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Wesli chez les Souverains anonymes

http://www.souverains.qc.ca/arweslilouissaint.html

Pour la troisième fois, j’ai invité Wesli à rencontrer les Souverains pour clôturer la saison d’hiver 2012. C’était jeudi 5 avril dernier. Accompagnée vocalement de la belle Sanya Michel Élie et de Kattam au percussions, Wesli a simplement ensorcelé les 40 Souverains venus l’écouter. Pour plusieurs, c’était la première fois qu’ils voyaient Wesli à l’œuvre sur scène. Des Souverains de différentes origines ont abordé avec lui le thème principal de son deuxième album « Liberté dans le noir ».

Les amateurs de musique du monde et de soleil qui ne connaissent pas encore Wesli, cela manque à votre culture. Cette page ne suffirait pas pour vous dire tout le bien que je pense de ce jeune homme arrivé au Québec en 2001 avec comme tout bagage un héritage musical des plus riches au monde..

Avant de lancer sa propre carrière solo, Wesli a d’abord grandement contribué à lancer plusieurs dont celles de Jodie Resther, Senaya, Sara Rénélik pour ne citer que celles-là! Plusieurs d’autres comme Dumas ont fait appel à son savoir-faire.. En 2008, il s’est imposé sur la scène montréalaise avec son premier album Couraj. Il a fait le tour du Québec et plusieurs festivals à travers le Canada.

Le génie de Wesli est non seulement d’avoir assimilé l’afro-beat, mais aussi de lui avoir apporté sa touche personnelle. D’avoir marié, avec une harmonie toute naturelle, musique antillaise et musique africaine. La deuxième étant le prolongement de la première, Wesli fait le trait d’union entre l’une et l’autre en restant fidèle aux grands maîtres. C’est donc tout naturellement qu’il devait assurer la première partie d’Alpha Blondy et de partager la scène avec Tiken Jah Fakoly lors de leurs passages à Montréal.

Dans son deuxième album « Liberté dans le noir », Wesli innove en intégrant différentes sonorités et rythmes dans plusieurs duo, avec Mes Aïeux, Radio Radio, Boogat et Tiken Jah Fakoly. Avec ce dernier il introduit l’album avec « Colonisation », une pièce phare de l’album.

Sa chanson « Sous le soleil » à elle seule, est un hymne. Un hommage rendu à la perle des Antilles. Elle devrait faire le tour des radios du monde. À 32 ans, Wesli a tout pour atteindre un public international. Tous les critiques le confirment et les Souverains aussi.

Voici deux témoignages de deux Souverains s’adressant à Wesli:

« Salut Wesli, je m’appelle Maxime. Je suis très content d’être ici aujourd’hui. C’est ma première rencontre à Souverains anonymes. C’est aussi ma dernière. Je quitte Bordeaux le 21 avril, un jour avant le 22, Jour de la Terre. Ce jour-là au moins 10 000 québécois de toutes origines se donneront rendez-vous à Montréal. Nous avons des choses à dire et à dénoncer. Après le printemps arabe, ça sera le printemps érable. Je crois que le Québec a beaucoup à apprendre de la lutte des autres peuples. Il se trouve que ces peuples sont bien représentés chez-nous. Ils sont désormais chez-eux. De mes études en sciences politiques, j’ai noté quelques révolutions de l’histoire qui m’ont particulièrement marqué. Ton titre « Liberté dans le noir » fait allusion à celle des haïtiens en 1804. Une révolution dont le père spirituel est Toussaint Louverture. En tant que québécois patriote, je suis sûr que cette révolution avait inspiré les patriotes de 1837. Il a sûrement inspiré Pierre Vallières pour écrire son livre « Nègres blancs d’Amérique ». Un livre traduit dans 27 langues. Je suis sûr que si tu lis ce livre, il t’inspirera une chanson sur la lutte du peuple québécois dont tu fais aujourd’hui partie. En tout cas, je te découvre aujourd’hui et je trouve que tu as un beau message à partager. Un message dans lequel je me retrouve en tant que québécois en quête de liberté, en quête de souveraineté. Je trouve beaucoup de similitude entre le peuple québécois et le peuple haïtien. C’est peut-être pour ça que tu te sens ici comme chez-toi. Est-ce que je me trompe..? Moi je te prédis une longue carrière. Je crois que tu fais partie des quelques élus qui ont un message de liberté à partager et qui sait ? Toi avec d’autres, arabes et africains, vous allez contribuer à libérer le Québec. MERCI! »

« Salut Wesli, je m’appelle Allan, la première chanson de ton album « Liberté dans le noir » s’appelle Colonisation. Elle est co-interprétée avec le grand africain Tiken Jah Fakoly. C’est une très belle pièce. Elle démarre ton album sur une énergie de la résistance et de la mémoire. Elle rappelle l’attachement d’Haïti à l’Afrique. Elle évoque le destin à la fois douloureux et héroïque d’un pays et d’un continent. L’Afrique et Haïti sont liés par l’histoire, par le sang et par l’eau. C’est dans ce lien que les haïtiens puisent la fierté de leur appartenance. En tout cas moi qui ai quitté Haïti à l’âge de 7 ans, je garde pour mon pays un très fort sentiment d’appartenance avec la conscience que notre passé est fait de colonisation, d’esclavage, mais aussi de résistance et de libération. Haïti a été le modèle à suivre pour beaucoup de pays africains. Mais, je suis troublé de voir que le pays qui a donné l’exemple à tous les pays africains pour sortir de la colonisation, aujourd’hui ce pays qui est le mien, a de la misère à sortir de la misère. Ta chanson Colonisation commence par un cri de ralliement « Coté monio woo, moi pas coté monio woo » « Où sont les autres, je ne les vois pas ». Cette phrase illustre tout le drame haïtien. Alors voici ma question, écoute la bien : As-tu écris cette chanson pour rappeler qu’Haïti n’est toujours pas sortie de la colonisation..? ».

Écoutez les deux heures de cette mémorables rencontre avec Wesli chez les Souverains anonymes: Cliquez.