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BloguesLa blogue de Catherine Genest

Un peu de tendresse (pour Xavier Dolan), bordel de merde!

Source: Canal + via Youtube
Source: Canal + via Youtube

Certaines réactions post-Mommy à Cannes ne prouvent qu’une seule chose, et une fois de plus: #lesgens sont horriblement jaloux du succès des autres.

C’est un fait vérifiable: l’ambition est souvent mal vue au Québec, perçue comme une forme de vantardise. Pourtant, aucun olympien canadien n’a un jour été pointé du doigt (ou étiqueté comme « un prétentieux ») pour s’être lui-même souhaité la médaille d’or à la veille d’une compétition. Idem pour un joueur de LNH désireux de remporter la coupe Stanley. Pourquoi reproche-t-on à Xavier Dolan de rêver à la Palme d’or dans ce cas? Parce qu’il est jeune? Parce qu’il n’a pas de formation en cinéma? Parce qu’il est un fils d’acteur (Manuel Tadros) et un ex-enfant star? Je me questionne depuis si longtemps, je n’ai jamais trouvé la réponse et j’en ai vraiment marre.

Comment se fait-il que Xavier Dolan est aussi malmené par les chroniqueurs locaux? Je pense à Sophie Durocher et à Éric Duhaime, entre autres, mais je pourrais en nommer d’autres ou m’amuser à retracer la haine format podcast via Google sans trop de mal. Mais je ne le ferai pas. Il s’est dit des choses horriblement haineuses à son sujet et les preachers des ondes hertziennes continueront de condamner « notre maudit gouvernement qui dépense l’argent des contribuables pour des films de Xavier Dolan que personne n’ira voir. »

Le problème est toutefois plus complexe, décliné en une bonne cinquantaine de nuances de gris. Il serait faux de croire que les rednecks et les autres droitistes anti-subventions sont les seuls détracteurs de Dolan. Être de ceux qui animent les réseaux sociaux de VOIR m’a régulièrement permis la rencontre avec une autre gang de haters. Celle des intellectuels auto-proclamés, des artistes ratés, des pseudo-philosophes et des autres méchants qui lancent (virtuellement, certes) des roches à celui que Peter Bradshaw du Guardian décrivait pourtant comme un prodige dans sa critique d’hier.

On dit que nul n’est prophète en son pays. C’est vrai. Aujourd’hui, Xavier Dolan l’a prouvé encore une fois en faisant honneur à un peuple qui lui crache trop souvent dessus, à un peuple qui ne se déplace même pas dans les salles pour voir ses films. Je généralise, vous comprendrez, mais reste que les recettes aux box-office de Lawrence Anyways, J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires et Tom à la ferme n’ont pas été à la hauteur des films de super-héros et des autres blockbusters américains. Parlez-en à M. Guzzo.

Xavier Dolan est célébré, adulé et récompensé à Venise, New York et Cannes. Ce serait peut-être chouette qu’on commence par le respecter chez lui.  J’espère sincèrement que la Palme d’or tant espérée clouera le bec à ses détracteurs pour une maususse de bonne secousse.