Au revoir, Camille! : Merci la vie
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Au revoir, Camille! : Merci la vie

Les ressources ne sont pas aussi nombreuses pour les enfants que pour les grands; mais on peut se réjouir que la littérature compte désormais de plus en plus de titres visant à aider les petits à traverser de dures épreuves.

Les drames n’attendent pas qu’on soit grand pour nous tomber dessus. On a huit ans, et un meilleur ami qui se meurt du cancer. On a cinq ans, et l’on doit fuir sa patrie. On est tout petit, assailli par des émotions complexes, et on a besoin d’aide.

Les ressources ne sont pas aussi nombreuses pour les enfants que pour les grands; mais on peut se réjouir que la littérature compte de plus en plus de titres visant à aider les petits à traverser de dures épreuves. Et si la Fondation suisse Espace-Enfants a quelque voix à ce chapitre, on peut gager que la production ne tarira pas de sitôt. Fondée à Genève en 1986 par l’écrivaine Han Suyin, Espace-Enfants se donne pour but de promouvoir la psychologie enfantine par la littérature. Cette année, la Fondation a remis son grand prix à la Québécoise Sylvie Desrosiers, pour son roman Au revoir, Camille!, une histoire qui s’adresse aux enfants dès six ans, et qui raconte la mort du petit Camille, sept ans.

Sylvie Desrosiers, qui signe également des romans pour les ados, pour les adultes, et des textes humoristiques (elle était de l’équipe de Croc), a une plume vivante, sensible, pleine d’esprit, qui puise pour écrire dans une immense compréhension du monde des enfants. Ainsi, entre les larmes que nous arrachent les adieux du mourant à l’ami qui lui survivra ("Thomas, je te donne toute ma collection de transformers. (…) Mais pas aujourd’hui. Tu viendras les chercher quand… quand je serai mort"). Entre ces larmes qui ne veulent pas tarir lorsque l’on retrouve bientôt Thomas au chevet du cercueil de son copain, jouant pour lui Au clair de la lune sur son violon, on se surprend à sourire. Parce que Sylvie Desrosiers a écrit Au revoir, Camille! en gardant ses deux pieds bien ancrés dans l’univers des enfants, en racontant leurs drôles d’idées, leurs chicanes, leur naïveté. Parce qu’elle a montré la mort et la vie intrinsèquement liées. Parce que c’est comme ça quand on est petit aussi. Sylvie Desrosiers reçoit un prix hautement mérité.

Un autre livre est arrivé sur les rayons, qui pourra aider les enfants concernés et peut-être aussi sensibiliser les autres à une situation de plus en plus courante. Premier titre de la maison d’édition québécoise Pirouli, Aïxa, Châteaux de sable, de Florence Bolté, raconte, en des mots et des images simples, l’expérience de déracinement d’une enfant de cinq ans. Laissant derrière elle un pays aimé, Aïxa devra réapprendre à vivre ailleurs. Et libre.

Enfin, les parents pourront initier leurs enfants, dès huit ans, à la réflexion philosophique, avec ce très joli petit livre de la collection Les goûters philo intitulé La Vie et la Mort. Ici encore, à la manière de Sylvie Desrosiers, les auteurs, Brigitte Labbé et Michel Puech, sont parvenus à parler de thèmes graves avec naturel. Et les illustrations marrantes assurent de bien faire passer la pilule!

Au revoir, Camille!, de Sylvie Desrosiers
Éd. La courte échelle, 2000, 63 p.

La Vie et la Mort, de Brigitte Labbé et Michel Puech
Éd. Milan (Les goûters philo), 2000, 39 p.

Aïxa, Châteaux de sable, de Florence Bolté
Éd. Pirouli, 2000, 49 p.

Au revoir, Camille!
Au revoir, Camille!
Sylvie Desrosiers

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