Le spectacle irrésistible d'une poignée de militants péquistes et indépendantistes du comté de l'Assomption se comportant de manière aussi disgrâcieuse qu'un Jean Chrétien face à un militant de gauche a donné lieu à de belles séances de défoulement contre ce qu'on appelle ici les «purs et durs».
Allez, vous les connaissez bien. Dans le lexique politique québécois, ils jouissent de nombreux synonymes tous aussi halloweenesques les uns que les autres : «ceintures fléchées», «caribous», «radicaux», «ayatollahs», «pisse-vinaigre», «tueurs de chefs», et j'en passe de moins charitables encore….
Dans le grand western politique québécois où il est de bon ton de tout voir en noir ou blanc, on vous le répète depuis des années: ce sont EUX les méchants cowboys aux chapeaux noirs…
Pourtant, l'«affaire» St-André, comme on l'a appelée, a peu à voir avec la personne même de Jean-Claude St-André, lui-même identifié comme un «pur et dur». Si méga chicane il y a eu dans l'Assomption, c'est que nonobstant certaines gestes de violence – inacceptables par définition – les dirigeants du PQ ont refusé à St-André, le député du comté de 1996 à 2007 et appuyé unanimement par l'exécutif du comté, le droit de se présenter démocratiquement en investiture contre Scott McKay, le chef défait du Parti vert.
La source du conflit est là. Pas ailleurs. Elle réside dans une question de principe. Le PQ se disant toujours le SEUL parti du continent où les membres, et non le chef, choisiraient leur candidat en investiture, il fallait pourtant s'attendre à ce que la décision de bloquer St-André pour des raisons essentiellement idéologiques provoque une réaction en chaîne. D'autant plus que l'intention de St-André était connue depuis des mois au PQ.
Vue de manière plus objective – et donc, sans se laisser guider par son propre accord ou désaccord avec les idées de St-André -, il reste que s'il était vrai qu'il devait être écarté parce qu'il ne partage pas la décision du PQ de mettre le référendum de côté, on se demande alors pourquoi on l'a laissé siéger comme député pendant dix ans alors qu'il était aussi en désaccord avec les «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard?
Évidemment, c'est plus simple de dépeindre comme des attardés politiques ou des restants folkloriques malodorants portant des bobettes à l'effigie des Patriotes, tous ceux et celles qui sont tout simplement en désaccord avec la décision de mettre le référendum de côté.
Tout confondre donne sûrement de meilleures caricatures, mais c'est aussi tracer un portrait réducteur d'une réalité nettement plus nuancée.
*********************************************************************
12 novembre (suite et fin de l'histoire): Jean-Claude St-André annonce qu'il quitte le PQ. Cela réjouira ceux qui ne partagent pas ses points de vue.
Mais encore une fois, là n'est pas la question. Elle réside plutôt dans le fait que la direction du PQ, contrairement à ses statuts, vient de s'arroger unilatéralement le droit de nommer, et donc d'exclure, un candidat pour une investiture. La question de principe, elle est là. Les membres du PQ n'ont pas voté pour ce changement majeur dans la culture de leur parti.
Je n’ai aucun problème avec la clarté référendaire de Dion.
Je n’ai jamais été un « pur et dur » de ma vie.
Je n’ai jamais enduré la mentalité de chapelle des péquistes qui essayaient de me vendre leur pseudo gauchisme lorsque venait le temps d’obtenir leur appui.
Je n’ai jamais eu de problème avec les « conditions gagnantes » de Lucien Bouchard.
Pourtant, lorsque je vois un fédéraliste enfargé un futur premier ministre canadien avec des arguments nationalistes lors d’une campagne électorale fédérale en se faisant involotairement l’allié des indépendantistes du Bloc, je commence à me poser des questions sur l’unité canadienne, sur le statu quo constitutionel ET sur l’unité des forces qui cherchent à préserver le Canada de l’éclatement régional.
Alors, quand je vois une petite querelle de péquistes à la télévision, je ne m’inquiète pas outre mesure pour Pauline Marois.
Au contraire.
J’y vois là une purge qui arrive au bon moment et un tournant qui pourrait s’avérer intéressant pour ma province.
Et en tant que bon Québécois soucieux de sortir GAGNANT d’une nouvelle élection, j’appuie sans réserve un parti qui a compris le message du dernier scrutin de 2007 : les Québécois veulent un gouvernement qui protège ses acques nationaux tout en refusant de jouer la carte du référendum.
Madame Legault, voyez les choses sous un autre angle et acceptez qu’aux yeux des indécis ou des fédéralistes mous chroniques, l’étiquette « pur et dur » est amplement méritée par plusieurs membre de l’exécutif du PQ.
N’en déplaise aux analystes classiques, c’est la population qui est devenue étapiste et le PQ qui est en revenu au « beau risque ».
Bref, il fallait bien en arriver là, un jour : les Québécois voteront enfin de manière cohérente dans deux élections de suite.
Une fois pour le Bloc à Ottawa. Et une fois pour le PQ à Québec.
Le seul élément imprévisible viendra du fédéral lorsqu’on s’apercevra que « Capitaine Canada » à perdu le contrôle du Québec aux mains des indépendantistes… encore une fois.
