Salon du livre/Francis Catalano : Sur le pouce
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Salon du livre/Francis Catalano : Sur le pouce

Francis Catalano recevait il y a peu le Grand Prix du Festival international de la poésie de Trois-Rivières pour qu’une lueur des lieux, un lumineux recueil qui parle d’espace.

qu’une lueur des lieux s’ouvre sur une citation de Valère Novarina: "L’organe du langage, c’est la main." Les lecteurs les plus futés y verront un indice sur le sujet véritable du recueil. Car si ce dernier ressemble a priori à un carnet de voyage, il se veut plutôt le deuxième "tome" d’une quintologie sur les différents doigts de la main.

"J’ai écrit un livre de poésie en 2001 qui s’intitulait Index. C’est le titre même de ce recueil qui a provoqué cette idée-là, faire une oeuvre en cinq parties qui traiterait de la symbolique de la main", explique Francis Catalano. Ainsi, après le "doigt pointeur", le poète s’est intéressé à celui qui sert à la préhension: le pouce. "C’est le doigt qui est le plus éloigné dans la main par rapport aux autres, d’où cette idée d’éloignement, d’espace. Le pouce est aussi une unité de mesure. Je me suis donc dit qu’en écrivant des poèmes sur l’espace, le territoire, j’arriverais à cerner la symbolique du pouce."

On voyage beaucoup dans ce livre. Les mots nous transportent du Québec à la côte est américaine, de Cuba au Grand Cayon. Des endroits qui, par la magie de l’écriture, défilent sous nos yeux, un peu comme lorsqu’on regarde un paysage par la fenêtre d’une voiture. "On parle souvent du temps qui passe vite, mais c’est la même chose pour l’espace. On peut souvent faire le même trajet, pis, oups! ne pas s’être rendu compte qu’il y avait telle chose, telle fissure dans ce mur-là, par exemple. Pourtant, on peut être passé là mille fois. Il y a toujours quelque chose de nouveau dans l’espace."

Du temps

Ce deuxième recueil de Catalano aura exigé cinq ans de travail. "Les premiers poèmes ont été écrits en 2005 en Arizona", se souvient l’auteur. Une cadence lente qui n’est pas inhabituelle pour le poète et traducteur, qui planche actuellement sur un nouveau projet de poésie. "J’écris sur les quatre saisons. C’est ma thématique. J’ai mon titre de travail: les quatre demi-vérités. Je laisse ça pousser. C’est comme une plante. On ne peut pas tirer dessus pour qu’elle grandisse plus vite. Alors, je ne fais que l’arroser, dit-il un sourire dans la voix. Je n’ai vraiment pas le sentiment d’urgence de ce côté-là. Je laisse les choses aller tranquillement."

qu’une lueur des lieux
de Francis Catalano
Éd. de L’Hexagone, 2010, 96 p.