons choisi à 100% cette option, sans aucune hésitation. Je veux juste faire remarquer que lorsque j’utilise le « nous » je réfère parfois à la nation québécoise dans son ensemble et parfois uniquement à « nous », la portion souverainiste de la nation québécoise. Ce n’est pas toujours très clair dans mes écrits.
Je comprends très bien la « fatigue séparatiste incroyable du ROC » face aux velléités souverainistes d’un large pan de la nation québécoise. Je me dis souvent que si nous n’arrêtons pas de parler de souveraineté sans jamais passer aux actes, le ROC va finir par nous sortir de force du Canada. Lors du premier référendum sur la souveraineté du Québec, en 1980, la nation québécoise était probablement encore trop adolescente pour oser quitter le nid canadien. En 1995 la nation québécoise était peut-être rendue au stade adulescent, une nation mi- adolescente et mi-adulte, une nation de « Tanguy » assez âgée pour quitter le nid familial mais encore trop hésitante à le faire, par immaturité, par paresse ou par insécurité. Sincèrement je crois que la prochaine fois sera la bonne. Dans le cas contraire il y aura toujours une autre fois, puis une autre et encore une autre jusqu’à l’objectif final parce que c’est dans la nature des choses, tout simplement, et parce qu’il y aura toujours une nouvelle génération qui voudra se prononcer à son tour sur le sujet. Alors, ou bien la prochaine fois nous disons majoritairement oui ou bien c’est le Canada qui nous montrera la porte. Si je dis que c’est dans la nature des choses c’est simplement parce que je crois qu’une nation ne peut pas éternellement accepter d’être sous la tutelle d’une autre nation, surtout quand il s’agit de deux nations si différentes. Parce que c’est une évidence, la majorité des québécois vont finir par l’accepter comme telle et finir par agir en conséquence. Je suis convaincu, plus que jamais, que le 15 octobre prochain, les québécois vont se rendre compte que les différences énormes entre les deux nations, entre les deux solitudes, n’auront jamais été aussi évidemment perçues comme étant aussi peu conciliables. Les souverainistes mais aussi les nationalistes québécois (les deux ensemble forment une très vaste majorité des québécois) vont se rendre compte que le Canada ne pourra jamais offrir au Québec ce qu’il désire et ce qui lui revient de droit, en toute logique. La présente élection fédérale est, à mon sens, peut-être la dernière opportunité offerte aux partis politiques fédéraux (autres que le Bloc Québécois évidemment) de proposer quelque chose de substantiel et de parfaitement acceptable pour le Québec. Aucun de ces partis ne l’a fait ni même pensé sérieusement à le faire. Et vous savez quoi? Je trouve tout à fait normal qu’il en soit ainsi. Une nation ne peut pas se dépouiller d’une partie d’elle-même ou d’un partie de ses pouvoirs au détriment d’une autre nation. Chacune des deux nations doit être en mesure de jouir de tous les pouvoirs nécessaires pour assurer sa pérennité. C’est pour cette raison que je crois qu’il n’y a pas de place pour le Québec dans le nid canadien. Ce n’est ni bon pour le Québec ni bon pour le Canada. Ce n’est pas plus compliqué que cela tout en n’étant pas plus simple. De deux choses l’une; ou bien les québécois forment une nation et finissent par agir en conséquence ou bien nous ne sommes plus une nation, nous faisons marche arrière, nous devenons des canadiens comme les autres et nous agissons en conséquence. Cette dernière option est improbable parce que nous formons bel et bien une nation et qu’il ne peut en être autrement, que nous le voulions ou non.
