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Martine Audet : Ma tête est forte de celle qui danse
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Martine Audet : Ma tête est forte de celle qui danse

Avec plus d’une dizaine de recueils de poésie à son actif, Martine Audet a déjà fait ses marques dans le paysage littéraire québécois. Celle qui nous avait récemment démontré son talent dans le travail de concision avec Tête première dos contre dos et Des voix stridentes ou rompues revient ici avec une prose plus ample, plus dense. Dans Ma tête est forte de celle qui danse, c’est le domaine du possible qui s’ouvre à l’écrivaine, c’est elle qui sonde les terrains de jeu immuables que sont l’autre et le langage. Accompagné des dessins d’Élise Palardy, on plonge dès la première lecture – car oui, il y en aura d’autres – dans un univers à la fois sensuel et rationnel, où lentement le temps se fige et les saisons passent. «Plusieurs fois mon visage emprunte au désir. Plusieurs fois les vents emportent la saison.»

Dans ce recueil où les roses se logent dans le bas du dos, c’est dans une chaleur incroyablement intime que l’auteure nous convie. Au détour de vers d’Audet, c’est l’origine du monde qui prend forme. «Je peux l’enfance et les constellations, l’origine des gestes avant la béance malgré l’air froid et pour un seul rayon.» C’est dans cette danse qu’elle nous amène, tant avec lenteur qu’avec certitude. Elle joue sur le rythme des possibilités et des désirs, comme autant de façons de créer celle qui danse. Reste que jamais Martine Audet n’hésite à interroger le poème, comme s’il était à jamais fuyant, métaphysique. «Quelque chose sans cesse déclenche la phrase. Quelque chose sans cesse refait les ciels.»

À chaque nouveau recueil, c’est à la fois une confirmation du talent de l’écrivaine et une découverte d’un nouveau jalon dans l’œuvre vaste qu’est celle de l’auteure. Sous des airs d’une simplicité parfois criante se cache toujours un travail d’orfèvrerie sur le vocabulaire et la syntaxe pour calibrer la puissance d’évocation. Ici, la retenue est souvent mère d’émerveillement. «Qu’importe puisque je peux les arbres au loin, les glaces en moi, l’exil des jeunes filles avant la fin.» Ma tête est forte de celle qui danse est un recueil d’une immense cohérence dans l’œuvre de Martine Audet tout en étant une excellente porte d’entrée pour quiconque est avide d’adoration.

Ma tête est forte de celle qui danse
Martine Audet
Éditions du Noroît, 104 pages, 2016
ISBN : 9782897660222

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