Être un héros : Geneviève Thibault
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Être un héros : Geneviève Thibault

Être un héros donne à lire neuf nouvelles, celles d’autant d’auteurs masculins de la relève qui n’ont pas eu peur de retomber en adolescence. On en discute avec la directrice du recueil, Geneviève Thibault.

Précisons tout d’abord que le livre publié à La courte échelle et destiné aux garçons entre 13 et 17 ans est le pendant masculin de Premières amours, un collectif paru en 2008 et lui aussi dirigé par Geneviève Thibault. Quand est venu le temps de s’intéresser aux garçons, le thème de la bravoure s’est imposé.

"Si j’ai choisi ce thème, explique Thibault, c’est pour déconstruire un cliché. Avec la belle gang que j’ai réunie, des touche-à-tout géniaux, pas conformistes, je savais qu’on allait voyager à l’envers de ce qu’on tient pour communément admis. Je suis contente parce que les problèmes que les gars ont travaillés sont typiquement adolescents et reliés à des questionnements tout à fait contemporains."

Il faut savoir que quelques contraintes ont été données à Deni Y. Béchard, Simon Boulerice, Guillaume Corbeil, Éric Dupont, Stéphane Lafleur, Nicolas Langelier, Bertrand Laverdure, Éric McComber et Tristan Malavoy-Racine. "Je leur ai tout d’abord demandé un narrateur qui s’exprime à la première personne du singulier, révèle la directrice du projet. Puis, de mettre en scène l’héroïsme chez un adolescent qui soit actif, impliqué, pas seulement observateur du courage d’un autre. Je voulais à tout prix, sans qu’on tombe dans la leçon de morale, que les personnages soient inspirants."

Dans les pages du recueil, illustré par Joël Vaudreuil, l’héroïsme prend de multiples formes. Les neuf garçons sont des héros parce qu’ils apprennent à exercer leur jugement critique, à résister, à travailler, à apprivoiser la colère, à faire le deuil d’un père idéal, à exprimer leur amour ou encore à vivre le moment présent.

"Je trouve que tous les auteurs se sont fort bien rappelé ce que c’est que d’être adolescent, lance Thibault. L’adolescence, c’est le moment où on commence à prendre une distance par rapport aux impératifs sociaux, aux diktats de la famille, aux mille et une règles de la société. Autrement dit, c’est le moment où on commence à être soi, à vivre selon ses idéaux, ce qui implique de consentir à être déçu." Et c’est précisément là que réside le courage, l’héroïsme.

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Il y a des récurrences dans le recueil dirigé par Geneviève Thibault et destiné aux lecteurs de 13 ans et plus. Il y a la fougue et parfois même l’apathie de l’adolescence, le désir qui monte, l’imaginaire qui déborde, les illusions et les désillusions, les drames de la cour d’école et ceux de la maison, la figure du père et le pouvoir salvateur de la musique. Le plus beau, c’est que les neuf auteurs semblent dire que l’héroïsme est à la portée de tous, que chaque garçon porte en lui un héros qui ne demande qu’à être réveillé. On goûte avec un vif plaisir, même quand on n’a pas l’âge cible, la diversité des plumes. Saluons la finesse de la langue, l’inventivité narrative et la truculence des portraits, surtout chez Guillaume Corbeil, Stéphane Lafleur, Bertrand Laverdure et Éric McComber.

Être un héros
Être un héros
La courte échelle

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