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In Memoriam : les V.O.A. à Québec

Tout à l'heure, en naviguant sur le site de Cyberpresse, je suis tombée sur un texte de mon confrère du Soleil, Normand Provencher (oui, oui, celui qui a connu ses 15 secondes de gloire, à son corps défendant, lorsque Patrice Robitaille l'a ramassé à TLMEP sous prétexte qu'il n'avait pas crié, avec raison, au génie devant Cheech). Provencher rapporte que la fermeture du Star Cité en mars, complexe totalisant 18 écrans, a entraîné une baisse importante des films en version originale anglaise dans la région de Québec.

Extrait :

«Ce changement dans le profil cinématographique de Québec n'est pas sans conséquence, à l'heure où les élus cherchent à retenir les jeunes et à courtiser des immigrants. La possibilité de voir un film en anglais est un atout supplémentaire dans le jeu d'une ville qui cherche à s'ouvrir au monde. Le nouveau travailleur est souvent bilingue, ouvert à la culture américaine, et globe-trotter. Le film américain qui fait jaser toute l'Amérique, c'est en anglais qu'il veut le voir, pas en version doublée, et personne ne pourra le blâmer.

Dans un monde idéal, tous les films devraient être vus dans leur version originale avec sous-titres. Terminé d'entendre Leonardo Di Caprio parler comme Joël Legendre. Les voix agaçantes n'existeraient plus, seulement le doublage écrit. Ce serait la meilleure façon d'apprécier la musique émotive de chaque langue, qu'elle soit anglaise, polonaise ou chinoise.

Hélas, on parle d'un monde qui n'existe pas. Dans la vie comme au cinéma.»

Qu'est-ce que je sympathise avec les résidents de Québec! J'haïs tellement ça, moi, les maudits films doublés! Je me souviens du choc que j'avais eu en revoyant Chat noir, chat blanc d'Emir Kusturica à Super Écran. Je n'en revenais pas de constater à quel point le film avait perdu de son charme, de sa folie, de son exotisme. Même le jeu des acteurs semblait avoir perdu de sa fougue!

C'est fou tout ce qu'on perd au doublage et ce, même quand on ne pige pas un mot de la langue originale. L'un de mes films fétiches est In the Mood for Love, de Wong Kar Wai, et jamais il ne me viendrait à l'idée d'en voir une version doublée, la langue qu'y parlent Tony Leung et Maggie Cheung est si belle, si douce et si sensuelle à mon oreille que même le meilleur doublage ne saurait me satisfaire. Enfin, les cinéphiles de la Capitale devraient peut-être faire des pressions auprès de leur nouveau maire pour remmener les versions originales… ça leur ferait un beau cadeau pour leur 400e anniversaire.