Jean-Jacques Pelletier : Gérer l'Apocalypse
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Jean-Jacques Pelletier : Gérer l’Apocalypse

Six ans après Le Bien des autres, Jean-Jacques Pelletier livre la très attendue conclusion de la série Les Gestionnaires de l’Apocalypse. La Faim de la Terre est un thriller enlevant, d’un réalisme inquiétant.

Lors d’une entrevue publiée dans nos pages à la suite de la parution de L’Argent du monde, en 2001, Jean-Jacques Pelletier disait que la société québécoise et nord-américaine n’était pas à l’abri des crimes financiers. Neuf ans plus tard, force est d’admettre qu’il avait vu juste.

Dans La Faim de la Terre, il est question de la famine, de la contamination de l’eau, de la pollution de l’air et de l’exploitation des ressources pétrolières, qui mènent inexorablement l’humanité vers sa perte. Devrait-on avoir peur? "Oui", soutient l’écrivain, qui a enseigné la philosophie au Cégep de Lévis-Lauzon de 1970 à 2004, en plus de siéger depuis plusieurs années à différents comités de gestion de caisses de retraite. "Si rien n’est fait, on n’aura pas le choix de faire face à la famine. Il y aurait moyen d’éviter plusieurs drames si on s’en donnait la peine, mais ça impliquerait une redistribution des richesses que les pays occidentaux ne seraient sans doute pas prêts à accepter. Les écologistes l’annoncent depuis déjà un bout de temps, mais le réchauffement climatique a tendance à faire paraître plus grave la situation", explique-t-il.

Comme dans les précédents romans de la série, qui compte au total 4926 pages, Pelletier nous fait voir le pire côté de l’humanité à travers les agissements du Consortium, un groupe de riches dirigeants qui cherchent à contrôler l’économie mondiale en s’appropriant la gestion de ses ressources. "C’est pourquoi le Cénacle s’emploie, depuis des années, à préparer le chaos créateur sans lequel rien de véritablement nouveau ne peut émerger", dit fièrement Lord Hadrian Killmore aux membres du Cénacle, qui auront l’honneur de s’installer sur l’un des Archipels en construction sur la planète au moment de l’Exode.

Selon Pelletier, la fiction permet d’apprivoiser dans un milieu rassurant les choses qui nous inquiètent le plus. Ainsi, même si La Faim de la Terre dresse un tableau dérangeant des fléaux qui nous attendent si on ne se serre pas les coudes, la réalité est bien pire: "Parce que dans la réalité, on n’a jamais le coup d’oeil global et la compréhension des enjeux que permet la fiction. D’ailleurs, le propre d’un roman n’est pas de donner les solutions, mais de montrer les problèmes ou d’attirer l’attention sur des choses qu’on a tendance à ne pas voir", estime l’auteur qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire à la lecture d’un thriller international aussi sombre, n’a pas perdu espoir dans l’humanité: "Elle est plus adaptable et créative qu’on ne l’imagine", affirme-t-il en ajoutant: "Pour écrire un roman de 1500 pages en pensant que les gens vont le lire, il faut être assez optimiste!"

N’empêche que si La Faim de la Terre est une conclusion digne de la saga entreprise en 1998 avec La Chair disparue – autant sur le plan de la construction de l’intrigue que du réalisme des situations -, il n’est pas obligatoire d’avoir lu ses prédécesseurs pour se retrouver dans l’univers où évolue l’inspecteur Gonzague Théberge et les membres de l’Institut, qui tentent encore une fois de déjouer les activités du Consortium.

La Faim de la Terre – 1
Éd. Alire, 2009, 765 p.

La Faim de la Terre – 2
Éd. Alire, 2009, 831 p.

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