Fred Pellerin : Le monde à l'envers
Livres

Fred Pellerin : Le monde à l’envers

Fred Pellerin respecte rarement les conventions. Fantaisiste, il a présenté son nouveau spectacle, Comme une odeur de muscles, en France puis au Lion d’Or de Montréal avant de s’attaquer à la Salle J.-A.-Thompson.

Un léger crachin tombe sur la ville. Malgré le temps maussade, Fred Pellerin débarque au Morgan avec son traditionnel air espiègle. Après quelques blagues, il s’assoit, prêt à discuter de tout et de rien.

En fait, tout va pour le mieux pour le jeune conteur de Saint-Élie-de-Caxton, qui a littéralement conquis le public montréalais avec Comme une odeur de muscles. La supplémentaire qu’il présente le 23 novembre au Lion d’Or de Montréal affiche déjà complet et de nouvelles dates de spectacle s’ajoutent à son calendrier. Fred, touché par une telle réponse, explique tant bien que mal le phénomène: "Mes chroniques à l’émission de Marie-France Bazzo m’ont beaucoup aidé. J’ai aussi longtemps conté dans les Maisons de la culture…"

Les nombreux applaudissements le rassurent aussi quant à la pertinence de son nouveau show. Après le succès du spectacle Il faut prendre le taureau par les contes, l’artiste à l’imagination débordante craignait de succomber au vertige de l’inconnu et de reprendre certaines de ses vieilles histoires. "Là, ça va. J’ai cinq bons contes et trois ou quatre tounes." Le sujet? Ésimésac Gélinas, l’homme fort de Saint-Élie-de-Caxton, qui n’a pourtant jamais vraiment fait la preuve de son don aux yeux de tous. "Il ne forçait pas bien, bien, rigole Fred. Il faisait des gestes de force passive. Par exemple, quand le chien a fait une crotte sur le parvis de l’église, tout le village a voulu bouger l’église. Ésimésac, lui, a tassé la crotte!" Ainsi, le conteur brode pendant plus d’une heure et demie autour de ce qu’est un véritable tour de force.

L’idée de prendre d’assaut la Salle J.-A.-Thompson a donné, pendant une courte période, quelques bouffées de chaleur à Fred Pellerin. Celui-ci redoutait de se produire devant une salle vide. Il y avait après tout 1000 sièges à remplir. Question de se rassurer, le sympathique personnage allait jeter un œil sur le Web. Il feignait de s’acheter des billets afin de voir quelles places on allait lui suggérer. Mais le conteur n’a plus besoin de s’inquiéter. Les ventes vont bon train. Le village de Saint-Élie a même organisé un autobus pour assister au spectacle. "J’ai juste envie de brailler quand je conte devant les gens de Saint-Élie. Ils veulent m’entendre… Déjà qu’ils me prêtent leur histoire. Ils savent que je vais beurrer épais après. Mais ils me font confiance. Ils sont assurés d’être "cités tout croche" correct."

Le 12 novembre à 20 h
À la Salle J.-A.-Thompson
Voir calendrier /Variés