Je suis content que vous me fassiez remarquer que vous êtes prêts à nous laisser partir, même avec regrets. Nous partirons peut-être également avec un certain regret, celui de ne jamais avoir pu être entièrement ce que nous sommes dans un pays qu’on aurait pu partager même s’il n’y a pas vraiment d’exemple de réussite d’un pays partagé entre deux nations. Je trouve que les québécois et les canadiens perdent un temps fou à essayer d’inventer des modèles qui n’existent nulle part ailleurs et qui n’ont d’ailleurs aucune raison pertinente d’exister. Pourquoi inventer un modèle complexe quand il serait infiniment plus simple de vivre en très bons amis dans deux pays souverains, toujours voisins l’un de l’autre?
Je suis content que vous me fassiez remarquer que vous êtes prêts à nous laisser partir. Malheureusement j’ai bien l’impression que vous ne parlez que pour vous-même. L’expérience que nous avons ici au Québec nous indique depuis toujours le contraire. Les gouvernements canadiens successifs ont toujours tout mis en oeuvre pour nous dissuader fortement de choisir la voie souverainiste. Tout y est passé, depuis le chantage économique jusqu’au chantage émotif, en passant par des menaces visant à isoler le Québec sur la scène internationale, des menaces visant à promouvoir la partition du Québec, l’annonce de fuites massives des capitaux investis au Québec, des annonces répétées d’écroulement de l’économie québécoise en raison de l’incertitude politique, des menaces de perdre nos acquis sociaux dont nos pensions de vieillesse, des menaces de fermer les marchés entre le Canada et le Québec, des menaces de demander notre exclusion des grandes ententes de marchés économiques communs dans les deux Amériques, des menaces de recours judiciaires et constitutionnels pour invalider les décisions de la majorité, des menaces de contester la légitimité du processus référendaire, des menaces de contester les résultats sur des bases nébuleuses de la clarté de la question, des menaces de ne pas reconnaître une victoire par une majorité simple, des menaces d’arrêter de nous aimer et bien d’autres que j’oublie.
Si l’ensemble du ROC manifestait la même franchise et la même ouverture d’esprit que vous semblez manifester à l’endroit du Québec, je crois que nous serions de bons pays voisins depuis belle lurette. C’est en bonne partie la peur qui a poussé à deux reprises de très nombreux québécois à se refuser un nouveau pays propre à eux.
Quand on est vraiment souverainiste on l’est jusqu’à la souveraineté, peu importe qu’on soit en 1980, en 1995 ou en 2008. Le problème étant toujours fondamentalement le même, la solution demeure également la même. Je ne sais pas ce qu’on raconte dans le ROC mais Pauline Marois n’a jamais mis la séparation « hors sujet ». La question de la souveraineté du Québec n’appartient à personne en particulier, pas plus à Madame Marois qu’à Gilles Duceppe. Cette question appartient à la nation québécoise, à elle seule et à personne d’autre. Tout ce qu’a fait Madame Marois c’est de soustraire du programme du Parti Québécois l’obligation de tenir un autre référendum sur la souveraineté du Québec lors d’un éventuel prochain mandat d’un gouvernement du Parti Québécois. Le gouvernement formé par le Parti Québécois ne serait pas obligé de tenir un autre référendum mais cela ne veut pas dire qu’il ne pourra pas en tenir un s’il juge, disons, « que le fruit est mûr ».
Il n’y a pas non plus à proprement parler de résurgence du Bloc Québécois en ce moment. En fait le Bloc Québécois est présent à Ottawa depuis 1993 et a toujours fait élire une majorité de députés québécois à Ottawa. Bien que les adversaires du Bloc Québécois remettent continuellement en question la pertinence de ce parti, celui-ci a toujours maintenu ses appuis auprès des québécois à-peu-près au même niveau, à peu de différence près. Il n’est pas exact non plus de dire que le Bloc Québécois ne peut rien faire à Ottawa. Le seul mandat que s’est toujours donné ce parti est de promouvoir et de défendre les intérêts du Québec à l’intérieur du Canada. Il s’est toujours très bien acquitté de cette tâche. S’il en était autrement ce parti serait disparu depuis longtemps.
