Kelly Joe Phelps : Monsieur Zen
Musique

Kelly Joe Phelps : Monsieur Zen

Kelly Joe Phelps est un de ces musiciens de racines qu’il faut perpétuellement réécouter pour bien se convaincre que les singularités stylistiques font éclater les catégories. La preuve la plus éloquente est Shine Eyed Mister Zen, son dernier album, suite éminente à Roll Away the Stone et Lead Me on. Le fil conducteur est le même: l’art du guitariste de 40 ans se déploie avec une invariable plénitude, quel que soit le contexte.

Kelly Joe Phelps est un de ces musiciens de racines qu’il faut perpétuellement réécouter pour bien se convaincre que les singularités stylistiques font éclater les catégories. La preuve la plus éloquente est Shine Eyed Mister Zen, son dernier album, suite éminente à Roll Away the Stone et Lead Me on. Le fil conducteur est le même: l’art du guitariste de 40 ans se déploie avec une invariable plénitude, quel que soit le contexte.

"Ce dont je suis le plus fier dans ce que j’ai accompli jusqu’ici, avoue d’une voix calme et posée le guitariste-chanteur au téléphone, depuis le Pacific Northwest où il réside, c’est d’être singulier, d’avoir réussi à transcender mes influences. Et pourtant, je ne me suis jamais assis pour me demander comment je pourrais être différent des autres."

Pour être différent, il l’est: une voix sablonneuse et céleste, tellement belle qu’elle devrait être interdite, combinée à une technique peu orthodoxe de jouer la guitare (sur ses genoux), qui permet de jouissives glissades sur le manche. Lorsque cette musique se dépouille, elle devient alors cinglante de pureté, elle jaillit de son écrin et nous subjugue.

"L’envers de la médaille, c’est que certains me perçoivent comme un ambassadeur du blues, dit-il, et c’est là une fausse interprétation". On peut comprendre: Phelps nous raconte les histoires de River Rat Jimmy, de Dock Boggs et de son country blues, la légende de Capman Bootman; des textes intemporels et ruraux: "Le country blues est certainement la fondation de ma musique, mais ça s’arrête là."

"Les gens me parlent de communion et de spiritualité en référence à ma musique, et c’est tout à fait vrai, admet Phelps. Et ça revient à mes modèles: Mississipi Fred McDowell et Robert Peete Williams confirment cette façon de jouer, tout comme Ornette Coleman ou Charlie Haden avec le jazz. Lorsque je les écoute, je cesse d’être conscient du style de musique jouée; et la sonorité de leur instrument devient alors le miroir de leurs personnalités."

En jouant hors des règles, Kelly Joe Phelps sonde imperturbablement, il brouille les pistes avec les effets vocaux dont il est coutumier, il crée des espaces, installe des climats. Et cela ne tombe jamais dans des travers aguicheurs. Bref, on a toujours l’impression qu’on entre dans une maison habitée: "Même si je joue seul sur scène, confie-t-il, la solitude n’existe pas pour moi; je ne ressens nullement le besoin d’avoir d’autres musiciens à mes côtés."

Pourtant, le 10 juillet prochain, Kelly Joe Phelps sortira son troisième abum sur Ryko, le tout premier avec un groupe: "On retrouvera le contrebassiste Larry Taylor, qui joue surtout avec Tom Waits (et fut jadis partenaire de Canned Heat et de John Mayall), et le batteur de Morphine, Billy Conway. Nous avons même rajouté un peu d’orgue et d’accordéon. Il s’agit d’un pas de géant pour moi, et au moins, je n’ai pas eu à transcrire mes improvisations sur des feuilles de partitions." Pour l’heure, notre homme revient seul. Au Spectrum qui plus est. Avec le Montréalais Robert David en première partie. Rendez-vous obligatoire.

Le 1er avril
Au Spectrum

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