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James Hyndman : le porteur de mots
Livres

James Hyndman : le porteur de mots

Le comédien James Hyndman passe de la parole à l’écriture. Il lancera son premier livre à l’occasion d’une lecture-spectacle en ouverture du Festival international de la littérature (FIL), aux côtés de sa complice, Evelyne de la Chenelière.

Douze soliloques composent le récit qui paraîtra en septembre prochain dans la collection Quai n5 des éditions XYZ. Des fragments d’histoires qui se sont imposés à James Hyndman au fil des années, au compte-gouttes, jusqu’à ce que se révèle un lien entre eux. Ces monologues intérieurs – les trois premiers en particulier – et ce qu’ils possèdent en commun ont donné l’idée du recueil Océans. «Il y a quelque chose qui les relie à la fois dans la forme, l’idée d’un fragment, d’une phrase interrompue, et dans le fond, c’est-à-dire que ce sont des situations dans lesquelles on peut tous se retrouver à différents moments. On est à deux, on parle à quelqu’un, mais en fait, on se sent terriblement seul.»

Ensemble et pourtant…

La relation à deux, c’est ce qui intéresse l’auteur et ce qui est exploré dans Océans. Le couple amoureux, surtout, car il y en a plusieurs. Au dixième soliloque, l’écrivain évoque Ingmar Bergman et son célèbre Scènes de la vie conjugale. Il n’est pas anodin qu’on retrouve James Hyndman à la mise en scène et à l’interprétation de l’adaptation scénique de l’œuvre cinématographique en 2019 au Quat’Sous avec une fois de plus Evelyne de la Chenelière.

On retrouve aussi au fil des textes le couple d’amis ou le duo parent-enfant dans des situations «simples et concrètes». «Je voulais qu’on puisse sentir aussi qu’au-delà de l’anecdotique, il y a des océans, des gouffres qui nous séparent, soit des autres, soit de nous-mêmes. C’est ça qui m’intéressait finalement: la coexistence du léger et du profond.»

Cette solitude et l’incapacité à atteindre l’autre viennent bien de quelque part, et dans les brefs portraits brossés par Hyndman, on y perçoit une tentative de réponse. «Parfois, cette distance énorme entre soi et l’autre, elle est due à l’autre qui n’a pas envie d’être là, qui n’est pas présent, qui ne donne rien en retour. Parfois, elle est due à soi, parce qu’on demande et on attend quelque chose qu’on ne peut pas nous donner.»

Lecture vivante

Depuis une dizaine d’années, James Hyndman se consacre à une série de lectures publiques par amour de la littérature, qui l’accompagne depuis l’enfance. Avec sa voix dans laquelle on se perd volontiers, il entamera sa cinquième saison au Quat’Sous dès l’automne avec une nouvelle série qui nous invite à «Perdre le Nord».

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Un automne qui sera marquant, car cette voix qui a tant porté les mots des autres portera désormais les siens. Et Océans fait partie des récits qui se prêtent bien à l’interprétation orale. «Je me suis posé la question, évidemment. J’avais l’intuition que c’était davantage pour la lecture que pour la scène, parce que lorsqu’on écrit pour la scène, il faut qu’il se passe un événement dramatique, il doit se produire quelque chose dans les corps. Ce que j’écrivais était de l’ordre du rien ou du trois fois rien.» Un objet littéraire plus que théâtral selon Hyndman.

L’exercice de lire à voix haute est un art et s’apparente à un chemin de solitude pour James Hyndman, qui prend en exemple le comédien français Jean-Louis Trintignant qui nous avait lu les mots de Jacques Prévert, de Boris Vian et de Robert Desnos au FIL en 2012. «Je pense qu’il y a un art de lire, mais qui n’appartient qu’à soi. C’est quelque chose qui se travaille jusqu’à ce qu’on trouve une façon à soi de lire. Il faut développer une intimité avec l’œuvre.»

Vibrer sur la même note

Si l’on s’imagine devant une femme ou un homme qui lit, on s’imagine partager avec elle ou lui un instant qui ne peut exister ailleurs et qui échappe au temps. James Hyndman parle d’expérience, celle qu’il tente de créer à chacune de ces lectures. «Quand je suis sur scène et que je lis, il y a toujours ce souci chez moi de provoquer et de faire résonner quelque chose chez le spectateur pour que tout à coup, il soit submergé, qu’il reçoive, qu’il soit étonné, que ça vibre en lui d’une manière qu’il n’aurait pas imaginé en s’assoyant dans la salle ce soir-là.»

Le fait que ce soit un texte écrit par le comédien ne change rien au but ultime, qui est que ça vibre en chacun de nous, qu’on entende la même musique.

Océans
21 septembre

À la Cinquième Salle de la Place des Arts

Festival international de la littérature
du 21 au 30 septembre à Montréal

La Catalogne littéraire
Écrivains et artistes catalans seront à l’honneur dans cette 24e édition du Festival international de la littérature à travers concerts, rencontres et spectacles. Parmi ces créations, retenons quelques mariages interdisciplinaires qui auront lieu à l’Usine C, comme le concert de poésie et de musique électronique Barba Corsini (23 septembre), un projet du poète Eduard Escoffet et du musicien Pope. Il s’agit d’un dialogue qui voyage entre les mots et le son et où chacun explore les possibilités de leurs disciplines. Sol Picó danse les mots d’Imma Monsó (29 septembre) marie pour sa part littérature et danse. Imma Monsó lira ses textes alors que Sol Picó dansera et que Mireia Tejero jouera du saxophone. Il s’agit aussi d’une célébration d’artistes féminines.

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