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BloguesMarie D. Martel

De Toronto à Montréal en passant par Berlin : les micro-bibliothèques de la rue

La "Givebox" de la rue St-Viateur, à Montréal

Les Little Free Library se multiplient à Toronto. Les bibliothécaires-architectes amateurs s’activent dans l’espace ouvert de la rue avec des petites maisons du livre home-made. Au printemps dernier, les Phone Booth à New York, ces bibliothèques créatives logées dans des cabines téléphoniques, avaient déjà suscité un certain émoi et leur image avait fait le bonheur viral des adeptes de Pinterest. On parle de ces initiatives comme d’un mouvement qui bondit de ville en ville, de communauté en communauté, de voisin en voisin, et qui favorisent les micro-relations à visage humain pour compenser les effets de distance de la culture urbaine/numérique, comme rapporte le Los Angeles Times:

A nationwide movement, Little Free Library prompts bibliophiles to put up small shelved structures outside their homes where people can take books and leave some too. The result can be conversation, friendship and a sense of community.

The concept of passing along a favorite book speaks to people’s desire to connect in person at a time when much communication takes place via texts and Facebook, said Dana Cuff, a UCLA professor and director of cityLAB, a think tank.

Le principe est simplissime : on propose un design artisanal de micro-bibliothèque, on y dispose quelques livres que les passants peuvent emprunter pour les rapporter éventuellement ou en laisser d’autres. La procédure est inspirée du Bookcrossing. C’est offert sans prétention, sans inscription et sans frais de retard, mais avec le sourire du propriétaire, passeur amoureux de la lecture et des lecteurs. Vous entretenez en plus quelques conversations au bord du trottoir? Vous êtes en train de fonder un projet citoyen et un tiers-lieu.

Dans la version américaine, on peut s’inscrire pour la somme de 25$ à Little Free Library, une organisation à but non-lucratif, qui permet d’obtenir un numéro et une affiche. Mais, est-ce bien nécessaire?

Lorsque j’ai publié cette nouvelle sur mon fil Twitter, quelques admirables personnes de ma communauté ont annoncé leur intention de lancer un réseau de petites bibliothèques de rue à Montréal. J’ai tenté ma chance en convertissant un lanterneau trouvé en micro-bibliothèque. J’ai le regret de dire que, pour le moment, je ne manie pas très bien la scie et le marteau mais qui sait…car décidément les oeuvres torontoises sont vraiment attrayantes.

Notons que @Karlpro, aussi bien marcheur que poète urbain, nous a fait connaître une boîte de partage, la Givebox, qu’il a repéré dans le Mile End. La boîte ressemble à un garde-robe sur un coin de rue, pas tout à fait un walk-in : on y offre, dans la même philosophie de l’échange et du don, une étagère de livres qui cohabitent avec des biens usagés en attente d’une seconde vie.

On trouve aussi des Givebox en Allemagne, notamment à Berlin, où elles auraient vu le jour, ainsi qu’aux États-Unis et en France.

On peut voir d’autres photos ici.