Czerkinsky : Roulette russe
Musique

Czerkinsky : Roulette russe

Il y a deux ans, CZERKINSKY réapparaissait en solo, avec un album éponyme en apparence très easy-listening tendance Katerine, du moins si l’on en juge par le langoureux premier extrait, Natacha, où flottait un échantillonnage piqué chez France Gall. Le disque démarre avec un clin d’oeil: «Je suis Czerkinsky, de la mer Noire», lance le chanteur, faisant écho à la photo de la pochette, où l’on aperçoit un drôle de cosaque qui n’est nul autre que son  père.

La première fois qu’il a mis les pieds à Montréal, il y a vingt ans, Grégori Czerkinsky était un jeune musicien qui s’acquittait de son mieux de son rôle de batteur chez Julien Clerc. S’il n’est pas revenu chez nous depuis, l’homme n’a pas chômé pour autant: durant les années 80, il s’est fait connaître au sein du duo Mikado, avec la chanteuse Pascale Borel. Contemporains des Rita Mitsouko, ils partageaient avec eux un certain goût pour la fête et la bonne humeur en pleine grisaille new-wave. Les Rita avaient créé un monde technicolor, fait de fringues Gaultier et de clips Mondino; dans la même palette de couleurs, l’image de Mikado était signée Pierre et Gilles. Plus bonbon, Mikado connut beaucoup moins de succès que Les Rita, sauf au Japon, où leur franco-kitsch fut une véritable réussite. «Lorsque tout le monde porte du cuir noir et chante des trucs déprimants, l’anticonformisme, c’est de débarquer avec des chemises colorées et des chansons légères. C’est exactement ce qu’on voulait faire avec Mikado», explique Czerkinsky.

Depuis, il a fait un tas de trucs, tantôt alimentaires (pubs, films), parfois moins (il a joué avec Ryuichi Sakamoto et produit Kahimi Karie). Il y a deux ans, Czerkinsky réapparaissait en solo, avec un album éponyme en apparence très easy-listening tendance Katerine, du moins si l’on en juge par le langoureux premier extrait, Natacha, où flottait un échantillonnage piqué chez France Gall. Le disque démarre avec un clin d’oeil: «Je suis Czerkinsky, de la mer Noire», lance le chanteur, faisant écho à la photo de la pochette, où l’on aperçoit un drôle de cosaque qui n’est nul autre que son père. Mais le Czerkinsky de la chanson, «le seul, l’unique», est d’une autre trempe, et se balade en Ferrari entre New York, Paris, Londres et Tokyo. «C’est un personnage fictif, amusant, qui peut avoir l’air un brin prétentieux, mais tout n’est pas si simple: au milieu de la chanson, il y a un moment de fragilité, où je dis: Ne t’en va pas.» Et Czerkinsky sat être modeste: n’a-t-il pas aussi écrit une chanson appelée Pour être aimé, faut être aimable? En fait, plus on l’écoute, plus son excellent disque révèle sa nature complexe.

Czerkinsky participera aussi aux Nuits D.J. de l’hôtel Wyndham, même s’il avoue être relativement insensible aux musiques à la mode («J’écoute peu de disques; je suis plutôt du genre à subir la musique des autres», dit-il), et préférer de loin la compagnie des Beatles et de Prokofiev. Comment compte-t-il s’acquitter de son rôle de D.J. d’un soir? «Je pense que je vais improviser, jouer des vieux trucs, sûrement des disques de France Gall ou quelque chose du genre. Qui sait, peut-être que j’utiliserai mon propre disque! Et puis j’aime beaucoup le silence, aussi, alors on ne sait jamais…»

Le 4 août à 21 H
Coin Sainte-Catherine et Jeanne-Mance

Le 5 août à 21 H
Monde FrancoFou

En D.J. le 3 août à minuit
À l’hôtel Wyndham

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