Comme en 1976… et sans René Lévesque. Mais avec les Yvette du référendum de 1980.
Je crois que l’exécutif national du PQ a raté une belle occasion de se taire. Si M. St-André avait été élu, le huit décembre, et si de plus, le PQ avait été élu, et que l’on ne désirait pas voir M. St-André au Cabinet, il suffisait tout simplement de le laisser sur la banquette comme simple député. Après tout, il en faut. Tous ne peuvent être ministre.
On a mal joué ses cartes et on a terni la belle image de démocratie que l’on aimait afficher sur la place publique. Plus maintenant.
On peut gagner une bataille et perdre la guerre. Ça y ressemble pas mal. Qui l’eût cru?
La manie du contrôle fait beaucoup de ravage, et dans tous les partis.
Plutôt bien dit M. Boudrias. Je suis à peu près dans les mêmes eaux.
Ceci dit, me semble que M. St-André aurait sa place au sein du Parti Indépendantiste non ? Pourquoi perdre du temps à se chamailler avec le PQ et Pauline Marois ? Qu’il aille rejoindre les rangs du PI, c’est sa place.
Sinon, « pur et dur » peut uniquement signifier quelqu’un qui agit et parle en fonction d’une prémisse de base : le Québec est déjà PAYS et non pas PROVINCE; le territoire québécois avec ses frontières actuelles est PAYS. Quand quelqu’un met de « l’ethnique », il parle peut-être davantage de lui-même que du groupe « pur et dur » en question.
M. Boudrias : » l’unité canadienne, sur le statu quo constitutionel ET sur l’unité des forces qui cherchent à préserver le Canada de l’éclatement régional. »
Oui, « l’unité canadienne » bat de l’aile. Pourquoi ? Parce que le discours est frelaté à la base. Pourquoi ? Parce que les bases du Canada de 1867 sont fragiles depuis toujours. La reconnaissance de la nation québécoise, aussi creuse peut-elle être pour certains, signe tout de même une reconfiguration géo-politique pancanadienne. Les péquistes, les bloquistes, les libéraux du Québec … comme les gouvernements du Québec et du Canada travaillent en ce sens selon toute vraisemblance.
Ce qui m’étonnera toujours c’est cette vilaine habitude que nous les souverainistes avons de laver notre linge sale sur la place publique. Il me semble que si St-André n’accepte pas l’orientation que le PQ et Madame Marois ont pris ensemble concernant le référendum il devrait soit changer de parti ou soit se présenter comme indépendant .
Je suis souverainiste depuis des lustres , je suis parfois considéré dans mon entourage comme un pur et dur et pourtant j’ai accepté , non sans regret , que le référendum ne soit pas l’enjeu principal de la prochaine élection . Je ne suis même pas membre du PQ et pourtant je vais voter pour ce parti qui demeure le seul qui peut nous conduire a bon port ! Promettre un référendum le plus tôt possible est irresponsable en ce qui me concerne , et si je pensais différemment je voterais pour le Parti Indépendantiste. Alors que St-André et les Jeunes Patriotes se rangent du côté de ce parti et qu’ils laissent le PQ faire sa campagne sans brasser de la grosse marde !
M. Asselin : » Promettre un référendum le plus tôt possible est irresponsable en ce qui me concerne , et si je pensais différemment je voterais pour le Parti Indépendantiste. Alors que St-André et les Jeunes Patriotes se rangent du côté de ce parti et qu’ils laissent le PQ faire sa campagne sans brasser de la grosse marde ! »
Oui. D’autant plus que les « combats souverainistes » sont innombrables (i.e. changement de nom de la ville Amherst et noms de rues) ! Pourquoi faire dans le « combat interne » ?!
L’état de division politique au Québec favorisant l’apparition de petits partis comme les Verts et Q.S sans qu’un système proportionnel mixte ne soit mis en place ne réussit qu’à favoriser le parti au pouvoir. Alors, la résurgence de ces querelles au PQ n’aboutit qu’au même résultat. De ces querelles, le seul aboutissement possible sera le renforcement quelque peu du Parti Indépendantiste déjà très faible à l’heure actuelle.
Madame Legault en bref, la conjoncture électorale, politique, économique, sociale et même métaphysique du fait en bonne partie du grand affaiblissement du PQ depuis progressivement 1996 à 2007 ne favorise pas présentement une politique souverainiste en forme de guerre éclair avec option référendaire sous forme de clé en mains. Ce n’est pas si simple et d’ailleurs le PQ semble avoir de la difficulté à se souvenir de son projet de constitution. Qu’il s’en souvienne cela serait déjà plus intéressant.
Hypothèses négatives.
Un scénario: petite majorité pour les libéraux: le Québec s’encrasse politiquement davantage dans les cinq prochaines années.
Second scénario: gouvernement minoritaire péquiste avec faible possibilité d’une majorité: ce gouvernement se contenterait également que de ne faire que de la petite gérance au jour le jour, ne se préoccuperait pas du renforcement du français comme langue d’usage à Montréal. P.Marois apparaîtrait au grand jour comme l’héritière de Lucien Bouchard le premier ministre entre 1996 et 2000.
