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Stephen Harper: 2006-2008

Quel  que soit le dénouement de la crise politique actuelle à Ottawa (nouveau gouvernement de coalition libéral-NPD ou prorogation de la Chambre jusqu'en janvier ou autre chose); la carrière politique de Stephen Harper semble au pire, terminée, au mieux pour lui, sérieusement minée et handicapée.

Primo: dans son propre parti. Même s'il survivait à la crise et demeurait premier ministre, son parti risque fort de ne pas lui pardonner d'avoir joué de manière aussi dogmatique et inintelligente avec l'existence même du gouvernement, pourtant fraîchement réélu. Le stratège présumément «brillant» vient d'en échapper toute une. Bref, il vivrait, politiquement parlant, sur du temps emprunté.

Secundo: auprès des électeurs. En ayant voulu étouffer financièrement les partis d'opposition, suspendre le droit de grève de la fonction publique, s'attaquer aux droits des femmes, et ne rien avoir proposé comme intervention gouvernementale face à la crise économique, Stephen Harper a confirmé qu'il est, en effet, un idéologue ultraconservateur borné et donc, comme je l'ai écrit ici et ailleurs, déconnecté de la vaste majorité des Canadiens.

À un point tel où même certains des commentateurs, disons, les «moins à gauche» des médias québécois et canadiens, trouvent maintenant Harper trop à droite!

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En cela, le ROC pourra dire un gros merci au Québec pour avoir empêché l'élection d'un gouvernement Harper majoritaire. Le Québec ne fut pas le seul à se mobiliser contre Harper, mais il le fit de manière extrêmement claire!

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Quant à Jean Charest, quelque peu déstabilisé par cette crise fédérale venue voler la vedette à une campagne électorale québécoise déjà peu intéressante, on croit rêver lorsqu'on l'entend dire que ce qui se passe à Ottawa est LA preuve montrant à quel point un gouvernement majoritaire est nécessaire en situation d'instabilité économique. Pardon???

Ce serait plutôt, dans le cas du PC, précisément la démonstration inverse! Si Harper, avec seulement une minorité, a osé tenter d'imposer aussi durement son agenda ultraconservateur et ce, jusqu'à s'attaquer au financement de ses adversaires et donc, à l'exercice même de la démocratie, on n'ose à peine imaginer ce qu'il aurait fait avec une majorité……

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HARPERGATE: Sans oublier cette histoire incroyable de l'utilisation par le bureau de Harper d'un enregistrement d'apparence illégal du caucus néo-démocrate. On se croirait en plein Watergate!

Tout ça en dit long sur la véritable nature de celui qui se faisait élire en 2006 en se présentant comme le «Monsieur Net» qui allait ramener un sens de l'éthique à Ottawa… Pas joli, vraiment pas joli.

Comme disait ma grand-mère, il faut toujours se méfier des prêcheurs…