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Un précédent troublant

 

«Le président de l'Assemblée nationale, Yvon Vallières, se retrouve sur la sellette après avoir passé l'éponge sur les propos controversés de la ministre du Travail, Lise Thériault. Ulcéré, le leader parlementaire de l'opposition péquiste, Stéphane Bédard a clairement indiqué que sa formation déposerait une motion signifiant qu'elle retire sa confiance au président Vallières. (…)

La semaine dernière, Mme Thériault avait prévenu, sur un ton incisif, qu'elle dévoilerait à l'avenir les noms des députés de l'opposition qui venaient lui demander des faveurs pour leurs électeurs, souvent des subventions provenant des budgets discrétionnaires dont disposent les ministres. Pour l'opposition, cette sortie vient limiter la capacité des élus à représenter leurs électeurs, les déclarations constituent un outrage au Parlement. Pour le président Vallières, ces propos sont proches de l'outrage, mais ne nécessitent pas pour autant des excuses de la part de la ministre.

Après des échanges agressifs (…) l'opposition péquiste compte dès mardi prochain déposer une motion à l'Assemblée nationale pour signifier que le président n'a plus sa confiance. La motion pourra toutefois être battue aux voix par la majorité libérale.» Extrait de: http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201103/31/01-4385124-le-president-de-lassemblee-nationale-sur-la-sellette.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS1

Le problème est que pour les élus, cette décision du président risque de créer un précédent inquiétant.

Si le fait pour une ministre de faire comprendre à des députés, sur un ton intimidant, qu'ils pourraient, qui sait, ne plus avoir accès pour leurs électeurs aux fonds publics que constituent les fonds «discrétionnaires» des ministres ne constitue pas aux yeux de la présidence un outrage au parlement, et donc, à la capacité des élus de remplir leurs fonctions – pis encore, si, selon le président, ça ne commanderait même pas des excuses de la ministre -, comment empêcher qu'une telle chose se reproduise à l'avenir?

Yvon Vallières et certes un bon président de l'Assemblée nationale et il est respecté des élus. Mais cette décision semble banaliser une déclaration inacceptable dont l'auteure méritait soit d'être sanctionnée, soit que le président lui exige des excuses.

Les fonds discrétionnaires sont constitués de fonds publics et ne proviennent pas, contrairement à ce qu'avait aussi dit la ministre, de la «poche» des ministres.

Comment accepter qu'une ministre ait fait comprendre à des députés de l'opposition que s'ils adoptent certaines positions contraires à celles du gouvernement, cela pourrait leur valoir de se faire «nommer» publiquement dans l'éventualité où ils feraient ensuite appel à ces fonds discrétionnaires?

On ne s'en sort pas. Même si la ministre, après la confrontation de ce matin en chambre, semblait vouloir enfin s'excuser, il reste que la décision même du président semble avoir été fort mal avisée.

Et ce, dans un parlement où depuis longtemps, les élus se font constamment rappelés à l'ordre par leur président du jour dès qu'ils osent faire usage d'un des très nombreux termes dits «non parlementaires». Ce qui, en passant, a de plus en plus l'effet d'aceptiser les débats, voire parfois de limiter de manière outrancière la liberté d'expression des élus dans le cadre de la période de questions.

Quelle ironie….

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Pas de «face à face» Harper-Iggy 

Sur un tout autre sujet, «jugeant que Stephen Harper fait marche arrière sur sa proposition de la veille, de tenir un débat à deux, Michael Ignatieff revient à la charge en proposant un face-à-face, après les débats habituels, sans nécessairement avoir besoin du consortium des télédiffuseurs.»

Extrait de: http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-federales/201103/31/01-4385104–ignatieff-suggere-un-debat-a-deux-harper-dit-non.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_elections-federales_1470245_accueil_POS1

Voir aussi: http://www.theglobeandmail.com/news/politics/ottawa-notebook/why-wont-harper-take-ignatieff-on-in-head-to-head-debate/article1965334/

Mais oups…. M. Harper dit ne plus vouloir débattre seul, en face à face, avec le chef libéral si cela se faisait en plus du très classique débat des chefs.

Bref, on pourrait dire que Stephen Harper vient de «proroger» ça aussi…

M. Harper avait même poussé l'enveloppe jusqu'à avoir tenté de convaincre le consortium de remplacer le débat des chefs par un débat seul à seul avec M. Ignatieff. Ce qui, bien entendu, aurait exclu les chefs du Bloc et du NPD…

Déjà que pour des raisons tout à fait arbitraires , le consortium a décidé, quant à lui, d'exclure la chef du Parti Vert. Elizabeth May, alors qu'elle y était en 2008.

Lors du débat en anglais, la contribution de Mme May avait pourtant été intéressante.

Bref, on en perd son latin.

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Et maintenant, en «extra», côté campagne électorale… Sûrement l'anecdote la plus suréaliste de la journée… http://www.theglobeandmail.com/news/politics/ottawa-notebook/ignatieff-liberal-food-and-a-cantankerous-tory-bowler/article1965484/

Et, sur une note plus sérieuse, une nouvelle projection de sièges: http://www.ledevoir.com/politique/canada/319801/projections-de-sieges