BloguesJosiane Ouellet

C’est la fête!

Je reviens de la grande première de Regards-9, spectacle créé spécialement pour le 400e, et, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’esprit était à la fête. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on a le choix entre les courtes pièces de neuf auteurs, à qui on a demandé de s’inspirer d’un lieu de Québec et du thème de la rencontre pour écrire une histoire, et qu’on peut, en plus, opter pour l’une ou l’autre des deux mises en scène très contrastées imaginées par Michel Nadeau pour chacune d’elles. Il y avait de l’électricité dans l’air. D’une part, pour les comédiens, qui devaient garder à portée de mémoire une quantité de texte phénoménale et se tenir prêts à interpréter n’importe quelle version avec seulement une minute de préparation. Mais aussi, pour nous, simples spectateurs, qui nous nous sentions comme des enfants devant un magasin de bonbons. Et nous nous sommes régalés! D’abord, pour donner le ton, un coup d’envoi punché, avec la pièce d’Anne-Marie Olivier, dont les personnages de paumés colorés sont parvenus, une fois de plus, à nous toucher tout en nous faisant rire. Puis, le clash, avec le texte dramatique de Koffi Kwahulé, dépeignant, au gré d’un langage plus soutenu et de redondances poétiques, un triangle amoureux impliquant deux frères immigrants. On a vite compris que la diversité serait au rendez-vous et que les choix de mises en scène se feraient aussi inattendus qu’adaptés à chaque situation. Bien sûr, certain numéro ont soulevé davantage d'enthousiasme que d'autres, mais disons qu’au final, le résultat a été résolument positif. Quant au décor de l’architecte Pierre Thibault, constitué d’écrans superposés permettant de découper l’espace d’une multitude de façons, il combine simplicité et efficacité. De plus, si le texte de Jean-Marc Dalpé avait de quoi amuser, c’est la performance de Catherine Larochelle et Jean-Michel Déry qui lui a donné une tournure vraiment savoureuse. Idem pour la folie complètement délirante de toute l’équipe (aussi Marie-Josée Bastien, Réjean Vallée, Véronika Makdissi-Warren et Vincent Champoux) dans l’interprétation de la pièce de Marc Prescott. Enfin, nous avons aussi eu droit au texte de Marie Brassard, un monologue ingénieusement servi en trio, ainsi qu’à ceux de Robert Lepage et Michel Nadeau, dans des registres respectivement humoristique et dramatique. Bref, une soirée sous le signe du happening. Le tout, agrémenté de l’animation conviviale de Jacques Leblanc, des clins d’œil sonores et musicaux de Marc Vallée ainsi que des dynamiques images de la Vieille Capitale signées Mario Villeneuve.