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Le miracle d’un sondage?

 

 

À mesure qu’on s’approche de Pâques, les métaphores pascales se multiplient inévitablement. Miracles et résurrection, quand vous nous tenez…

C’est du moins ce à quoi rêvent Pauline Marois et le PQ, depuis la publication, le 10 mars, d’un sondage Le Devoir-Léger Marketing plaçant le Parti québécois «en terrain majoritaire». Qui saurait les en blâmer après des mois d’enfer politique?…

PQ: 33%

PLQ: 28%

CAQ: 24%

Pour la CAQ de François Legault, c’est une chute de 13 points en trois mois. Bref, les caquistes semblent perdre à être mieux connus. Du moins, «pour le moment» – la nature même des sondages obligeant à la répétition de la dite formule.

Pour le PQ, c’est une avance de 14 points chez les francophones.

Et pour le PLQ, c’est plus ou moins la continuation de la bicyclette stationnaire.

Bref, malgré l’avance du PQ, dans les  faits, l’électorat demeure volatil et la lutte, du moins «pour le moment», se fait encore à trois.

Conclusion: une seule chose est certaine – la campagne électorale aura une influence décisive sur les résultats ultimes.

En attendant, ce sondage fait des miracles pour le moral des péquistes…

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Je reviens te chercher…

Ce mardi 13 mars, même l’éternel rival de Mme Marois, Bernard Landry, appelait les «troupes», toutes, à rentrer «au bercail».

Pourtant, le même homme, à la fin janvier, critiquait vertement la «gouvernance souverainiste» de Pauline Marois tout en laissant entendre que les militants avaient beaucoup à réfléchir dans le département de leur leadership. Ce qui, il faut le dire, alors que le nom de Gilles Duceppe circulait fortement comme successeur en disponibilité.

Mais, aujourd’hui, miracle! M, Landry voit la lumière au bout du tunnel. Et il la voit dans la même «gouvernance souverainiste» qui n’a pourtant changé en rien au cours des dernières semaines. Comme s’il craignait maintenant d’être laissé pour compte… Pauvre politique.

 

Ce même mardi, le député péquiste Bernard Drainville, lui aussi très critique avant que Mme Marois ne se métamorphose en «dame de béton», appelait au même retour des «dissidents». Ce qui, dans le cas d’un député dont Mme Marois est la chef, se comprend un peu plus…

On croirait presque entendre Gilbert Bécaud fredonner «je reviens te chercher»…

On peine à imaginer ce qui se passerait si, de rebondissements en rebondissements, pour une raison ou pour une autre, il fallait que le PQ recule éventuellement à nouveau dans les sondages… Plusieurs y perdraient sûrement leur latin…

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Du côté du Bloc

Pendant ce temps, dans le camp souverainiste, un autre sondage Léger Marketing, celui-là fait pour l’Agence QMI, plaçait le Bloc en avance sur le NPD au Québec.

BQ: 31%

NPD: 27%

PLC: 22%

PCC: 14%

Le tout, à prendre avec un grain de sel,« pour le moment». Après tout, il n’y a pas délection fédérale avant 2015; le NPD attend son nouveau chef; le PLC semble tenté par Bob Rae comme chef éventuellement officiel; et le Bloc manque gravement de ressources et de visibilité, c’est le moins que l’on puisse dire.

Dans ce portrait fédéral au Québec, la seule variable ayant d’excellentes chances de ne pas trop bouger: l’impopularité abyssale des conservateurs.

Les indices sont par ailleurs nombreux.

Une illustration récente parmi d’autres: tenez, un autre (!) sondage Léger Marketing-Agence QMI montrant le fossé qui se creuse de plus en plus sur plusieurs enjeux entre l’électorat québécois, le gouvernement ultraconservateur de Stephen Harper et une partie importante de l’électorat canadien-anglais.

S’il est vrai que «le Québec se «décanadianise», c’est en bonne partie parce que le Canada se «déquébécise» depuis plusieurs décennies. Voir ici.

Quant au NPD, si le 24 mars, ce parti devait ne pas choisir Thomas Mulcair comme chef, à terme, il n’y aura peut-être pas cher à donner de la peau du NPD au Québec.

Et ce, même si, dans les faits, le Québec a donné au NPD son statut convoité d’opposition officielle…

Or, si la thèse du fossé croissant entre l’électorat québécois, le gouvernement fédéral et l’électorat canadien-anglais devait se confirmer de plus en plus, même Thomas Mulcair peinerait grandement à tenter de le réduire. (J’y reviendrai plus tard.)

Bref, on pourrait dire que ce fossé croissant est en quelque sorte la croix que devront porter les partis fédéralistes au Québec. Surtout ceux qui siègent à la Chambre des communes.

Tenez, une autre belle métaphore pascale…

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