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Mathieu Leroux : Dans la cage
Livres

Mathieu Leroux : Dans la cage

Julie Ledoux et Dominic Tardif profitent de l’été pour affronter la pile de livres qui grossit sans cesse sur leur table du chevet. Retrouvez-les tous les mercredis (Tardif) et vendredis (Ledoux) de juillet au voir.ca

Accoudé au bar du désespoir un verre de Jameson à la main, le narrateur du premier livre du metteur en scène Mathieu Leroux toise les corps qui se meuvent sur la piste de danse comme autant de «proies» à capturer et à ramener Dans la cage de son appartement plus propre que celui du personnage d’Edward Norton dans Fight Club. L’objectif est clair: c’est pour sortir de la cage de ses pensées qui le ramènent inévitablement à ce banc de parc de la rue Sherbrooke sur lequel il s’est fait larguer que le «fauve» s’agite dans tous les sens, se drogue et collectionne les conquêtes d’un soir. Vivre dans la nuit, c’est de même qu’il veut faire ça, c’est de même qu’il sait faire ça.

Nous en avons croisé plusieurs de ces personnages revenus de tout (sauf de leur peine d’amour) qui tentent de dissoudre dans une sexualité débridée, lavée de toute trace de sensibilité, leur dégoût de vivre. Mathieu Leroux parvient pourtant à chasser ce parfum de déjà-vu grâce à un style spasmodique, qui hoquete, s’enroule sur lui-même et s’autorise quelques pudiques accès de lyrisme. Un style qui se complait aussi parfois dans les métaphores filées (celle de l’animalité, surtout), maladresse que l’on pourra lire comme un clin d’œil à l’aspect répétitif des chansons new wave qui tapissent le récit.

Livre largement assombri par la menace du VIH (infection qui n’est plus le populaire sujet qu’il a déjà été), Dans la cage met crûment en scène l’homosexualité, cette «maladie mentale» envisagée ici comme une sentence, sans jamais que l’on n’ait l’impression d’avoir affaire à un reportage. C’est en fait la très universelle menace de la mort que regarde dans les yeux Leroux dans ce livre aussi oppressant que vivifiant. Éd. Héliotrope, 2013, 186 p.

Ce vendredi, Julie Ledoux plonge dans Maxime Catellier – Perdue / Jeanne au coeur de mai (L’oie de cravan).

Dans la cage
Dans la cage
Mathieu Leroux
Éditions Héliotrope

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