

Fête de la Saint-Jean-Baptiste : Les jeux de la nation
Nicolas Houle
Photo : Pierre Therrasson
Les festivités entourant la fête de la Saint-Jean-Baptiste prendront leur envol le 23 juin dans la capitale. Un rendez-vous annuel, qui, tout en changeant de visages, se veut encore et toujours l’occasion de célébrer.
On a l’habitude: drapeaux, défilés, feux de joie et, bien sûr, spectacles où la chanson est à l’honneur. Une formule à la fois usée et incontournable. C’est qu’elle est solidement ancrée dans les mours cette fête. Jadis confinée au territoire montréalais, celle que l’on nomme aujourd’hui la Fête nationale des Québécoises et Québécois s’est vu gagner peu à peu l’ensemble de la Belle Province à partir de 1835. Depuis, il semble qu’elle ne cesse de croître autour de la capitale. En effet, cette année, pas moins de 95 fêtes auront lieu dans les villes et villages de la région de Québec, une augmentation de 20 % par rapport à l’année dernière. Ceci, sans compter que ses subventions vont grandissantes. C’est dire comment il y a un important désir, voire une nécessité politique, de célébrer.
Les 23 et 24 juin prochains, c’est sous le thème «Québec au cour du monde» qu’auront lieu les festivités. Une thématique qui veut illustrer la place du Québec sur le plan mondial et dans le cour de ses habitants, mais surtout un Québec unificateur, qui rassemble les gens. Beaucoup d’efforts ont été mis de l’avant pour rallier un maximum de personnes. Déjà, le fait d’avoir choisi deux porte-parole, plutôt qu’un seul comme dans les années précédentes, en témoigne. Ainsi, aux côtés d’Emmanuel Bilodeau, Geneviève Rochette se fait la voix des minorités ethniques. «Une culture saine est une culture qui évolue et la meilleure façon d’évoluer est de la garder ouverte au monde», fait noter celle que l’on a connue sous le nom de Victoria Sogliuzzo dans Omerta III.
Le traditionnel spectacle des Plaines d’Abraham, qui sera animé par Normand Brathwaite, tentera également de servir cette thématique: des artistes de diverses origines et de différents styles sont appelés à s’y produire dans un climat de fraternité. «On n’a pas la prétention de faire quelque chose d’original en reprenant les grandes chansons, les grands succès des quarante dernières années indique Sylvie Rémillard, conceptrice du spectacle. C’est la manière dont on va le faire qui va nous rendre original: ce sera un gros party, une grosse fête, il n’y a pas une vedette dans le spectacle, mais plutôt une équipe.»
Cette équipe comptera Luck Mervil, Gildor Roy, Georges Thurston, Isabelle Boulay, France D’Amour, Nanette Workman ainsi que deux artistes de la région: Guy Bélanger et Patrice Painchaud. Une belle brochette d’artistes, donc, qui travailleront tous conjointement, plutôt que séparément. «C’est vraiment une célébration où tout le monde participe, on va redonner vie à des chansons qui auraient pu être oubliées», mentionne Isabelle Boulay. De La Danse à Saint-Dilon version rap jusqu’aux récents succès des interprètes en passant par un hommage à Luc Plamondon, cette première tranche de la soirée dressera une espèce de panorama de la chanson québécoise.
Okoumé, à qui l’on doit le texte officiel de la Fête nationale cette année, viendra prendre la relève à minuit. La formation sera suivie de Sylvain Denfer, un artiste de la région, qui assurera la fête jusqu’aux petites heures.
«[La Saint-Jean-Baptiste] est une fête renouvelée à tous les ans, ce qui prouve qu’on se souvient de notre culture» déclare Isabelle Boulay. C’est sans aucun doute ce que le grand spectacle des Plaines, plaque tournante des festivités, tentera de démontrer une fois de plus cette année.