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Les défis d’une coalition

Le parti pour lequel je milite a officiellement été fondé le 14 novembre dernier. On pourrait quand même dire que demain est une sorte de « jour 1 » pour la Coalition Avenir Québec

Ça commencera par le dévoilement des membres du premier Conseil exécutif national de l’histoire de notre formation politique présidée par Mme Dominique Anglade. S’en suivra beaucoup d’action puisque maintenant, les bases sont en place avec les neuf députés et un congrès de fondation à organiser…

C’est une première pour moi que de m’engager activement dans un parti politique. Bien sûr, mes idées en éducation, en culture, sur la gouvernance du Québec et les usages du numérique sont à l’origine de ma venue à la C.A.Q. Ça fait longtemps que j’attends un parti au Québec qui privilégie l’école autonome et la valorisation des enseignants en souhaitant donner le plus de pouvoir possible aux gens proches de l’action. J’écris sur mon blogue depuis plus de neuf ans sur les sujets qui sont à l’origine de mon engagement et c’est évidemment beaucoup plus facile de militer avec un groupe d’individus quand le plan d’action adopté colle parfaitement avec ses idées. C’est mon cas… et c’est emballant de voir arriver tout ce monde qui sur ces bases ont choisi de travailler à le réaliser.

Mais plusieurs défis attendent notre nouveau parti :

  • Se définir et affirmer notre identité en évitant de tomber dans le piège de ceux qui veulent le faire à notre place avec les vieilles grilles habituelles (gauche / droite – souverainiste / fédéraliste);
  • Apprendre à travailler ensemble, militants, candidats, permanence, députés et dirigeants sous le leadership de notre chef et de ses conseillers;
  • Tisser des liens forts avec les citoyens du Québec via nos propositions pour relancer le Québec;
  • Échanger, écouter, expliquer, être dans la conversation et faire confiance aux gens;
  • Innover !

Demain, la nouvelle aventure commence véritablement…

Je ne sais pas vraiment ce qui m’attend en politique, mais l’idée de contribuer à agir sur l’avenir du Québec avec d’autres me motive beaucoup.

Ravi que le temps soit venu de commencer pour de vrai à militer !

Mise à jour : Voilà, les premières annonces sont faites…

Commentaires

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6 commentaires

Bonjour M. Asselin,

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il y a une seule étiquette, qui devrait coller à la Coalition Avenir Québec. Soit celle de l’impermanence liée au changement qu’elle souhaite introduire dans la gestion des affaires de l’État. Cela nécessitera de se rassembler autour d’un cadre au lieu de s’enfermer à l’intérieur de celui-ci.

Ce qui est un peu vague actuellement, ce sont les principes sur lesquels ce changement sera mis en oeuvre. On peut sentir la présence du principe de la suppléance assujetti au principe de la subsidiarité. Toutefois, on ne sait pas trop si cette subsidiarité est à la fois verticale et horizontale. S’il y a intention de favoriser le débat public sur le sens dans lequel ces changements seront introduits.

Du haut vers le bas ou du bas vers le haut?

Vous apportez un point intéressant M. Martel.

Le besoin de changer les choses en 2012 part des citoyens et s’est exprimé de plusieurs façons. M. Legault a agit de façon à regrouper autour de lui des leaders qui étaient susceptibles de s’entendre autour de propositions; ils ont formé un mouvement. Quatre chantiers ont été mis en priorité et proposés aux citoyens et aux partis politiques. L’écho des électeurs s’est avéré puissant et porteur; un parti politique est né.

Des députés indépendants ont joint des militants qui semaine après semaine s’engageaient, un plan d’action a été diffusé (ajout d’un 5e chantier) et un autre parti s’est rallié au cadre de référence, apportant avec lui quelques pistes d’action supplémentaire.

Au moment où on se parle, les idées passent au niveau communication de masse pour être exclusives à un nombre restreint de citoyens, mais l’idée d’un changement est partagée par beaucoup de monde.

Une autre phase s’enclenche. Un programme doit être construit et adopté dans un congrès de fondation. Des militants continuent de joindre le mouvement. Chacun a ses réseaux. Les antennes de ces gens sont en mode « captation ».

Je ressens intensément, à ce stade-ci, cette volonté de « favoriser le débat public » pour que ce que vous appelez « le bas et le haut » se rencontrent.

Rester coller aux fondements de ce qui a suscité le rassemblement (ce qui est le plan d’action) et préciser la nature exacte de ces propositions de changement (programme électoral) reste un grand défi au moment d’écrire ces lignes.

M. Legault a souvent dit qu’il fallait se méfier des bons chiffres que donnent les sondages à la Coalition, que les gens n’ont pas encore vraiment en tête l’impact de ce qu’on propose.

Les opposants à ces changements (parce qu’il y en a et c’est normal quand on parle de vrais changements) vont contribuer à ce que les options soient sur la table, c’est à souhaiter.

Non seulement, les gens vont débattre et ultimement, se prononcer, mais je l’espère, ils vont continuer d’être engagés dans la modulation de ce changement si souhaité. Pour cela, je compte sur un gouvernement plus transparent et des données plus accessibles.

Au plaisir d’en rediscuter.

Depuis des mois qu’on lit et entend le mot «changement» être associé à la CAQ, sans toutefois que la nature-même dudit «changement» soit effectivement clarifiée, le «on verra» semblant continuellement primer, j’en suis – il y a deux ou trois jours – inopinément arrivé à une réponse:

– le seul «changement» qu’ambitionne vraiment réaliser la CAQ est en fait le changement de la formation politique actuellement au pouvoir au Québec. L’objectif de la CAQ est de devenir le parti gouvernemental. Pour le reste, eh bien, «on verra»…

Et cela ne diffère en aucune manière de ce que peuvent depuis toujours viser les formations politiques.

La CAQ a ainsi tablé sur l’insatisfaction populaire tant à l’égard des libéraux que des péquistes. En ne disant pas grand-chose, en évitant autant que possible les sorties publiques, en sous-entendant que l’approche fourre-tout de sa députation serait assimilable au concept de coalition…

À mon avis, la grande «popularité» de la formation-fantôme a atteint son apogée et est à présent sur son déclin. Mais, «on verra» bien si tel est effectivement le cas au cours des semaines prochaines…

M. Perrier, je crois que tout va se clarifier lors de la sortie du programme du parti, programme qui devrait être annoncé avant le mois d’avril.

Bonjour,

Je ne m’associe à aucun parti politique, donc je me sens très à l’aise d’exprimer mon point de vue.

Je constate, au Québec comme ailleurs, que plus un système nous profite, que plus on y est ancré, que plus on en dépend… , moins on voit les solutions pour le changer ou l’améliorer. Cela fait sans doute partie de la nature humaine: le changement provoque la peur et de la peur découle la résistence à changer. Même les alcooliques, les droqués, les fumeurs, etc. éprouvent ce même état d’être. Le sentiment de perdre quelque chose.

J’oeuvre au sein du réseau d’éducation et je ne vois pas comment la qualité des services pourra survivre dans les conditions actuelles.

Osons, peu importe le choix politique que nous défendons.

Je respecte donc la démarche de M. Legault, car il ose. Mais je le fais sans me faire aucune illusion. Je demeure lucide, pour emprunter un mot à la mode.

Ce mot «lucide» que vous employez, Monsieur Boisvenu, qu’il soit à la mode ou pas, est très approprié.

N’attendons pas de miracle. Et voyons comment évolueront les choses au cours des prochaines semaines.