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Un budget clientéliste

 

 

Bon. C’est fait.

Le budget du gouvernement Charest présenté par le ministre des Finances Raymond Bachand est déposé.

En fait, c’est le troisième budget à s’inscrire dans la continuité de la fameuse «révolution culturelle» enclenchée par ce dernier en 2010. Une «révolution» mieux connue sous l’expression «payer sa juste part».

Et une expression faisant surtout référence aux particuliers… et à la brochette d’augmentations de tarifs, de frais et de taxes qu’ils ont à couvrir depuis plus de deux ans déjà. D’autant que comme dit la chanson: «et, c’est pas fini»…

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Donc, voici un résumé de ce budget 2012.

Et voici comment le gouvernement, lui, voudrait bien que vous le compreniez.

Préélectoral, le budget l’est dans la mesure où il est particulièrement clientéliste en ce qu’il lance des millions, par ici et par là, à des clientèles bien ciblées comme les personnes âgées, la pauvre ville de Montréal, etc.

Le bulletin de nouvelles de TVA le résumait ainsi: «les grands gagnants du budget: les personnes âgées et les minières». Sûrement pour les secondes, mais pour les premières, ça reste à voir…

Une chose est sûre. Nul besoin de préciser que les étudiants en grève, par contre, n’y trouveront rien pour répondre à leurs revendications. Le gouvernement haussera les droits de scolarité de 1,625$ par an, à terme, d’ici cinq ans. Point.

En entrevue après le budget, Raymond Bachand va même jusqu’à présenter cette augmentation comme une mesure de «justice sociale»…

Et donc, nul besoin de préciser que la confrontation, voire la guerre d’attrition, se poursuivra et s’accentuera même sûrement entre le gouvernement et les plus de 200,000 étudiants qui, déjà, sont en grève générale illimitée.

 

 

Nul besoin d’ajouter non plus que dans le domaine des ressources naturelles, les mesures proposées par le gouvernement risquent fort de ne PAS aller chercher dans les poches des minières et des gazières autant de revenus pour le trésor public qu’il pourrait le faire avec une approche, disons, beaucoup plus proactive. Que ce soit côté redevances ou prises de participation.

(Sur cette question, voir ici et ici.)

Aussi sur ce sujet, le ministre des Finances propose que le gouvernement prenne un milliard de dollars pour acheter des parts de participation dans les minières et autres compagnies tirant profit du Plan Nord. Contrairement, par ailleurs, à l’ancien premier ministre Jacques Parizeau, lequel proposait plutôt que le gouvernement reçoive ces parts des compagnies lorsqu’il investit des fonds publics dans des infrastructures qui serviront à celles-ci.)

Aussi, alors que le gouvernement Harper menace de réduire éventuellement la sécurité de la vieillesse, le budget Bachand s’entête avec une mesure trop timide et peu prometteuse: le Régime volontaire d’épargne-retraite (RVER).

Peu prometteuse et peu utile parce que pour tous les Québécois qui ne jouissent d’aucun régime de pension collectif, qu’il soit au travail ou privé, leurs employeurs ne seront même pas tenus de cotiser à ce RVER… Encore une fois, peu est demandé des entreprises. Très peu. Et toujours plus est demandé des particuliers.

Ce budget, pour l’opposition officielle péquiste, il est «incompétent» et «perpétue l’injustice». Pour Québec solidaire, c’est la porte ouverte pour la poursuite de la privatisation des services publics. Et pour le chef caquiste François Legault, il est simplement «irresponsable».

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Maintenant, ce tout probablement dernier budget du troisième mandat du gouvernement Charest – eh oui, trois mandats, déjà -, suffira-t-il à faire bouger l’aiguille sur le cadran d’un taux d’insatisfaction continu de 70% ?…