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Lendemains de manif (suite)

 

La guerre d’attrition entre le gouvernement Charest et les étudiants en grève contre la hausse des frais de scolarité se poursuit.

Depuis la manifestation monstre du 22 mars où près 200 000 personnes ont pris la rue en solidarité pour cette cause, des associations étudiantes promettent des actions quotidiennes.

 

 

Des actions qui, selon la CLASSE  (Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante), s’inscriront dans une stratégie de «lutte prolongée».

On s’attend donc, entre autres, à des «actions de perturbation» devant des symboles du pouvoir économique, privés ou étatiques.

Quant à la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) et la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec), leurs actions, entre autres, comprennent une campagne menée dans dix comtés où le candidat libéral l’a emporté de justesse lors de l’élection de 2008.

Le tout, avec comme objectif d’«élargir» le débat. Question de remettre en question l’orientation socio-économique globale du gouvernement Charest. Et ce, partout à travers le Québec. Incluant, la semaine prochaine, dans le comté du premier ministre lui-même.

Or, du côté gouvernemental, on compte surtout sur le temps pour épuiser les étudiants, leurs appuis et l’opinion publique. Les fins de session approchent et l’attention médiatique, du moins, l’espère-t-on, à Québec, finira bien par se fatiguer elle aussi…

Une autre carte dans le jeu du gouvernement est l’élection générale.

Si le premier ministre venait à attendre à l’automne pour la déclencher, on se demande bien à Québec comment les étudiants pourraient tenir le coup jusque-là?

Et pour le dire encore plus clairement, il reste que les étudiants de cégeps et d’universités, leurs professeurs, les syndicats, les artistes, ne font pas vraiment partie de la clientèle électorale traditionnelle du Parti libéral. Loin de là…

Ce qui, on en conviendra, est un élément central dont il faut aussi tenir compte dans la décision du gouvernement d’augmenter les frais de scolarité de 75% en cinq ans…

La question n’est donc pas qu’idéologique pour le gouvernement. Elle est également politique et électoraliste.

Bref, pour les étudiants, le printemps risque de durer longtemps.

C’est pourquoi l’unité et la détermination de leurs organisations seront des facteurs cruciaux pour la suite des choses…

En attendant, ce mardi matin, de manière tout à fait prévisible, le premier ministre Charest ouvrait la porteà une possible bonification du régime de prêts et bourses.

Mais sur la hausse elle-même, il ne bouge pas, et il en fait une «question de leadership»…