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François Blais / Document 1 : Comment survivre à un salon du livre
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François Blais / Document 1 : Comment survivre à un salon du livre

François Blais n’aime pas vraiment les salons du livre. Il nous dit pourquoi.

C’est un peu inquiet que l’on passe un coup de fil à François Blais. Explication: dans son plus récent livre, Document 1, l’écrivain, dissimulé derrière sa narratrice Tess, raille les Conseils à un jeune romancier édictés par le populaire bonimenteur Marc Fisher. Marc Fisher qui, comme Blais, participera au Salon du livre de Québec. Confrontation en vue? "Je ne pense pas que Marc Fisher m’agresse pendant le Salon, blague-t-il. Il a eu vent de mon roman, je le sais, et je ne crois pas qu’il est choqué. Une de ses éditrices m’a dit qu’il a un bon sens de l’humour et qu’il trouvait ça ben drôle."

Soulagement! Le père d’Iphigénie en haute-ville n’aura pas à s’armer d’autre chose qu’un bon bouquin en se rendant au Centre des congrès. "Je n’aime pas vraiment les salons, mais ça ne me dérange pas non plus. Les gens y vont pour voir Janette Bertrand et Josée di Stasio, pas pour moi", prétend le timide qui affirme ne jamais savoir quoi dire en entrevue, quand il cumule, en réalité, les déclarations à l’emporte-pièce. "Ça ne me dérange pas de passer inaperçu. Je sais qu’il y en a qui sont ben tristes de ça, qui font des regards suppliants. Moi, j’apporte un livre et j’essaie de ne pas quémander l’attention. Parfois, l’attachée de presse me donne du chocolat."

Drôle dans la vie – on le constate – et drôle dans ses romans, Blais se prend parfois à penser que cette façon d’écrire comique – une de ses plus grandes qualités, doit-on le répéter – peut faire pâlir son étoile aux yeux de la critique. "Peut-être que ça me nuit, oui, d’essayer d’être drôle. Stéphane Dompierre, pour prendre un autre auteur qui est comique, et moi, on ne gagne pas vraiment de prix. Je ne sais pas si on ne se ramasse pas parfois à 3 étoiles plutôt qu’à 3 et demie à cause de ça." [NDLR: Voir a accordé 31/2 étoiles à Document 1 et 3 étoiles à La nuit des morts-vivants, son précédent roman.]

Admettant sans ambages avoir beaucoup en commun avec les désoeuvrés qui "vedgent" dans son oeuvre, Blais refuse par contre qu’on leur fasse porter le poids d’une prise de position sociale et plaide un strict désir de réalisme. "Il y a plein de loosers qui connaissent des affaires dans mon entourage", réplique tout de go l’auteur quand on lui demande s’il aspire à démonter certains préjugés en dotant d’une impressionnante culture générale ses gagne-petit de personnages. "Moi, je n’ai jamais vraiment fait ben, ben d’ouvrage dans ma vie. Je suis traducteur pigiste, mais j’en fais le moins possible, juste assez pour avoir l’argent pour vivre. Ce qui, forcément, fait que j’ai ben, ben des temps libres, et quand tu as des temps libres, ben tu as du temps pour lire toutes sortes de choses."

Vous voulez l’arracher à sa lecture pendant le Salon? Parlez-lui du jeu vidéo Skyrim. "Je viens de le finir. Ça m’a occupé à temps plein pendant deux mois." Ah oui, il vient aussi de déposer chez son éditeur le manuscrit lourd de 600 pages d’un roman choral intitulé La classe de madame Valérie. Excusez-le du peu, il a horreur de l’ouvrage.

Document 1
de François Blais
Éd. L’instant même, 2012, 182 p.

www.silq.ca

Document 1
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François Blais
L’instant même

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