BloguesLa blogue de Catherine Genest

Jour 8 du FEQ : triple plateau de femmes fatales

La tête d'affiche ce soir était Lights (Crédit: Marion Desjardins)
La tête d’affiche ce soir était Lights (Crédit: Marion Desjardins)

Ce soir, je retourne à l’Impérial comme au premier jour du festival pour une autre soirée de pop alternative. Au programme ? Deux projets inversant (volontairement) les genres et l’ex protégée de Jian Ghomeshi. Ça ne s’invente pas.

Le Couleur entre sur scène avec son hit, probablement dans mon top 5 de chansons estivales de toutes époques confondues, le très radiophonique Vacances de 87. Laurence Giroux-Do est sexy, comme toujours, elle déborde de sensualité dans sa voix comme dans son combi-pantalon et sa façon de bouger. Une carte suave qu’elle joue à la perfection, malgré des problèmes d’oreillette. Qu’à cela ne tienne : la fille est une pro et va même jusqu’à danser avec ses fils comme s’il s’agissait d’un boa à plumes. (Vidéo via Instagram)

Accompagné d’un percussionniste (son nom m’échappe, je m’en excuse), le désormais quatuor a brillé malgré un espace plus petit qu’une chambre dans une résidence de Cégep – ce qui les contraignait sérieusement dans leurs mouvements. Un set sans temps morts, rythmé à souhait et empreint du charme « très frenchy » propre au groupe électro pop montréalais.

Laurence Giroux-Do, la chanteuse de Le Couleur (Crédit: Marion Desjardins)
Laurence Giroux-Do, la chanteuse de Le Couleur (Crédit: Marion Desjardins)

Parlant de femme charismatique et magnifique, c’est Nadia Essadiqi qui poursuit le bal avec Vortex puis Explose-Moi. Magnétique, l’auteure-compositrice-interprète aussi actrice, un peu humoriste et joueuse de caisse claire a livré une performance sentie avec des interventions déroutantes comme «  Québec, t’es beau. J’ai même pas envie de dé-crisser ! » Qui d’autre oserait ?

Bien en voix, La Bronze s’est risquée à une nouvelle balade jouée au piano agrémentée par un beat pesant qui prend au coeur, un couplet rappé et une guitare électrique très rock. Et c’est surtout cette guit-là qui procure au projet une signature musicale si distinctive.

Nadia Essadiqi de La Bronze (Crédit: Marion Desjardins)
Nadia Essadiqi de La Bronze (Crédit: Marion Desjardins)

Un autre moment fort ? Sa reprise de Formidable par Stromae, son BFF psychique comme elle l’a présenté, traduite en arabe et réarrangée. « Strom, c’est comme ça que je l’appelle, vous fait dire salut ! », lance-t-elle en terminant. Faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas l’aimer surtout quand elle et ses musiciens (un certain Franklin, Clément Leduc) revêtissent des costumes pour chanter ensemble à la toute fin.

 

Comme une capsule temporelle circa 2006

Tout ce que je connaissais de Lights avant ce soir, c’est une association peu reluisante avec du recul et la pièce February Air téléversée sur MySpace à une époque où il fallait être à l’université pour s’ouvrir un compte Facebook.  Je n’avais jamais accroché, sa voix de chérubin n’avait jamais réussi à m’impressionner.

Or, c’est une toute autre personne que je vois apparaître dix ans (ou presque) plus tard sur la scène de l’Impérial. Une pop star bourrée d’assurance, presque de la trempe d’Icona Pop, qui a clairement pris des cours de chant ou travaillé avec un coach vocal entre temps. Oui, la fille est plutôt douée. Le hic, c’est que son répertoire est homogène et que j’ai l’impression d’avoir entendu ses compositions chez une myriades d’autres chanteuses proches parentes d’Ellie Goulding – même si cette dernière est arrivée après l’Ontarienne avec un premier album que s’intitule ironiquement… Lights !

Tout ce qui lui manque ? Des hooks et, avouons-le, des arrangements plus actuels. Faudrait aussi qu’elle cache un peu mieux ses influences parce qu’Emily Haines de Metric n’est jamais bien loin elle non plus, surtout sur la pièce Portal interprété à la mi-parcours. Mais j’insiste : cette Valerie Anne Poxleitner a du talent, elle a juste besoin d’un réalisateur avec un regard extérieur pour se sortir de l’ère emo pop.

 

// À surveiller demain au FEQ: The Barr Brothers et Patrick Watson dès 20h sur les plaines d’Abraham