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Excuse my french…

 

Cette histoire dégage un sérieux parfum de francophobie. Ou, si vous préférez le dire de manière plus politiquement correcte, disons plutôt d'«intolérance»…

http://www.ledevoir.com/2009/07/17/259360.html

«Dans une réponse non signée, le théâtre montréalais s'emporte en précisant que les spectacles étant en anglais, le message l'est aussi par la force des choses. Et d'ajouter, dans la langue de Shakespeare: «Vous ne pouvez bien sûr pas lire l'anglais, parce que vous êtes un sectaire ignorant [uneducated bigot]», avant de poursuivre avec l'insulte suprême: «Go fuck yourself.» Rencontré hier en fin de journée par Le Devoir au Théâtre Sainte-Catherine, Eric Amber, le directeur de l'établissement, visiblement ébranlé par la tournure des événements, a reconnu être l'auteur de ces lignes
«M. Amber se défend toutefois de vouloir chercher l'affrontement avec les francophones. «Si j'ai décidé de relancer ce petit théâtre de la rue Sainte-Catherine il y a huit ans, c'est parce que j'aime Montréal. Je suis Québécois, j'aime la diversité culturelle qu'il y a ici.»»
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Mais c'est aussi le reflet de ce qui se vit à nouveau à Montréal depuis quelques années.

Cette attitude où parler français à ses concitoyens, dans les commerces, en art, dans les affaires, lorsque le «produit» vendu ou présenté est de langue anglaise, redevient lentement superflu.

Cette attitude où on s'adresse aux gens en anglais, comme ça, parce que ça semble normal et qu'on s'attend à ce que l'on réponde, aussi, en anglais. Même plus moyen d'avoir droit au classique «Excuse me, but I don't speak French»…

La raison pour cela étant que souvent, maintenant, on SAIT parler français. Au moins minimalement. C'est seulement qu'on ne s'en donne plus la peine. À moins, bien sûr, que le client ou l'interlocuteur n'insiste.

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C'est le genre de fruits que l'on cueille aujourd'hui suite à près de quinze ans de laissez-aller sur le front linguistique. Sous les deux grands partis.

Pensez-y deux minutes. La Loi 101 fut adoptée en 1977, affaiblie à plus de 200 reprises par les tribunaux et depuis 1996, plus ou moins oubliée par le législateur et l'Office québécois de la langue française…

Comment s'attendre à ce qu'une telle négligence n'ait pas d'impact sur la manière dont la langue française est perçue ou sur sa capacité de s'imposer en tant que langue nationale?

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Pourtant, cet homme dit aimer la «diversité» de Montréal. Il est permis d'en douter. Fortement.

Peut-être qu'un petit séjour à Québec lui ferait du bien… Là où on peut passer une journée au complet sans se faire répondre, ou dans son cas, insulter, en anglais.

Mais oups! En lisant ceci:

http://mechantblogue.canoe.ca/2009/07/16/lgo_fuck_yourself_r

et la réponse du «very charming» Amber en question (en espérant que cette réponse ne soit en fait qu'un canular…):

 

«Due to the overwhelming racism and bigotry in French society toward minorities and non-french cultures, Theatre Ste-Catherine will be closing in protest. Effective immediately TSC will no longer be accepting bookings and will closed permanently Dec. 21, 2009.»

…peut-être que ce serait mieux qu'il ne se rende pas à Québec.

Le pauvre homme risquerait la crise d'apoplexie.

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(*) Pour le détail de la correspondance en question, voir:

http://louisprefontaine.com/2009/07/16/eric-amber-sages-fous

dont ceci:

http://louisprefontaine.com/eric-amber.txt