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La dame qui aimait les toilettes propres : La dame qui aimait les toilettes propresde J. P. Donleavy

Quand plus rien dans le monde ne sera drôle, sans doute restera-t-il encore la bourgeoisie new-yorkaise: véritable parade de m’as-tu-vu qui crachent leur argent à la pelle mais dispensent la sincérité à la petite cuiller, et dont il vaut mieux rire, c’est entendu. L’écrivain américain J. P. Donleavy, qui ne s’est pas privé ailleurs d’en relever les travers, récidive avec son dixième livre traduit en français: La dame qui aimait les toilettes propres, sous-titré «Chronique d’une des plus étranges histoires colportées dans les environs de
New York».

Écrit dans un style télégraphique, sautant sans raison apparente de la première à la troisième personne, le court roman a ces marques de l’urgence et de l’authenticité que l’on trouverait plus particulièrement dans un journal intime, mais qu’un humour grinçant place plus sûrement du côté du conte burlesque. Il raconte l’histoire de Jocelyn Guenevere Marchantière Jones, 42 ans, domiciliée rue Winnapoopoo (!), dans la banlieue new-yorkaise très huppée de Scarsdale, avec mari et enfants.

Élevée pour être ni plus ni moins qu’une snob («ton snobisme est ce que tu possèdes de plus précieux au monde, chéris-le», se répète-t-elle), fréquentant les bons endroits, les bonnes personnes, et surveillant de près ses manières et celles des autres, Jocelyn a forcément toujours été aveugle à la violence, à la pauvreté, au désarroi du reste du monde. Mais lorsque son mari la quitte et que tous ses avoirs sont maladroitement dilapidés, elle se retrouve aux premières loges de la misère. Un sujet qui n’est pas nouveau, certes, mais que J. P. Donleavy traite avec une légèreté caustique, délicieuse. Traduit de l’anglais par Pierre Guglielmina, Calmann-Lévy, 1998, 158 p.

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