BloguesVoix publique

Mario dans votre télé

 

Ce mardi, l'ancien chef de l'ADQ en était à son deuxième Mario 360 – sa nouvelle quotidienne à TQS. Oups. Au Canal V… Dont le logo, soit dit en passant, est plus dans le style de celui d'Infoman que celui des télés, disons, plus classiques.

Comme pour toute nouvelle émission, la chance est au coureur et on verra à l'usure une fois que les ratés du début seront corrigés. (Entre autres: le sujet du lundi – le Stade Olympique (?) – ne gagnera pas le Pullitzer…)

Pour l'instant, quelques observations néanmoins (oui, je sais, je ne suis pas une critique télé, mais comme je couvre la politique depuis le début des années 1990, donc depuis l'arrivée de Mario Dumont en politique active, mon réflexe d'analyste se déploie dès que je le vois …).

***************************************************** 

– Mario Dumont m'a paru plutot à l'aise. Plus que je ne l'aurais cru, en fait. L'animation, après tout, est un métier. Mais on le sent capable de travailler son nouveau métier avec beaucoup d'assiduité.

Surtout, malgré le titre de l'émission, il ne tentait pas de «faire son Anderson Cooper». Gros soulagement. Et heureusement, parce que Canal V, ce n'est pas CNN…

Mario Dumont était lui-même. Mais, disons, en version plus télévisuelle. Donc, au «clip» moins «assassin», mais souvent plus pertinent.

– Les sections «nouvelles», à mon humble avis, laissent à désirer. De fait, on se demande presque ce qu'elles font dans l'émission. Du moins, dans leur forme actuelle. Cette tentative de ramener l'«information» à l'ancienne TQS manque de tonus et de contenu.

– Les vox pop? Trop nombreux. Ça fait un peu Canal Vox d'il y a quelques années.

– Ce mardi, LE sujet du jour était la prévention du décrochage scolaire.

Avec la rentrée scolaire et le discours audacieux sur l'éducation que donnait Barack Obama le même jour dans une école, le timing, cette fois-ci, était bien meilleur. Plus proche de l'actualité tout en étant aussi, d'une certaine manière, intemporel.

Une bonne table ronde (avec même une rareté: deux jeunes sur les quatre invités!), une bonne discussion, civilisée, de bonnes questions. Pas d'atmosphère à la 110%.

Mais deux gros oublis dans le sujet du jour: les différences marquées du taux de diplomation entre les écoles privées et publiques, de même qu'entre les réseaux anglophones et francophones.  

Bon topo aussi sur le projet FOCUS de l'école secondaire publique Joseph-François Perrault, une polyvalente située dans St-Michel – un quartier ouvrier de Montréal.

JFP, en passant, c'était aussi MON école secondaire. Une école que j'ai adorée. Je sais qu'elle a énormément changé et que ses défis dans ce quartier sont nettement plus complexes à relever que ceux de mon «époque», mais ce topo confirme que JFP a encore de la détermination et du courage à revendre. Un bel exemple à donner dans le cadre du sujet abordé.

Donc, oui, bon topo montrant une approche novatrice dans un environnement pas facile, centrée sur la réussite de l'élève, de petites classes, etc..

Ce qui a donné lieu à cette observation de l'animateur: «C'est comme si pour assurer la réussite, il faut faire le contraire de ce qu'on fait partout!»…

L'argument se défend, avouons-le.

Le tout pour conclure sur le temps qui continue à se perdre en attendant encore le «plan» de la ministre de l'Éducation contre le décrochage…

********************************************************

Il y a eu aussi une entrevue fort intéressante avec un journaliste d'enquête de Ruefrontenac.com – le journal en ligne des lock-outés du Journal de Montréal. Comme quoi, l'ancien adéquiste peut aussi montrer qu'il comprend une chose ou deux dans les conflits qui se vivent dans le milieu des médias… 

**********************************************************

Sur une note plus légère, notez aussi la fermeture de l'émission: «tout de suite après, la Guerre des clans!»

Je ne sais pas, mais j'ai comme l'impression qu'à chaque jour que Mario Dumont répétera le titre de l'émission qui suit la sienne, ça lui rappellera un tout petit peu l'atmosphère de l'Assemblée nationale…

Donc, c'est à suivre.