Après, il se passerait quoi? Si Charest gagne, le PQ aura cinq ans pour tenter de se donner un véritable souffle. Si P.Marois devient premier ministre et se détermine comme laxiste envers la question nationale. Ce sera à ce moment l’acte de décès réel du Parti Québécois en 2011 ou 2012. À ce moment, un nouveau véhicule politique plus crédible devra être trouvé pour tous ceux qui sont conscients que le Canada ne sera pas plus bilingue dans 20 ans que maintenant et que seule éventuellement la condition juridique et politique d’un État souverain est en mesure de satisfaire les intérêts des Québécois.
Autrement dit, ni libéraux et ni fausse représentation péquiste si cela devait être le cas ne pourront refouler la réalité précaire du Québec francophone. Cela c’est sûr. De là, l’inévitable sursaut qui viendra de nouveau et qui se ferait par la révélation d’un Obama québécois?
Jean-Claude St-André n’a jamais défendu la thèse du référendum le plus tôt possible. Lisez ce qu’il avait à dire la dessus dans le passé.
Reste plus qu’à voter marxiste-léniniste. Au moins eux ils veulent que le peuple choisisse les candidats aux élections, pas quelques chefs de parti tout-puissants. Le PQ a bel et bien renié les principes démocratiques de son propre fondateur René Lévesque.
Il faudrait d’abord trouver une autre expression que celle farfelue de « purs et durs ». Ce sont deux notions qui ne collent pas naturellement ensemble. Quand on est « pur » on n’est pas « dur ». Et quand on est « dur » on n’est pas « pur ». Du moins c’est dur de rester « pur » quand on est « dur ».
C’est vrai que le PQ est généralement plutôt tolérant avec les intransigeants. Il y a cependant des limites à tolérer des éternels insatisfaits, ceux qui voudraient qu’il y ait un référendum par année jusqu’à ce que les québécois s’écoeurent et finissent, de guerre lasse, par dire OUI.
Monsieur Saint-André, comme tous les radicaux libres, finira probablement par aboutir chez Québec Solidaire. J’ai hâte de voir comment Françoise David et Amir Khadir vont gérer la bisbille qui lentement mais sûrement se déplace du PQ vers leur parti. Ils sont quand même assez futés pour voir venir la pureté et la dureté vers leur parti et c’est sans doute pour cette raison qu’ils ont compris qu’ils ne seraient pas trop de deux pour tenir le gouvernail pendant le tsunami de pas joli qu’ils devront bientôt affronter, jusqu’à ce qu’un autre groupuscule soit prêt à accueillir les éternels mécontents.
Je crois que les souverainistes purs arriveront très bien à atteindre l’objectif final sans l’aide des durs. Ils y arriveront d’ailleurs probablement plus facilement. Le problème avec les durs c’est qu’ils font de plus en plus durs.
Intéressante, cette migration, Monsieur Mitriou.
Les « durs » qui iraient à l’abordage de la barque de Québec Solidaire…
Puis, qui passeraient de l’abordage au sabordage – dès qu’une nouvelle proie aura été repérée à l’horizon.
Bof! En autant que tous ces intolérants et marginaux s’amusent entre eux, sans trop déranger les autres, ça peut aller. L’important, c’est que les « mécontents » soient contents, n’est-ce pas?
Quand il y a un abcès, il faut le crever.
Même celui à qui ça fait mal doit l’accepter.
Pingback depuis Les purs et durs… du PQ! « Le blogue du Parti Ind??pendantiste
Bien oui, M. St-André pourrait adhérer à Québec solidaire ou au PI, deux partis indépendantistes/souverainistes qui tentent de ravir des votes au PQ et, comme lui, n’acceptent pas les politiques du PQ. Même chose pour les autres protestataires qui en font un métier.
Ça fait du bien de lire de la LIMPIDITÉ à propos du bossu de notre-dame »pur et dur ».
Les purs et durs… du PQ! « Le blogue du Parti Ind??pendantiste
Pingback depuis Les purs et durs… du PQ! « Le blogue du Parti Ind??pendantiste
» Il faudrait d’abord trouver une autre expression que celle farfelue de « purs et durs ». Ce sont deux notions qui ne collent pas naturellement ensemble. Quand on est « pur » on n’est pas « dur ». Et quand on est « dur » on n’est pas « pur ». Du moins c’est dur de rester « pur » quand on est « dur ». »
Oui. C’est pourquoi on va travailler dans la FORCE, LA CRÉATIVITÉ et LA SOUPLESSE. Changeons les discours, changeons les réalités. À ceux qui diront que c’est de la rhétorique (on les connait déjà), on répondra que le Gouvernement du Canada fait aussi dans la belle rhétorique unitaire !
La Question Nationale, au-delà de toutes les niaiseries entendues, est simple : mon pays est-il le Québec ou le Canada ? Le Québec possède tous les attributs d’un pays sauf le statut géo-politique, encore provincial. Tout le monde le sait, tout le monde fait semblant de ne pas le savoir. Le Canada, quant à lui, est aussi l’ancien nom de ladite Belle Province !