Stephen Harper est venu nous dire à quelques jours du scrutin qu’il nous aimait, nous les québécois. C’est bien possible. Ils sont très nombreux à nous dire qu’ils nous aiment dans ce pays. De notre côté nous demandons simplement des preuves de cet amour, des gestes concrets et positifs à l’endroit du Québec. Le Bloc Québécois ainsi que tous les partis politiques du Québec, y compris les plus fédéralistes, répètent inlassablement depuis bien avant ma naissance, en 1956, quelles sont les attentes du Québec mais Stephen Harper, Stéphane Dion et Jack Layton font la sourde oreille. L’actuel premier ministre du Québec, un ancien chef du Parti Conservateur du Canada, vient à peine de reformuler clairement une partie des demandes les plus urgentes du Québec à Ottawa et Monsieur Harper s’est contenté de répondre qu’il avait autre chose à faire que d’écouter les demandes du Québec. Monsieur Harper nous aime mais n’est pas intéressé à nous écouter. En plus il vient nous dire qu’il ne nous écoutera pas davantage et que nous n’aurons pas notre juste lot de ministres si nous ne lui donnons pas assez de députés à son goût. C’est ce genre d’attitude qui accélère le mûrissement des fruits souverainistes. Et c’est bien tant mieux en ce qui me concerne. Je veux que le Québec devienne souverain le plus tôt possible, peu importe ce qui nous y mènera.
Si vous me le permettez je vais maintenant faire une autre petite pause jusqu’à mon prochain « commentaire-fleuve », ici ou ailleurs dans la blogosphère.
@ Marie-Andrée Gauthier
Oups… Faux pas? Non, petit malentendu plutôt.
Effectivement, notre intérêt commun est la démocratie et la menace à celle-ci s’appelle Stephen Harper. Et quand Mme T. vitupère quelque chose de façon un peu plus compréhensible qu’à son ordinaire, on constate encore davantage à quel point ses affinités sont aux antipodes des nôtres – celles qui nous rapprochent actuellement, à tout le moins.
Quant à ce qui malheureusement nous oppose, ce pourrait fort bien n’être qu’une question de route, d’itinéraire. Question épineuse, certes, mais rien de trop fondamental, tout de même. On verra bien un peu plus tard, lorsque la démocratie sera tirée d’affaire.
P.S.: Et vous avez absolument raison de ne pas vouloir vous « rouler dans la fange »… Ce serait trop salissant.
@ Monsieur Mitriou.. vous dites que je suis la seule a penser vous laisser partir quand au contraire une grande partie du peuple canadien après 1995 a complètement décidé que la question était baclée. Maintenant après 40 ans on n y pense meme plus.
Et ceux qui y pensent de temps en temps se disent, c est pas sérieux.ou simplement, what else is new???
Trop de séparatistes attendent et espèrent que nous les canadiens vous disent Allez en paix chers québécois, parce que vous n etes pas prets a le faire.Ce serait la solution rèvée pour les séparatistes mous.
Plus vous attendez moins ce sera facile, et ce seront les allophones qui auront la balance du pouvoir dans votre province, eux qui ont délaissés des pays en crise, ne veulent pas revivre ce scénario dans leur nouveau pays..
N oubliez pas que ces nouveaux jeunes meme nés ici sont élevés par des parents qui leur racontent ce qui se passait avant de venir.Nous avons de plus en plus d immigrants ici aussi et oui les jeunes portent le jeans et vont a l ecole publique mais ‘a la maison les parents demandent de respecter les coutumes ancestrales, on n a qu a voir le nombre de femmes voilées dans nos supermarchés et cela a 13 ans déj’a.
Le francais n est pas ma premiere lamgue j espere que vous comprendrez .
Duceppe dit que la Réforme du Senat est nuisible au Québec..
Expliquez moi.
@ Louise Teasdale
Je comprends très bien madame ce que vous écrivez. Je ne répondrai pas, point par point, à tout ce que vous affirmez dans votre dernier commentaire. Je me contenterai de vous donner raison sur certains de ces points dont je n’ai cependant pas le temps de préciser et de nuancer.
