Christian Quesnel : Les pages alternatives
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Christian Quesnel : Les pages alternatives

L’artiste visuel Christian Quesnel est à l’image de la BD qui a pris racine dans la région et qui s’épanouit maintenant dans toute sa splendeur. Entretien.

Étudiant en graphisme à la Cité collégiale, Christian Quesnel avait enfoui son projet de devenir bédéiste à force de découragements de la part de ses profs. Finalement, une auteure se présente en classe et lance un concours pour illustrer son conte pour enfants. Christian Quesnel le remporte et fait son premier pas dans le monde de l’édition et de l’illustration. Depuis, le monde de la BD en Outaouais s’est littéralement métamorphosé, surtout avec l’arrivée du baccalauréat en bande dessinée de l’UQO – dont Christian a été un consultant pour sa mise sur pied en 1998. "On a été bien chanceux; dans les dernières années, les gens se sont beaucoup ouverts à la BD; on est dans les années charnières, je dirais. Les mentalités évoluent… Il y a 15 ans, c’était dur de trouver un Corto Maltese ou un Hugo Pratt. Maintenant, on en retrouve partout, c’est surprenant."

Dès le début de l’entretien, Christian Quesnel rectifie le tir. Installé dans le bureau des Éditions Studio Premières Lignes, il me montre ses premières œuvres sur sa table à dessin et explique: "Je me définis de moins en moins comme bédéiste, mais plus comme artiste visuel puisque je fais du graphisme, des tableaux, etc." Le créateur qui s’adresse davantage à un public adulte, essaie le plus possible de casser les préjugés liés à la bande dessinée.

Ainsi, ses premières BD reposaient toutes sur des faits historiques: l’histoire d’un jeune Métis à l’époque de Louis Riel (Le Crépuscule des Bois-Brulés, 1995; L’Exovedat, 2002), la déportation des Acadiens de 1755 (La Quête des oubliés,1998) et le grand feu de la ville de Hull (Le Grand Feu, 1999). "Ça me le dit moins, asteure, de travailler ce style-là; c’est peut-être même la dernière BD que je vais faire de ce genre-là", remarque-t-il ajoutant qu’il comble sa passion pour l’histoire dans ses lectures personnelles.

Il illustrera ensuite deux récits de Danièle Vallée (Le D2UX, 2004; Manche de pelle, 2005), où l’on peut en effet constater un changement dans le style et dans l’approche de l’artiste.

Toujours à l’affût de ce qui l’environne, Christian Quesnel se dit entouré d’amis qui stimulent son imagination, le portant à créer avec plus de créativité. "C’est dans le quotidien que je retrouve de plus en plus mes sources d’inspiration. Je pense que si on est fermé, un moment donné, on plafonne et, comme artiste, il faut agir comme une éponge, absorber tout ça." Ainsi, son copain qui aime les "chars" appelle sa curiosité, son œil artistique; l’autre qui est infirmier lui apprend des choses sur le comportement humain, etc. "Ça me permet d’aller plus loin dans les scénarios, mais aussi dans les illustrations."

Dans ses nouveaux projets, Christian aimerait explorer plus encore le noir et blanc. "Je veux aller vers plus contemporain… De la couleur, je suis un peu tanné; c’est long à faire. (Rires.) Le noir et blanc n’a pas autant d’impact, mais j’aime bien ça. Je pense que ça stimule encore plus l’imagination; les gens se font leurs couleurs par automatisme. […] C’est drôle parce que les gens me disent que ma force, c’est la couleur. Mais je me remets en question… Je ne veux surtout pas tourner en rond dans ma carrière", conclut Christian.

Un projet avec le poète Guy Jean est aussi sur la table du créateur de l’ombre et de la lumière. À suivre…

Christian Quesnel prendra part au RVIBDG dans différentes activités dont une table ronde, une exposition et des séances de dédicace(www.slo.qc.ca).

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Petite annonce: Studio Premières Lignes convie le public à son party Épisode II le 22 octobre à 20 h au Petit Chicago avec lecture d’un conte par Danièle Vallée et Jean Cloutier, lancement de la BD d’Andrée St-Georges, buffet léger et autres surprises, le tout sur la musique du DJ J-Funk.

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