Rentrée littéraire : Savoir où donner de la tête
Livres

Rentrée littéraire : Savoir où donner de la tête

Parce qu’une rentrée littéraire est autant une fête qu’un capharnaüm, qu’en l’instant de quelques semaines des centaines de livres arrivent sur les tablettes et que le vertige est une seconde nature en librairie au tournant du mois de septembre, voici une liste – loin d’être exhaustive – de quelques livres à surveiller cet automne.

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Uiesh. Quelque part
Joséphine Bacon
Mémoire d’encrier
Après Bâtons à message et Un thé dans la toundra, la poète innue Joséphine Bacon revient avec un recueil de poésie abordant à la fois l’âge vénérable qui est le sien et le territoire qui l’accompagne depuis si longtemps. Ayant pour titre Uiesh. Quelque part, on imagine déjà une errance en des lieux aux frontières plus souples que celles que nous connaissons, une immersion poétique où la langue de Bacon illumine les chemins à prendre.

 

 

La maison mère
Alexandre Soublière
Éditions du Boréal
Arrivé en littérature québécoise avec Charlotte before Christ alors âgé de 26 ans, Alexandre Soublière en avait surpris plus d’un avec un roman éclaté et générationnel, à la langue maîtrisée et choquante. Son prochain livre, un essai publié dans la collection «Liberté grande» dirigée par Robert Lévesque au Boréal, devrait surprendre tout autant. Intitulé La maison mère, Soublière, qui a habité Vancouver ces dernières années, remet en question le mythe du Canadien français tout en mettant l’identité québécoise face à ses contradictions.

 

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Les bains électriques
Jean-Michel Fortier
La Mèche

Après Le chasseur inconnu, un premier roman prometteur paru en 2014, Jean-Michel Fortier revient à La Mèche avec Les bains électriques. Il ne semble pas s’éloigner des thèmes qui lui étaient chers dans ce premier opus: commérages de village, mystères de campagne et truculence des personnages. Cette fois-ci, le retour aux sources de la comédienne Louisa Louis bouscule le quotidien d’un village perdu. Jean-Michel Fortier a l’habitude de faire de grands personnages avec de petites gens. On peut donc s’attendre à une lecture tout aussi efficace que surprenante.

 

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres
Emil Ferris
Alto
Emil Ferris s’est réveillée trois semaines après s’être fait piquer par un moustique et avoir contracté un virus rare. On a dit à cette illustratrice qu’elle ne pourra fort probablement plus marcher ni écrire. Et pourtant. À force de persévérance surhumaine, Ferris travaille sur un manuscrit d’un roman graphique de plus de 800 pages qui sera refusé par près de 50 éditeurs avant de faire sensation. Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un livre-événement qui puise dans le fantastique pour nous expliquer le réel. L’un des incontournables de l’automne.

 

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L’ivresse du jour 1
Shanti Van Dun
Leméac
Shanti Van Dun, professeure de littérature au cégep, nous propose ici un premier livre à mi-chemin entre le récit et le roman. Si l’éditeur situe le livre entre Christian Bobin et Nancy Huston, ce n’est pas sans piquer notre intérêt. S’articulant autour de la maternité, L’ivresse du jour 1 semble s’éloigner avec brio du premier roman de prof de cégep qui sombre trop souvent dans le piège d’un livre d’initiés et propose plutôt une ode au pacte infrangible inhérent à une naissance.

 

Quelqu’un
Nicholas Giguère
Hamac
Avec Queues, son premier livre, Nicholas Giguère en avait saisi plus d’un en abordant sans détour ses bassesses les plus intimes et les clichés hétéronormatifs qui se perpétuent dans la communauté LGBTQ. Avec le même dispositif que son précédent livre, Nicholas Giguère propose un récit poétique versifié, abordant cette fois-ci une jeunesse en Beauce et les premières expériences sexuelles qui s’ensuivent. Au bar L’Envol, on se commande un coke aux cerises et on espère ne pas finir la soirée seul.

 

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Mère d’invention
Clara Dupuis-Morency
Triptyque
Avec Mère d’invention, Clara Dupuis-Morency propose un premier livre à mi-chemin entre le récit et l’essai, un ouvrage réflexif autour de la maternité. Présenté par sa maison d’édition comme un hybride entre Marcel Proust – sur qui elle a travaillé lors de son doctorat et qu’elle cite en exergue du livre – et Christine Angot, ce premier ouvrage pourrait bien être l’une des surprises de la rentrée littéraire. Un livre qui n’est pas sans rappeler des essais comme Le monde est à toi de Martine Delvaux ou encore Les argonautes de Maggie Nelson.

 

 

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Les Bleed
Dimitri Nasrallah
La Peuplade
Éditeur chez Vehicule Press, traducteur du triptyque 1984 d’Éric Plamondon (Le Quartanier, 2011-2013), Dimitri Nasrallah s’est fait connaître du public francophone avec la publication de la traduction de son deuxième roman, Niko. Ce lauréat du Hugh MacLennan Prize for Fiction revient à La Peuplade avec Les Bleed, un thriller politique qui, comme Niko, s’interroge sur la manière que se façonne une relation père-fils. Toujours traduit par Daniel Grenier, cet auteur anglo-montréalais peut maintenant être certain d’avoir une voix au cœur de la métropole francophone.

 

Frères amis, frères ennemis
Frédérick et Jasmin Lavoie
Somme toute
Après Allers simples: aventures journalistiques en Post-Soviétie, Ukraine à fragmentation et Avant l’après: voyage à Cuba avec George Orwell, Frédérick Lavoie, en concert avec son frère Jasmin, nous propose une correspondance fraternelle. Les deux sont journalistes, l’un est basé en Inde, l’autre, au Pakistan. Les 35 lettres qui forment cette correspondance devraient parvenir à jumeler la fraternité qui les unit, en plus de mettre en lumière les enjeux sociaux, politiques et économiques qui divisent ces deux pays voisins.

 

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Thelma, Louise & moi
Martine Delvaux
Héliotrope
Martine Delvaux prend depuis quelques années un immense plaisir à nous surprendre. Entre un essai sur Nan Goldin, un roman sur l’absence du père (Blanc dehors) ou une lettre d’amour à sa fille (Le monde est à toi), elle nous étonne par ses choix et réussit grâce à son talent. Cet automne, elle propose Thelma, Louise & moi, un livre dans lequel l’autrice saute dans la Thunderbird du mythique film pour retrouver qui elle était au début des années 1990 tout en réfléchissant et en célébrant la nécessité de toutes les Thelma et les Louise qui nous entourent.

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