@ Paolo Mitriou
Bravo pour vos deux longs articles de fond ! Clairs, nets et précis !
@ Dame Tisdeale de Calgary
Non je ne suis pas une élue de Dieu, je laisse cela à votre groupe d’illuminés de l’extrême-droite religieuse.
@ Claude Perrier
Nous nous comprenons, enfin, je crois… Une chose est certaine, vous êtes un homme sincère à mes yeux.
@ M. Mitriou
Bel échange sur la pertinence ou non de la souveraineté. Bravo à tous ci-haut.
Tiens un petit pavé dans la mare…
Dans ce débat, il reste à préciser qui veut se séparer de qui ? Depuis les accomodements raisonnables qui peut dire avec précision ce que c’est qu’être Québécois ? C’est qui la nation au juste ?
Est-ce seulement ceux qui habitent à l’intérieur des frontières ?
Si c’est cela et qu’en même temps on nous dit que le Québec intra-muros est ouvert à toutes les nationalités et invite cordialement tout le monde et sa mère à venir y habiter … alors le Québec devient représentatif du monde entier.
… et ça devient un peu absurde de se séparer … du monde entier… puisque c’est comme si on se séparait de soi-même.
Alors faut répondre à cette question autrement.
Bon disons que ceux qui veulent se séparer des autres sont ceux qui… parlent français…. Et qui chantent en choeur Mon pays… et cette belle chanson de Pauline Julien … et cette autre de Claude Gauthier… snif, snif..
Sur cette base, pourquoi se limiter à ceux qui parlent français à l’intérieur des frontières. Pourquoi pas inviter les franco canadiens à se séparer avec nous. Les acadiens et les autres au Manitoba, etc.
Non c’est pas ça non plus. Bon, voyons ce que disent les purs et durs.
Les purs et durs diront que ceux qui sont concernés par la souveraineté sont exclusivement ceux qui habitent à l’intérieur des frontières du Québec et qui sont les descendants directs des français du début de la colonie et personne d’autre…. à la rigueur ceux qui se sont assimilés (pas intégrés, ASSIMILÉS) entièrement à ce groupe… ce qui implique les amérindiens et les Inuits qui devront passer dans la moulinette comme les autres.
Sur cette base ils nous diront que tous les autres qui habitent à l’intérieur des frontières et ne font pas partie de ce groupe, et bien… ils en feront automatiquement partie et devront suivre. Voilà !
Nos purs et durs nous expliqueront que c’est la seule façon d’être clair … en oubliant de préciser que c’est cette attitude qu’ils dénoncent des autres canadiens…
Quel est votre point de vue Monsieur Mitriou ?
@ Robert St-Onge
J’ai vu tout au long de la présente campagne électorale, un peu partout en maints endroits de la blogosphère, ce type de question revenir très fréquemment. Chacun y allait de sa fantaisie non pas pour clarifier avec précision ce qu’est la nation québécoise mais plutôt pour suggérer que si la nation québécoise existe il y avait probablement, tout aussi bien, une nation acadienne, une nation canadienne française, une nation albertaine, une nation Britanno-Colombienne, une nation Prince-Édouardienne, une nation Ténoise, une nation Néo-Brunswickoise, des dizaines de nations autochtones, une nation francophone hors Québec, une nation Franco-Manitobaine et même une nation Beaucerone ou autre élucubration du genre. Il ne manque pour compléter le tableau que des propositions de nations du genre de la nation Est-Yukonaise parlant un brin la langue des Vikings et adorant les biscuits aux pépites de chocolat blanc.
