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La vie «avant» la politique

 

La rumeur rapportée ce matin par Jean Lapierre s'est avérée… fondée.

Et donc, la vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, démissionnait cet après-midi pour que sa vie personnelle puisse reprendre le pas, a-t-elle dit, sur sa vie professionnelle.

Pour M. Charest, c'est la sixième démission d'un ministre depuis 2008, et la neuvième depuis sa première prise de pouvoir en 2003.

Même si la plupart, dont Mme Normandeau, ont quitté en bons termes – contrairement aux députés démissionnaires du PQ -, on entend tout de même répéter que c'est «un coup dur» pour Jean Charest.

Un «coup dur» parce que Mme Normandeau était sa vice-première ministre, mais surtout, parce qu'elle était une fidèle inconditionnelle de son chef – toujours prête à tenter de vendre à la population jusqu'aux dossiers les plus politiquement indéfendables. Ex: gaz de schiste…

À cette enseigne, d'entendre Mme Normandeau se peiner du «cynisme» ambiant envers les politiciens dans un tel contexte ne fera sûrement rien pour le diminuer…

Car, de fait – hormis son collègue à l'Environnement -, elle avait hérité d'une des pires épines au pied du gouvernement Charest: l'impression qui s'installe dans la population d'un gouvernement prêt à brader les ressources naturelles du Québec à des intérêts privés pour pas cher, pas cher…

Sans oublier le fameux Plan Nord du premier ministre – aux contours aussi mystérieux que dispendieux en infrastructures à construire pour en faciliter l'accès aux entreprises privées d'ici et d'ailleurs.

Un Plan Nord que Mme Normandeau qualifiait sans rire dans son point de presse de «plus grand projet de société que le Québec ait porté»…

Pour le premier ministre – à ses côtés pour ce point de presse -, le départ d'une de ses principales alliées pour des raisons dites personnelles ne signale ni dissension, ni inquiétude dans ses rangs. «Nos amitiés sont forgées au fer rouge» /sic/, observa-t-il.

Et on peut dire en effet que depuis les années 70 et 80, en politique québécoise, la couleur «rouge» forge /sic/ souvent des «amitiés» d'une durée et d'une solidité autrement plus fortes que la couleur bleu ne le fait au sein du PQ…

C'est un secret bien mal gardé qu'au PLQ, on prend passablement mieux «soin» de son monde, comme on dit dans les coulisses du pouvoir.

Le premier ministre a maintenant six mois pour déclencher une élection partielle suite au départ de Nathalie Normandeau.

Ce qui pose inévitablement la question: déclenchera-t-il ou non des élections générales avant?

Question de tenter de «souder» une base péquiste malmenée par une crise qui n'arrête pas, certains «spins» laissaient croire que Jean Charest se préparait à les déclencher dès cet automne.

Or, la réalité est plutôt qu'à seulement deux ans et demi de la dernière élection, Jean Charest n'aurait jamais pu justifer une élection aussi hâtive sans urgence nationale….

Pourrait-il alors mieux en justifier une, disons, au printemps 2012? À trois ans et demi, cela serait déjà un tantinet moins gênant de le faire.

Mais tout cela n'est que spéculation pour le moment. Les plaques tectoniques de la politique bougent si vite… Alors, qui sait dans les faits s'il y aura ou non une élection générale au printemps prochain.

Tout comme il reste à voir si M. Charest choisira, ou non, de risquer de se présenter pour un QUATRIÈME mandat de suite. La question n'est pas sans importance…

Et ce, que l'étoile des Legault & Sirois finisse ou non par pâlir d'ici quelques mois.

Ou encore, à savoir qui deviendra le nouveau #2 de son gouvernement?

Sur une autre note, Mme Normandeau a beaucoup parlé de son besoin de repos et de stabilité, mais tout en disant néanmoins «prête» pour de nouveaux défis…

«Avant la politique, il y a la vie», observait-elle avec raison et philosophie.

Or, ce que l'électorat québécois se demande de plus en plus face à ses élus est plutôt s'il y a encore de la vie ici pendant la politique?…

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Voir: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/330794/demission-de-nathalie-normandeau