Maxime-Olivier Moutier : L'interrogatoire
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Maxime-Olivier Moutier : L’interrogatoire

L’écrivain et psychanalyste à la langue bien pendue est l’un des invités d’honneur du Salon du livre de Montréal. Nous en avons profité pour le cuisiner un peu…

Voir: Quelles sont vos obsessions du moment?

Maxime-Olivier Moutier: "Je suis épris d’à peu près toujours la même obsession, celle de devoir tenter d’écrire un prochain livre, meilleur que le précédent. Tout en répondant aux diverses demandes de la vie quotidienne, je ne pense en fait qu’à cela."

Qu’est-ce qui vous distingue des autres?

"Le fait d’être incapable de faire autrement que ce que je crois devoir faire dans la vie. Je ne suis pas le seul à suivre cette voie, mais on n’est pas des masses. La plupart meurent très jeunes."

Jugez-vous votre sort enviable?

"Oui. Je suis en paix avec mon opiniâtreté, et je ne voudrais pas vivre autrement."

Pourquoi vivez-vous là où vous vivez?

"Parce que le loyer n’y est pas cher. Choix purement administratif."

Nommez trois artistes que vous n’aimez pas.

"Impossible. Comme tout bon Québécois, j’aime tout le monde et tout le monde est extraordinaire et en tant qu’artiste, tout ce qui m’arrive est un beau cadeau."

Nommez trois artistes que vous aimez.

"L’architecte Jean Nouvel, surprenant d’audace. Le sculpteur Ron Mueck, dont vous avez peut-être raté une importante rétrospective au Musée des beaux-arts du Canada (à Ottawa) au printemps dernier et, bien sûr, l’incontournable Damien Hirst, dont on attend toujours la dernière trouvaille. Chaque fois géniale."

Qu’êtes-vous incapable de vous refuser?

"Je suis capable de tout me refuser, sauf un cornet de crème glacée le vendredi soir avant de m’endormir. Trois boules, si possible, avec une banane, des cerises, un carré de brownie et des biscottes, le tout recouvert de caramel fondant. Délicieux."

Que dirait votre épitaphe?

"I’ll be back!"

Qu’est-ce qui vous fait encore peur?

"Les médecins qui disent que l’alcoolisme, les problèmes de jeu et la dépression sont des maladies, rendant ainsi les gens davantage irresponsables devant ce qui leur arrive."

Qu’est-ce qui vous met en colère?

"Les employés syndiqués. Le syndicalisme est une machine à tuer tout désir au travail, et à faire passer des travailleurs gâtés pourris, souvent malhonnêtes, pour d’éternelles victimes. Je ne suis jamais du bord des victimes."

Où étiez-vous il y a dix ans?

"Difficile de me rappeler tant je prenais de la drogue. Mais il me semble que je vivais à Beverly Hills et que je sortais avec Angelina Jolie. Elle était tellement folle amoureuse que j’ai dû la quitter, trop envahissante."

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire?

"Des implants mammaires 36C, pour offrir à ma femme."

Même pour un million, je ne?

"Même pour un million, je ne poserais jamais nu. Mais pour deux millions, peut-être que oui."

Qu’aimeriez-vous oser faire?

"Un autre enfant. Malgré tout."

Que pensez-vous des journalistes?

"Ce sont en général des gens qui oeuvrent sans éthique, justifiés par un très pratique droit à l’information, et qui ne se trouvent jamais responsables des conséquences de ce qu’ils disent et écrivent. Un des boulots où le problème de l’impunité reste encore très vif."

Les Trois Modes de conservation des viandes
de Maxime-Olivier Moutier
Éd. Marchand de feuilles, 2006