Comment pourrais-je savoir avec exactitude ce qu’est une nation puisque, plus que jamais d’ailleurs, cette notion fait l’objet d’une multitude de définitions qui changent ou qui évoluent tellement qu’aucun dictionnaire ou encyclopédie n’arrive à en fixer des contours précis et immuables. Lorsque j’ai complété mes études en science politique vers le début du milieu des années ‘80, on travaillait alors avec une définition relativement claire et relativement stable. Le concept de nation rassemblait quelques éléments assez précis tels un groupe important d’individus partageant un territoire commun bien défini, une histoire commune, une culture commune, une langue commune et surtout un sentiment d’appartenance à la nation concernée. Évidemment, le mélange important des cultures occasionné par les forts mouvements de populations nécessaires observés à notre époque fait en sorte que les contours de la nation deviennent en partie flous même s’ils demeurent toujours la base servant à définir la nation. En fait il devient presque plus facile de considérer toutes les suggestions de nations et de les éliminer une par une en fonction d’un critère majeur absent. Aussi, si je part du principe que la notion de territoire commun précis est essentielle pour identifier une nation, je peux conclure que les québécois, parce qu’ils occupent effectivement un territoire commun précis, possèdent au moins un premier élément le qualifiant pour être une nation. Les adorateurs de biscuits aux pépites de chocolat blanc ne forment pas une nation parce qu’au départ il ne possèdent pas un territoire juridique qui leur soit propre. C’est exactement le même problème avec les Beaucerons, avec les francophones hors Québec ou avec les acadiens. Maintenant, pour toutes les provinces à majorités anglophones on peut parler d’une nation canadienne si on considère l’ensemble de ces provinces mais chacune de ces provinces n’est pas le territoire d’une nation spécifique, foncièrement distincte, d’une province à l’autre. Il n’y a pas une nation par province, sauf pour le Québec où la majorité partage une histoire, une culture, une langue et un sentiment d’appartenance communs. Aux États-Unis il n’y a qu’une seule nation même s’il y a 50 états. En France il n’y a qu’une seule nation même s’il y a 26 régions et 100 départements.
Je vous invite à faire vos propres recherches sur le sujet pour savoir ce qu’est une nation aux yeux, par exemple, de l’Organisation des Nations Unies.
Pour ce qui est de la nation québécoise, puisque vous me demandez mon avis, je dirais tout simplement que les plus limpides réponses se trouvent dans la reconnaissance, par l’Assemblée nationale du Québec d’abord puis par la Chambre des Communes, le 27 novembre 2006, du fait que les Québécois forment une nation (au sein d’un Canada uni, dans le cas de la reconnaissance par la Chambre des Communes).
Alors tous s’entendent pour dire que les Québécois forment une nation. Maintenant quand vous me demandez qui est québécois la réponse est plutôt simple. Je dirais qu’est québécois tout individu qui est considéré comme citoyen québécois et qui a le droit de vote lors des élections québécoises. D’ailleurs tous les québécois ont le droit de vote lors des référendums. Cet exercice n’est pas réservé qu’à un type particulier de québécois.
Au Canada les territoires provinciaux sont considérés comme des entités appartenant aux provinces parce que l’existence des provinces précède la création du Canada. Les provinces se sont rassemblées pour créer le Canada, en bonne partie pour pouvoir résister à l’attraction des États-Unis. Les provinces se sont donc rassemblées pour former une entité nouvelle sans pour autant renoncer aux droits de possession de leurs territoires respectifs. Ce n’est pas le Canada qu’on connaît actuellement qui s’est subdivisé en provinces qui n’auraient alors été que des divisions administratives réparties sur un territoire appartenant au Canada. Pour cette raison la nation québécoise peut obtenir sa pleine souveraineté par la voie démocratique et ce, quelles que soient ses motivations.
