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RUMI, à connaître et à reconnaître!

Si les images d’une tentative de viol au Maroc ont circulé à la vitesse de la lumière, d’autres images de ce pays restent dans l’ombre alors qu’elles méritent de circuler tout autant!

En attendant qu’un jour les grands diffuseurs (2M, RTM ou Médi1-TV) les diffusent, je vous invite vivement à regarder ce petit documentaire  jusqu’au bout et n’hésitez pas de partager si vous aimez!

« L’éducation n’est pas une priorité. C’est la priorité » Mehdi Ben Barka.

Un rapport publié par l’UNESCO au début de l’année 2014 établit un classement qui situe le Maroc à la 143e place sur 164 pays.

On peut déplorer, avec raison, l’état actuel du système éducatif au Maroc. On peut revoir et analyser les différentes réformes, dont celle de 1982 (l’arabisation du système scolaire publique), pour mieux identifier les causes de son échec.

On peut et on doit dénoncer ce système à plusieurs vitesses qui éduque les riches et exclue les pauvres.  Néanmoins, la meilleur façon de dénoncer et de critiquer la situation de l’éducation c’est aussi d’agir!

Ce reportage m’a donné l’occasion de découvrir et d’admirer les efforts d’hommes et de femmes de conscience qui, malgré les obstacles, agissent pour redonner à l’éducation marocaine la noblesse qu’elle a déjà eu et qu’elle peut reconquérir. Ces hommes et ces femmes ont fait de l’éducation la priorité.

Dans mon dernier voyage au Maroc, j’ai eu le privilège de rencontrer un homme résolument engagé pour la cause de l’éducation.

Professeur de géographie depuis une trentaine d’années à l’université Abdelmalek Saadi, Mohamed Youpi Idrissi est le coordonateur pédagogique du projet RUMI (Réseau des Universités Marocaines pour l’enseignement Inclusif).

En visionnant les images de ce documentaire chez-lui, j’ai été particulièrement impressionné par l’ampleur de la tâche à laquelle s’attaque RUMI.  Rendre les études universitaires accessibles à tous.  Très émouvant le témoignage de cette jeune femme qui, grâce au projet RUMI, elle a pu poursuivre ses études au niveau universitaire.

Habitant une région rurale, issue d’une famille modeste en plus d’être lourdement handicapée, Fatima Outait ne croyait pas elle-même, après l’obtention de son bac, pouvoir poursuivre ses études et devenir informaticienne.  Grâce au soutien titanesque de sa famille et l’assistance de RUMI, le rêve d’une jeune femme de 18 ans, est devenu réalité.

Une réalité qui devrait être celle de tout étudiant marocain quelque soit sa condition.  L’accès à l’université est un droit. Par son action RUMI réhabilite le droit au rêve et à l’espoir!

Le documentaire « Le chemin vers l’université », réalisé par Rachida El Garani, comportent les témoignages très intéressants d’autres personnes, heureuses d’avoir accédé à l’université en sociologie, en informatique et en communication.

Au risque de me répéter, ce documentaire mériterait une plus grande diffusion parce qu’il nous informe sur une action, la plus noble qu’une société peut s’offrir, favoriser l’équité et l’égalité des chances entre citoyens.

RUMI concentre son action envers 4 groupes d’étudiants leur permettant l’accès à différentes universités au Maroc.  1- Les étudiants qui souffrent de précarité socio-économique. 2- Les étudiants en situation d’handicap. 3- Les étudiants étrangers qui prouvent des difficultés d’intégration linguistique. 4- Les étudiants qui souffrent de préjugés à cause de leur appartenance « genre ».

Dans le domaine du savoir, les principes d’inclusion et d’égalité des chances n’auraient aucun sens s’ils ne sont pas incarnés dans l’action.

Que l’action de RUMI inspire d’autres actions et devienne une source d’inspiration pour les prochaines réformes en éducation au Maroc. RUMI est désormais un  modèle à suivre à d’autres niveaux du système scolaire de ce pays.

Pour mieux connaître RUMI, je vous invite ici à découvrir ses projets et ses différentes activités!