Hergé : Le père de la BD à l'honneur au MCQ
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Hergé : Le père de la BD à l’honneur au MCQ

Il est le papa de pas mal de choses : d’abord de Tintin, mais aussi de la bande dessinée belge et du style de la ligne claire. Cet été, Hergé s’installe au Musée de la civilisation pour une grande rétrospective.

Avec Hergé à Québec, le MCQ inaugure une deuxième expo sur la thématique tintinesque, après Au Pérou avec Tintin en 2007. Cette fois-ci, c’est son père, Georges Remi, qui est à l’honneur, et son travail de créateur prolifique : d’abord et avant tout bédéiste, il a aussi été affichiste, rédacteur en chef du supplément Le Petit Vingtième (où est né Tintin) et a même touché à l’animation et à la peinture. En 1969, il déclarait : «La bande dessinée en l’an 2000? Je pense, j’espère, qu’elle aura [enfin!] acquis droit de cité…» Cher Hergé, votre rêve est exaucé, car pour le MCQ, votre neuvième art est bien un art.

«L’intérêt d’inclure le travail d’Hergé dans les arts est évident», explique Vincent Giguère, conservateur de la collection d’œuvres d’art du MCQ. «Hergé est un modèle, un fondement de la bande dessinée; les bédéistes d’aujourd’hui y font encore écho.» Avec les quelque 300 objets présentés au fil des 9 zones de l’exposition, le musée voit dans cette exposition une façon de parler d’événements historiques par le prisme de la BD.

Hergé à Québec (Crédit: Caroline Décoste)
Hergé à Québec (Crédit: Caroline Décoste)

De la peinture moderne à la Deuxième Guerre mondiale, en passant par la course à la Lune, Hergé a traversé une bonne partie du 20e siècle et de ses grands moments. C’est à rebours que le visiteur est invité à découvrir sa vie et son œuvre, en commençant par sa mort en 1983 et en finissant avec ses premiers dessins d’adolescence, en 1920.

En remontant ainsi le fil de la production graphique, Vincent Giguère s’anime. «Regarde les planches de Tintin et l’Alph-Art [album inachevé], c’est fascinant : on voit le bédéiste à la fin de sa vie, qui crée dans l’urgence. On est ici devant un artiste accompli qui maîtrise son médium. Plus loin, on constate qu’au début, Hergé met beaucoup d’énergie et de détails dans ses dessins préparatoires. Personnellement, je trouve que c’est dans les versions crayonnées que l’ingéniosité de l’artiste se remarque le plus. On voit presque des couleurs dans le gris!»

Oui, il y a la réplique du château de Moulinsart (devant une photo de l’inspiration, le château de Cheverny), le modèle réduit de la fusée d’Objectif Lune avec trame sonore de David Bowie en prime, les couvertures d’albums en toutes les langues publiées, des archives de la rencontre avec Tchang, mais la pièce la plus importante de l’exposition pourrait facilement passer inaperçue : la planche 96 de Tintin au pays des Soviets (1929).

«C’est un scoop!» s’exclame Vincent Giguère. «Au premier regard, on pourrait se dire que c’est anodin. Mais… c’est le plus ancien dessin de Tintin retrouvé! C’est lors de la restauration de la planche qu’on a découvert cette case.» Tintinophile ou pas, il y a de quoi être fasciné, que ce soit pour un crayonné du célèbre reporter sur un cheval ou pour tout le reste d’une exposition qui a déjà fait couler beaucoup d’encre (jeu de mots intentionnel).

 

Hergé à Québec
Musée de la civilisation
Du 21 juin au 22 octobre
mcq.org

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