BloguesMarie D. Martel

Toronto Public Library, un des meilleurs réseaux de bibliothèques publiques au monde, rien de moins

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Toronto Public Library (TPL) constitue le plus grand réseau de bibliothèques publiques au Canada. La centième succursale, le Scarborough Civic Center, vient d’y être inaugurée. TPL est aussi un des systèmes les plus performants au monde en termes de circulation moyenne par habitant et de fréquentation. Sa collection comprend 12 millions de documents.

Une des grandes forces de ce réseau repose sur sa performance stratégique assurée par un travail appliqué et vigilant, scrupuleusement documenté, d’une transparence remarquable où l’information de gestion est facilement accessible sur le site et partagé avec tous. Le processus de planification stratégique est régulièrement actualisé et, en ce moment même, le réseau se questionne encore sur son rôle de partenaire de la ville en engageant la conversation avec les citoyens (Tell TPL) sur les besoins, les attentes, les manières d’améliorer les services.

Sur le fond, les inégalités économiques et la réduction de la pauvreté ainsi que le soutien aux enfants sont identifiés comme des enjeux significatifs pour l’exercice 2016-2019. Sur la forme, on vise en particulier à « 1. répondre aux besoins de la communauté et de la ville; 2. Intégrer/ancrer la planification stratégique au sein de la Ville, de la communauté et de partenariats; 3. et la créer à travers la  consultation  des habitants, des communautés, des parties prenantes et du personnel. »

Le modèle de prestation de services

La structure de TPL est conçue pour lui permettre de remplir son rôle de bibliothèque urbaine de façon performante. C’est un modèle de prestation de services qui fournit des lignes directrices répondant à quatre des niveaux de service :

Le premier niveau réunit 80 bibliothèques de quartiers offrant des collections, des services d’information et des programmes qui répondent aux besoins d’une communauté de proximité. Dans cette catégorie, il existe trois types d’établissements de quartier classés selon leur taille et les services.

Le deuxième niveau comprend 17 bibliothèques de district qui donnent accès à des collections plus vastes ainsi que des services et des programmes d’information répondant aux besoins d’une zone géographique plus étendue. Les succursales de district fournissent des services de soutien et constituent des centres administratifs pour un regroupement de succursales de quartier. Ce sont des bâtiments plus imposants à plusieurs étages.

Deux bibliothèques de recherche et de référence forment le troisième niveau. Elles proposent des collections et des services spécialisés en mettant l’accent sur l’accès et la préservation d’un large éventail de ressources d’information. Ce niveau prend en charge les services centralisés comme le développement de collections. Leurs infrastructures physique et technologique sont conçues pour desservir un grand nombre d’utilisateurs à travers la ville.

Le quatrième niveau rassemble les services en ligne ou ceux qui sont offerts à travers la ville sans être associés à une succursale en particulier : Ils sont dispensés par le biais d’un accès à distance ou d’autres modes de prestation de services alternatifs.

Ces quatre niveaux forment « un continuum dynamique de la prestation de services offrant de multiples points d’accès. »

Les faits saillants du budget 2015

Dans le dernier budget 2015, on rappelle une série de faits saillants du réseau :

  • Au cours des 10 dernières années (2004-13), l’utilisation totale de la bibliothèque a augmenté de 13,4%.
  • Les visites en personne dans les bibliothèques ont augmenté de 9,2%, les visites virtuelles ont augmenté de 34 % et la circulation des documents a augmenté de 10,4 % sur une période de 10 ans.
  • La circulation du contenu numérique a augmenté de 100 % chaque année entre 2011 et 2013 et, en 2013, plus de 2 millions de titres numériques ont été empruntés, soit 6,5% de la circulation totale – et celle-ci devrait atteindre 10 % en 2014.
  • En 2015, on prévoit que l’utilisation totale (emprunt/usage) augmentera à 101,9 millions ou 36,7 emprunts par habitant.
  • Cette augmentation est liée à l’ajout d’heures d’ouverture dans certaines succursales, à l’ouverture d’une nouvelle bibliothèque, à l’utilisation du wifi et à l’augmentation de la circulation au plan des contenus/ressources numériques.

On peut dresser des éléments de comparaison avec les autres bibliothèques canadiennes (Montréal, Winnipeg, Ottawa) quant à la performance de TPL par le biais des résultats de l’OMBI.  TPL figure au somment du classement pour trois des quatre indicateurs de performance soit la fréquentation, les collections, la circulation (taux de roulement).

La planification stratégique

Si cette situation est déjà enviable, que vise-t-on encore avec la nouvelle planification stratégique? Voici des orientations qui sont considérées :

  1. Améliorer de l’accès, accroître la sensibilité/conscientisation (awareness).
  2. Faire progresser la littératie et l’inclusion numérique.
  3. Élargir les possibilités de l’apprentissage, le développement des compétences et des capacités pour prendre part à l’économie mondiale du savoir.
  4. Renforcer les liens communautaires en élargissant l’accès à un large éventail d’expériences culturelles, localement et dans toute la ville.
  5. Transformer la prestation de services.
L’impact économique de TPL

Il faut aussi savoir que le statut de partenaire de la ville a été souligné dans une étude sur l’impact économique de la bibliothèque publique de Toronto. Selon ce rapport, pour chaque dollar investi dans la bibliothèque, un retour sur l’investissement de 5,63$ est estimé :

The results of Toronto Public Library’s economic impact study clearly demonstrate that Toronto Public Library delivers a strong Return on Investment, through the delivery of library services that enhance Toronto’s competitiveness and prosperity and contribute to a better quality of life for all. This study is the first Canadian public library study to measure in concrete economic terms the Return on Investment for library service.

C’est la première fois au Canada qu’une étude se penchait sur l’évaluation de l’impact économique des services en bibliothèque.

Une offre de services de haut niveau orientée sur le développement

Ce retour sur l’investissement est assuré pour une offre de services et une programmation de grande qualité orientées sur le développement à la fois social et culturel. Lorsque l’on consulte le What’s On qui présente le calendrier des activités, on peut rapidement avoir le vertige en constatant la profusion des interventions en matière de culture, de savoirs partagés et de développement des littératies.

Le diaporama que l’on peut voir ici, montre des éléments de la récente rénovation du vaisseau amiral de ce réseau hiérarchisé : La bibliothèque centrale de Toronto (Toronto Reference Library) sur la rue Younge. On peut y voir son café, sa boutique de bandes dessinées, son mur d’actualités dotés de dômes sonores, sa section de butinage (browsery) qui met en valeur le matériel nouveau et populaire, son laboratoire d’innovation numérique (Digital Innovation Hub) avec sa presse pour l’auto-édition et une diversité d’espaces de collaboration et d’apprentissage. Les rénovations ont été réalisées au coût de 34 millions.

 Dans d’autres articles, les nouvelles bibliothèques de ce réseau seront présentées ainsi que les services innovants, notamment ceux qui réécrivent la signature de TPL pour le 21ième siècle : les Digital Innovation Hubs.