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Taillon vs. Harper?

 

Hier, dans mon billet «ADQ avec ou contre les conservateurs?», je posais la question suivante:

«Serions-nous peut-être en train d'assister à une espèce de règlement de comptes, non pas seulement entre des «egos», mais aussi entre ceux à l'ADQ désirant continuer à se coller sur le PC de Harper ,et ceux qui, pour toutes espèces de raisons, préfèrent s'en tenir le plus loin possible?» 

http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/11/11/adq-avec-ou-contre-les-conservateurs.aspx

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Voir aussi ce que j'en rapportais ici dès avril dernier:

«Contrairement à Mario Dumont qui s'était pris d'une grande amitié pour le Parti conservateur de Stephen Harper, Gilles Taillon dit vouloir maintenant «garder une totale objectivité vis-à-vis des partis fédéraux».»

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De son côté, c'est du moins ce qu'avance Gilles Taillon dans cette lettre ouverte tout juste envoyée aux médias comme explication principale pour ce qui se passe à l'ADQ:

Bref, c'est à suivre….

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«Les masques sont tombés.
 
Peu après l'annonce de ma candidature le 24 avril dernier, encouragé à ce moment par plusieurs dont Mario Dumont, j'ai senti un certain malaise au sein de l'ancien establishment du parti. Comme parti autonomiste, j'ai cru et je crois toujours qu'aucune influence d'un parti fédéral ne devait et ne doit limiter la marge de manoeuvre de l'ADQ.

J'ai déclaré, lors du Conseil général de mai, que les distances devaient être maintenues avec le parti conservateur du Canada et aussi, avec tous les autres partis oeuvrant sur la scène fédérale. Ma déclaration a fait l'objet d'un reportage de Pierre Duchesne, de la société Radio-Canada. Celui-ci a clairement fait part de ma prise de position. Lors de ce même reportage le journaliste a aussi identifié le sénateur Housakos comme celui qui jusque-là, à titre de président de la Commission du financement de l'ADQ, faisait le pont entre les conservateurs au fédéral et l'ADQ au Québec.

Cette prise de position publique sur la nécessaire autonomie de l'ADQ, vis-à-vis les partis politiques fédéraux, m'a valu plusieurs réprimandes de membres influents du parti. J'ai donc décidé de rencontrer le sénateur Housakos et de lui faire part de vive voix de ma prise de position. Dans les jours suivants, la rencontre a bel et bien eue lieu dans un restaurant d'Ottawa. J'ai alors clairement dis au Sénateur Housakos, que je n'avais rien contre les conservateurs ou lui-même. Mais aussi, que sous mon éventuel leadership, l'ADQ travaillerait aux seuls intérêts du Québec et ce, sans aucune attache à quelque parti fédéral que ce soit. Je lui ai aussi fait part que comme membre de l'ADQ, il était le bienvenu et pouvait contribuer au financement de ma campagne selon les règles établies par le parti.

Je comprends aujourd'hui, avec les sorties publiques des anciens « propriétaires » du parti, Mario Dumont en tête, que mon élection à la tête de l'ADQ signifiait pour ces gens, la fin d'une alliance intouchable. À partir de ce moment, Gilles Taillon ne pouvait plus demeurer à la tête de l'ADQ et ce, malgré le choix démocratique des militants. Le travail de sape a alors commencé et n'a jamais cessé depuis. Je vous laisse le soin de juger les événements des derniers jours et du rôle qu'ont joué Éric Caire et Gérard Deltell.

Je me suis lancé en campagne avec l'intention d'offrir aux Québécois une alternative aux vieux partis. Ma plate-forme était limpide quant aux axes de développement et mon intention de faire le ménage dans les finances publiques pour éviter aux Québécois de passer à la caisse. Avec le gaspillage et les malversations  mises à jour par les médias, plus personne ne peut se fermer les yeux. On m'a rapporté des éléments troublants concernant le financement de notre parti dans les années antérieures. Comme chef de ce parti, j'ai doc décidé de prendre mes responsabilités et de demander aux autorités policières de faire la lumière sur la situation.

Avant le caucus de mardi matin, j'ai compris que seul mon départ mettrait fin à la bisbille « orchestrée ». Je me devais de partir. Au moment de l'annonce de mon départ, j'étais persuadé  que par respect pour les quelque 2000 militants qui ont voté pour moi, qu'on pourrait attendre que le chef élu au suffrage universel soit remplacé lors d'une élection tenue conformément à nos statuts. Je souhaite ardemment qu'il en soit ainsi. Les militants méritent cette marque de respect.


Gilles Taillon
Chef de l'Action démocratique du Québec»

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UN NOUVEAU «BEAU PÈRE»? 

Dans les multiples couches de cette crise rocambolesque à l'ADQ – et sans égards aux versions respectives de M. Taillon d'un côté, et de celle de messieurs Caire & Dumont -, c'est à se demander si Mario Dumont ne serait pas aussi en train de se métamorphoser en «beau-père» politique, puisqu'il se sert maintenant presque quotidiennement de la tribune de son émission pour «commenter» ce qui se passe au sein du parti dont il a quitté la direction.

Dernier épisode: il y a quelques minutes, rapportant que Gilles Taillon venait de rendre publique cette lettre, il ajoutait, petit sourire en coin:

«On comprend que cet homme-là vit un échec personnel qui est difficile, on comprend que sur le plan professionnel, il a vécu une brillante carrière et vit cette semaine un échec difficile. Maintenant, je ne pense pas qu'il faut chercher au complot si savamment orchestré

Ah bon?…   

Bref, soit dit en tout respect, M. Dumont devrait peut-être en jaser avec son bon ami Lucien Bouchard, lequel pourrait lui expliquer les vertus d'un certain devoir de réserve…  Surtout lorsque son ancien parti vit une crise majeure…