Musique

Yelo Molo : S’amuser ferme

Sa pop mâtinée de ska fait l’effet d’une piqûre d’adrénaline. Yelo Molo fait sa rentrée à Québec en nous promettant du bon temps et quelques rires méchants.

Bon nombre de critiques se font du capital sur le dos des artistes. Un disque ne leur plaît pas? Ils le trucident en ondes ou le descendent dans un article bourré de qualificatifs truculents. Le jeu plaît aux spectateurs et aux lecteurs, mais pas toujours au créateur, qui passe pour un âne. Avec sa chanson Gros zéro, Yelo Molo a changé les règles du jeu. Désormais, ce sont les artistes qui se payent la tête des critiques…

S’inspirant de Charlebois, qui avait qualifié les critiques de "ratés sympathiques", Stéphane Yelle, chanteur et principal compositeur de Yelo Molo, raconte l’histoire d’un pauvre hère, aux aspirations déçues, qui décide de prendre sa revanche en devenant journaliste… La chanson écorche au passage des chroniqueurs en vue, dont Sylvain Cormier: "J’me fais plus des accroires / J’vais dev’nir journaliste / Chroniqueur du Devoir / J’vais varger s’es artistes, oué!"

"On savait qu’on était un peu baveux… Faut pas se le cacher, on jouait quitte ou double avec cette chanson-là. Ça passait ou ça cassait", raconte Stéphane. Non seulement la chanson tourne beaucoup à la radio, mais des critiques ont même accepté de participer au tournage du clip. On y voit entre autres Pénélope McQuade et Sylvain Cormier lui-même, jouant au guitar-héros! La présence de ces invités "de marque" a grandement contribué au succès du clip sur les ondes de MusiquePlus.

Une fois qu’il a réussi à attirer l’attention, Yelo Molo doit s’arranger pour la garder. Un pari de taille, certes, mais le groupe a tous les outils pour y parvenir: un mélange hyperactif de ska et de rock québécois accrocheur et souriant, un chanteur solide, ainsi qu’un évident désir de plaire. Voilà qui devrait faire un bon band de party! "C’est important pour nous d’aller chercher un large spectre d’émotions au cours d’une même soirée, explique Yanick Boivin, le batteur. On rit, on rit jaune aussi, et puis il y a une pointe d’arrogance et de tragique dans nos chansons."

"Mais il faut que le party prône, précise toutefois Stéphane. Quand on a commencé à jouer Aux 2 Pierrots [l’équivalent montréalais des Yeux bleus], le gérant m’avait expliqué qu’il voulait que les gens oublient leur job de 9 à 5 pendant qu’ils étaient là. J’ai compris que c’était un rôle important dans la société que de divertir, d’ouvrir la soupape… On ne veut pas être juste un émetteur, on veut tenir compte de l’auditeur aussi."

Originaire de Lanaudière – patelin de La Bottine souriante où foisonne la musique traditionnelle – Yelo Molo n’a jamais joué à Québec. Le groupe n’a jamais osé. "J’ai toujours eu peur de jouer à Québec, avoue Stéphane. J’ai toujours trouvé que c’était très fort musicalement ici." Le chanteur appuie son raisonnement sur la qualité de groupes comme Projet Orange et Vénus 3, leurs colistiers à la finale de l’Empire des futures stars, en 1998. Stéphane et ses complices s’étaient promis de ne pas venir avant d’être absolument fiers de leur musique. Le moment est enfin venu. Quand on écoute le disque depuis quelques mois déjà, on n’a qu’un commentaire à formuler: il était temps!

Le 4 octobre
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