Metropolis bleu / Joyce Carol Oates : Lettres majuscules
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Metropolis bleu / Joyce Carol Oates : Lettres majuscules

Le 14e festival Metropolis bleu débute le 18 avril. Nous nous sommes entretenus avec celle à qui sera remis cette année le Grand Prix littéraire de l’événement, l’immense écrivaine américaine Joyce Carol Oates.

Depuis 1964, elle a publié quelque 70 titres. Plusieurs dizaines de romans, mais aussi des nouvelles, des essais, des pièces de théâtre, de la poésie. Souvent sous son propre nom, parfois sous les pseudonymes de Rosamond Smith ou Lauren Kelly.

Si l’oeuvre est inégale, si l’expression word processor, souvent accolée à sa signature, ne se veut pas toujours flatteuse, Joyce Carol Oates fait sans conteste partie des quatre ou cinq écrivains sans lesquels les lettres américaines du dernier demi-siècle ne seraient pas ce qu’elles sont. Eux, Solstice, Blonde évidemment, autant de livres traduits à travers le monde, qui ont fait le bonheur des lecteurs comme des libraires.

L’écrivaine sera bientôt de passage à Montréal pour y recevoir le Grand Prix littéraire international Metropolis bleu, qui récompense l’ensemble d’une carrière et qu’ont reçu avant elle Marie-Claire Blais, Paul Auster et Carlos Fuentes, entre autres. On pourrait la croire lassée des récompenses, eh bien non: "C’est un grand honneur, une merveilleuse surprise de recevoir ce prix, nous dit-elle, vraisemblablement émue. Il faut dire que Montréal est l’une de mes villes préférées au Canada, où j’ai vécu 10 années magnifiques."

Entre 1968 et 1978, Joyce Carol Oates enseigne en effet à l’Université de Windsor, Ontario. C’est d’ailleurs durant cette période qu’elle et son mari, Raymond J. Smith, ont fondé Ontario Review, un magazine littéraire qui allait exister jusqu’à la mort de ce dernier, en 2008. Une disparition soudaine, qui a inspiré à Oates J’ai réussi à rester en vie, son plus récent livre paru en français (Éd. Philippe Rey, 2011), dans lequel elle se dévoile comme jamais. "J’ai voulu tenir le journal de mes expériences, impressions, peurs et espoirs, durant sa courte maladie et après. J’ai écrit tout ça parce que, bien que très intime, il s’agit d’une histoire que chacun est appelé à vivre un jour, puisque nous perdons et continuerons de perdre des gens qui nous sont chers, irrévocablement."

METS CANADIENS

Avant de laisser son très chargé agenda l’absorber de nouveau, nous demandons à Joyce Carol Oates quelques noms d’auteurs canadiens que nous aurions des chances de rencontrer sur les rayons de sa bibliothèque. Ils ne sont pas rares, dirait-on: "Je lis depuis longtemps Margaret Atwood, bien sûr, de même que Tom Wayman, Michael Ondaatje, Alice Munro, Barry Callaghan, Beth Harvor et, plus récemment, la jeune nouvelliste Esi Edugyan, dont le remarquable Half-Blood Blues, que je viens d’entamer."

Pour tout connaître du Metropolis bleu, cuvée 2012, une seule adresse: www.bluemetropolis.org.

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Pendant ce temps-là sur les planches

Jolie coïncidence: peu après le passage à Montréal de Joyce Carol Oates, le Théâtre Prospero présente sa pièce L’éclipse, qui met en vedette Andrée Lachapelle, Ansie St-Martin, Debbie Lynch-White et Jacques Baril. "Ce texte, nous dit-elle, fait état d’une noirceur envahissante – d’une folie, peut-être – qui s’empare des vies d’une femme retraitée et de sa fille, carriériste. L’éclipse a connu des débuts merveilleux dans le cadre du Louisville Humana Festival of New American Plays, il y a quelques années. Les comédiens l’ont défendue avec brio." Une façon comme une autre de mettre un peu de pression sur la troupe montréalaise, dirigée par la metteure en scène Carmen Jolin! Du 24 avril au 19 mai, au Théâtre Prospero.

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