Au non-plaisir de vous revoir : Caroline Moreno
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Au non-plaisir de vous revoir : Caroline Moreno

Une femme est sur le point de mourir, lorsqu’elle décide d’écrire une lettre à ses proches en guise de testament. Cette missive s’adresse à sa soeur, Alice, ou c’est du moins ce que l’on comprend du texte qui nous est donné à lire. Mais plus le récit se déroule, plus l’on saisit aussi que la lettre est destinée à tous ceux que la narratrice a aimés et chéris au cours de sa vie trop courte. C’est le sujet du roman d’une nouvelle venue, journaliste de métier, mais qui a pris ce pseudonyme de Caroline Moreno pour publier son premier  livre.

Une femme est sur le point de mourir, lorsqu’elle décide d’écrire une lettre à ses proches en guise de testament. Cette missive s’adresse à sa soeur, Alice, ou c’est du moins ce que l’on comprend du texte qui nous est donné à lire. Mais plus le récit se déroule, plus l’on saisit aussi que la lettre est destinée à tous ceux que la narratrice a aimés et chéris au cours de sa vie trop courte. C’est le sujet du roman d’une nouvelle venue, journaliste de métier, mais qui a pris ce pseudonyme de Caroline Moreno pour publier son premier livre.

"L’immobilité n’existe pas, pas même la nuit; il y a toujours quelque chose qui quelque part frémit, gémit, court, crie et, tu sais, je ne me suis jamais autant divertie et n’ai jamais autant appris que de mon lit, d’où je t’écris et dans lequel je vais m’éteindre d’ici peu." L’affaire est claire; la manière dont s’exprime la narratrice ne laisse pas présager de guérison, mais révèle plutôt le destin auquel elle s’est sagement résignée. C’est tour à tour la femme, la soeur, la maman de la petite Marie et la conjointe de Victor qui parle et qui se fait un devoir de relater la vie qui l’entoure et qui l’a rendue si heureuse. "On dirait que le soleil s’est déplacé d’un toit. Un autre encore et j’entendrai râler le moteur de la voiture, je le reconnais entre mille, les portières claquer, clac! clac! Les voix de Victor et de Marie s’élever. Lorsque, main dans la main, ils atteindront les marches de l’escalier, un, deux, trois, l’immeuble entier se mettra à vibrer comme la cage, entre ciel et terre, d’un ascenseur."

À côté de la vie, dépeinte par un langage coloré, rythmé, sensoriel, il y a aussi la tristesse et l’absurdité de la mort, que l’auteure n’esquive pas. Tout au contraire. C’est sans doute ce qui donne au récit de Caroline Moreno un accent de vérité. Pas de complaisance, mais un regard franc sur un sujet abordé de plein fouet.

Le roman n’est malheureusement pas pour autant une totale réussite. Bien que les personnages existent (par diverses trouvailles telles que l’insertion de dialogues sur la mort avec la petite Marie), que le thème évoqué plus haut soit bien développé, l’écriture manque de raffinement. Certaines tournures font décrocher du récit ("[…] tandis que la tête de Madame Simon se perdait dans la contemplation de ma vie biodégradable, recrachée par les orifices de mon corps en marge de devenir cadavre […]"???). Le ton parlé de la lettre y est peut-être pour quelque chose?

Sur le plan du contenu, Au non-plaisir de vous revoir aurait tout de même pu frapper plus fort si l’auteure nous avait invités à une plus grande introspection. Mais ce livre est un début, et mérite que l’on s’y attarde. Lanctôt éditeur, 2002, 103 p.

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