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Patricia Cornwell : Mordoc

Le huitième thriller médical de l’Américaine Patricia Cornwell met de nouveau en vedette les principaux personnages qui l’ont accompagnée depuis la publication de son premier roman, Postmortem, en 1990: le docteur Kay Scarpetta, médecin légiste et expert général de l’État de Virginie; sa nièce Lucy, génie du cyberespace au sein du FBI; Pete Marino, commandant de la brigade criminelle de la police de Richmond, et Benton Wesley, directeur de l’unité du FBI chargée d’enquêter sur les tueurs en série d’enfants.

Dans Mordoc, tout ce beau monde travaille de concert pour élucider un crime répugnant: une femme a été retrouvée démembrée dans une décharge publique. Après l’analyse des asticots récupérés sur le corps et des étranges pustules recouvrant le cadavre, le docteur Scarpetta constate que ce crime est différent des cas survenus en Irlande et en Virginie, huit ans plus tôt. En fait, celui qui se fait appeler Mordoc voulait seulement attirer son attention. Maintenant, il menace la population d’une arme biologique beaucoup plus destructrice: la variole. Les messages et photos que Mordoc lui fait parvenir par courrier électronique aideront le médecin légiste à mener son enquête.

Si l’auteure la mieux payée au monde est parvenue à conquérir des millions de lecteurs américains, c’est parce qu’elle respecte un précieux conseil reçu au début de sa carrière: écrire seulement sur ce qu’elle connaît. En effet, Cornwell a couvert les faits divers pour le Charlotte Observer pendant plusieurs années, avant de travailler au Richmond Medical Examiners Office. Suivant les conseils du docteur Marcella Fierro, médecin légiste et expert général de la Virginie, elle s’est même engagée comme policier volontaire, afin de mieux connaître les dessous du travail d’enquêteur criminel. D’ailleurs, c’est le docteur Fierro qui a inspiré le personnage de Kay Scarpetta.

Ainsi, Cornwell nous entraîne à la morgue, nous permettant d’assister à une autopsie dans tous ses lugubres détails. On apprend donc comment le meurtrier s’y est pris pour sectionner les membres de la victime, toujours en vie. Ou bien comment faire bouillir les os dans une solution diluée d’eau et de Javel afin d’en détacher la chair et la graisse, et autres descriptions encore plus croustillantes.

Outre ses expériences de travail, Cornwell a beaucoup puisé en elle-même pour forger le caractère de son personnage principal, le rendant plus accessible. Par exemple, dans Mordoc, le médecin légiste est au bord de la dépression, à cause de sa charge de travail incroyable; Cornwell, elle, ne cache pas qu’elle souffre d’une maladie bipolaire et qu’elle se soigne aux antidépresseurs. Une grande part du succès de l’auteure s’explique ainsi par le fait que, même si le docteur Scarpetta mène une vie hors du commun et possède une personnalité exceptionnelle, elle demeure attachante et humaine. Dans Mordoc, la panique s’empare de l’héroïne lorsqu’elle doit être mise en quarantaine après être entrée en contact avec la première victime de la variole. Survivra-t-elle assez longtemps pour trouver le terroriste?

L’auteure captive le lecteur par sa façon de mener l’intrigue, semant ici et là des indices, comme autant de petites bombes explosant sans prévenir. Elle utilise à son profit une triste réalité: la soif macabre de ses lecteurs d’en savoir toujours plus sur le déroulement des enquêtes criminelles. Pour sûr, avec Patricia Cornwell, c’est comme si on y était. Éd. Calmann-Lévy, coll. Crime, 1998, 323 p.

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