D’un autre côté ce qui est valable pour le Québec l’est tout autant pour les autres provinces. Même s’il n’y a pas de nation albertaine, manitobaine, ontarienne, néo-écossaise ou terre-neuvienne, rien n’empêche les populations de ces provinces, et des autres provinces, de devenir souveraines si elles le désirent, quelles qu’en soient les raisons. D’ailleurs il y a des mouvements souverainistes plus ou moins puissants et plus ou moins connus dans de nombreuses autres provinces ou régions du Canada. Il pourrait également y avoir un mouvement souverainiste québécois parfaitement légitime même s’il n’y avait pas de nation spécifique au Québec ou si le Québec en entier ne parlait qu’anglais. Par contre les beaucerons ne peuvent pas se séparer du Québec parce qu’ils habitent un territoire qui appartient au Québec. C’est le même problème pour les francophones des autres provinces et pour les acadiens. C’est également ce qui rendrait impossible la partition de n’importe quel territoire provincial.
Ne venez pas me dire que la nation québécoise n’est pas une véritable nation parce qu’elle est fortement métissée. Toutes les nations ou presque sont fortement métissées et ce n’est pas ce qui les amène à douter de leurs statuts de nations. Ne venez pas non plus me dire comme Justin Trudeau que le nationalisme est un concept dépassé. Regardez plutôt ce qui se passe dans le monde actuel. Malgré la mondialisation du commerce, des communications, de la culture et de l’économie, il apparaît ici et là, régulièrement, de nouveaux états-nations. Il n’en disparaît jamais et ne s’en fusionnent jamais, sauf dans les rares cas de nations séparées par des guerres et qui reviennent ensemble lorsque ça redevient possible. Il n’y a jamais eu autant d’états-nations et il n’y a jamais eu autant de nations qui aspirent à le devenir. Ça veut dire quelque chose. Ça signifie sans doute que chaque nation, que chaque culture a le goût de s’exprimer au grand jour, de prendre sa destinée en main et de participer à la diversité qui fait la richesse de l’humanité. (Snif… Snif… Comme vous dites).
Alors ce ne sont pas ceux qui parlent français qui veulent se séparer de ceux qui parlent anglais. Ce que vous suggérez là n’a pas de sens. Ça reviendrait à dire qu’on prend un kilo de sel et un kilo de poivre, qu’on mélange bien le tout, qu’on étend le mélange sur une table et qu’on dit que ce qui est blanc c’est le Québec alors que ce qui est noir c’est le Canada. Joli problème n’est-ce pas?
Il est infiniment plus simple de prendre un territoire précis, juridiquement bien défini comme le Québec, de dire que tous ceux qui y sont citoyens juridiquement reconnus sont des québécois, que tous les québécois sans exception ont le droit de voter lors d’un référendum et que tous se plieront à la volonté exprimée par la majorité. Bien sûr il y aura toujours des insatisfaits mais ils devront se soumettre à la volonté de la majorité, comme les souverainistes l’ont fait, même si ce n’était pas facile, en 1980 et en 1995. C’est ça la démocratie. C’est la loi de la majorité. Ce n’est pas toujours agréable d’accepter de suivre une majorité dont on ne partage pas les intérêts et les convictions. Quelles seraient les alternatives? L’anarchie où tous font ce qu’ils veulent? La dictature où personne ne fait ce qu’il veut? Je préfère encore une démocratie imparfaite et parfois frustrante, en autant que ce ne soient pas toujours les mêmes qui règnent et les mêmes qui écopent ou qui subissent.
Voilà Monsieur St-Onge quel est mon point de vue. Mais ce n’est qu’un point de vue parmi tant d’autres. Je ne possède pas la science infuse. Et vous?
@ M Mitriou
Merci de votre point de vue.
Je conclus ma participation à cette rubrique en soulignant que je souhaite que ceux qui voteront Bloc le fasse avec l’intime conviction qu’il le font comme un vote en faveur de la souveraineté et rien d’autre. Le résultat sera dès lors un sondage clair sur l’avancement de cette option.
Ce qui n’est pas le cas actuellement. Je sais que beaucoup voteront pour le Bloc et ne voteront pas pour le PQ. C’est contradictoire mais c’est comme ça.
Je déplore que les partis fédéralistes n’ont pas poussé M. Duceppe à préciser cette option plus loin…
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