Librairie La Liberté
Être libraire en 2016
Librairie La Liberté

Être libraire en 2016

Dépoussiérer le libraire…

Au cas où vous en doutiez, sachez que le libraire du XXIe siècle est branché et « techno »… Il a intégré à son vocabulaire des termes comme « twittérature » et « liseuse », il utilise couramment Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest (et j’en passe), il sait faire la différence entre un ePub et un PDF, il lui arrive de clavarder avec ses clients, il utilise la vidéoconférence pour assister à des réunions ou à des formations… Bref, il ne fait aucun doute que son étonnante capacité d’adaptation garantit sa survie dans la sélection naturelle qui caractérise notre évolution, n’en déplaise à Darwin.

Il faut être de son temps, certes, mais il faut trouver le moyen d’utiliser ces ressources dites « technologiques » sans travestir ce qui fait et qui a toujours fait la beauté de notre métier. Il s’agit de prolonger notre travail sur le web d’une manière qui correspond à ce que nous défendons, sans diluer notre expertise ou dévaloriser l’importance du service-conseil que nous offrons et qui nous démarque. En somme, il faut maintenir notre rôle de « passeur », comme le définissait si bien Daniel Pennac dans son pamphlet intitulé Gardiens et Passeurs (tirage hors commerce, éditions Les 400 coups, 2013). N’est-il pas de notre devoir que de transmettre le plaisir de lire? C’est très certainement l’une de nos raisons d’être.

Pour tout cela, je vous invite aujourd’hui à suivre nos chroniques, qui seront rédigées par des libraires passionnés dans un désir de partage et de décloisonnement.

Un peu d’histoire…

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Éléna Laliberté

Si vous ne connaissiez pas la Librairie La Liberté, je me permets de vous en présenter un bref historique :

Mon grand-père, Lucius Laliberté, disait toujours qu’il faisait le plus beau métier du monde… et il avait raison ! C’est à Granby en 1945 que la Librairie La Liberté voit le jour.

D’abord un simple comptoir de livres dans le magasin de tabac de mon arrière-grand-père, elle volera vite de ses propres ailes. À cette époque, rien n’est tracé d’avance. Tout est à créer dans le domaine du livre au Québec. C’est en 1965 qu’elle ouvre ses portes sur la rue Myrand, à Sainte-Foy. Parallèlement à son travail de libraire, mon grand-père mène plusieurs autres projets de front : il fonde en 1970 les Éditions La Liberté, il initie à titre de président à l’automne 1972 le premier Salon International du livre de Québec, il met en place avec d’autres collaborateurs le premier dépôt de livres français en territoire québécois, il présente le premier cours de librairie à Québec…

« Tout cela sur le dos d’un seul homme ! », direz-vous peut-être…
Eh bien ! Sachez que l’adage dit vrai : derrière chaque grand homme, il y a une femme.

Dès 1959, Denise Poirier Laliberté, ma grand-mère, s’implique à ses côtés avec passion. Nous profitons toujours de son expérience au quotidien : à plus de 80 ans (cela reste entre vous et moi), vous pouvez la croiser tous les jours à la librairie! Mais l’histoire de famille ne s’arrête pas là. Dès 1975, c’est au tour de mon père Christian Laliberté de prendre goût au métier. Il assure la pérennité de la librairie en s’adaptant aux nouvelles réalités qu’imposent les grandes surfaces et Internet, pour ne nommer que ceux-là. Il s’implique également dans l’organisation du Salon International du livre de Québec en tant que membre du Conseil exécutif, présentement à titre de vice-président.

La librairie fêtait l’année dernière ses 70 ans… Pour moi comme pour plusieurs libraires de la relève, l’histoire ne fait que commencer!

Éléna Laliberté, libraire

Ce texte a été également publié sur le blogue libredelire.com